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Trophées EIP 2019 : une vitrine sur la pédagogie par projets d'Epitech

Philippe Crouzillacq
Publié le
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Chaque année, les trophées EIP récompensent les meilleurs projets d'étudiants en 5e année à l'Epitech.
Chaque année, les trophées EIP récompensent les meilleurs projets d'étudiants en 5e année à l'Epitech. // ©  Epitech
Le 15 février 2019, lors des Trophées EIP 2019, l'école informatique a mis en valeur les projets les plus innovants de ses étudiants, menés selon le concept de l’ingénierie de projets.

Une application pour sourds et malentendants (Vibear), un miroir connecté (uReflect), une peluche connectée (Edubot), un outil de gestion d'exploitations apicoles (Beedata)… Pour la sixième édition des Trophées EIP (Epitech Innovative Projects), les 14 projets sélectionnés sur 102 dossiers présentés s’inscrivaient dans la lignée de ces illustres prédécesseurs, comme Melty, spécialiste de l'infotainement, ou PrestaShop, site de e-commerce.

Point d'orgue de la formation dispensée à l'Epitech, cette compétition annuelle récompense les quatre meilleurs projets de fin d'études. Cette année, le jury a distingué AVM, une solution de suivi clinique des patients atteints de mucoviscidose. Le groupe gagnant sera incubé chez Ionis 361.

Un changement de pédagogie

Il y a six ans, l'école informatique opère un virage à 180°, après le départ soudain de Nicolas Sadirac, et d'une partie des équipes. "En quittant l'établissement, le fondateur de l'École 42 a laissé derrière lui des équipes exsangues, comme après une mauvaise grippe, se souvient Emmanuel Carli, actuel directeur de l'Epitech. Les gens ont vu le sol se dérober sous leurs pieds, mais ils ne voulaient pas laisser l'édifice s'effondrer."

Pour redresser la barre, Emmanuel Carli centre la pédagogie presque exclusivement sur les projets. "Lorsque je suis arrivé en 2013, l'emploi du temps des étudiants de troisième année se résumait à un agenda 100 % tech : un jour, de la data, un autre, de l'IA, et le suivant, encore autre chose, sans aucune cohésion entre ces différents enseignements", rappelle-t-il.

"Il ne s'agit pas de faire de la technologie une fin en soi, mais d'en faire le fil conducteur permettant de mettre ses compétences technologiques au service de la vie quotidienne", appuie Marc Drillech, directeur général d'Ionis Education Group, auquel Epitech appartient.

Des projets riches de sens

À l'Epitech, pas de professeur, ni de tableau noir. C'est aux étudiants d'aller chercher leurs connaissances, même s'ils sont encadrés par des coachs. La phase d'acquisition des fondamentaux, appelée piscine d'adaptation, dure deux ans. À partir de la troisième année, les étudiants commencent à travailler sur leur "grand projet", et ce, jusqu'à la fin de leur cursus.

Parallèlement, l'école propose des enseignements "différents", délivrés par des intervenants extérieurs de tous horizons : sociologues, acteurs du numérique, philosophes, etc. L’idée ? Inciter les étudiants à s’approprier des thématiques différentes des thèmes traditionnels de la formation, sur lesquelles ils plancheront ensuite dans leur projet.

Au-delà de leurs compétences techniques, à la fin de leurs études, les étudiants doivent être capables de comprendre le monde dans lequel ils vivent.
(M. Drillech)

"Au-delà de leurs compétences techniques, à la fin de leurs études, les étudiants doivent être capables de comprendre le monde dans lequel ils vivent et de réfléchir aux fondamentaux du marketing", souligne Marc Drillech.

La concrétisation d’un projet d’études est-elle pour autant la finalité de toute scolarité à l’Epitech ? "Ce n’est bien évidemment pas indispensable pour aider les étudiants à réussir leur vie professionnelle, note le DG d'Ionis Education Group. En revanche, cela leur apporte une ouverture et une structuration d'esprit qu'ils mettront à profit une fois en entreprise, pour diriger des projets et avoir une vision à la fois large et prospective."

Et de fait, à la sortie de leurs études, tous les diplômés d'Epitech ont une proposition de contrat avec une entreprise – pour 95 % en CDI. Pour les fondateurs de la solution AVM, l'avenir s'annonce également radieux. Après avoir remporté une bourse de 100.000 dollars auprès du laboratoire américain Circle of care, les étudiants sont sur le point de signer un partenariat avec Nuvoair, une firme suédoise qui fabrique des spiromètres connectés.


Philippe Crouzillacq | Publié le

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