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Coronavirus : comment les établissements assurent la continuité pédagogique

Guillaume Mollaret
Publié le
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Les universités Montpellier 1 (à gauche, © Hugues Desmichelle) et Montpellier 2 (à droite, © UM2) doivent fusionner en  janvier 2015.
L'université de Montpellier forme depuis plusieurs années ses enseignants à l'usage du numérique. // ©  © Hugues Desmichelle/ UM2
Face à la crise sanitaire, les établissements se mobilisent pour assurer la continuité pédagogique. Certains s'engagent dans la formation des personnels pour maîtriser les outils et faire cours à distance. La Rochelle Business School, Ecole des Mines d’Alès, et Université de Montpellier ont chacune adopté des stratégies propres...

Elle fait partie de ces établissements qui ont le plus anticipé la crise en cours. La Rochelle Business School (Excelia group) a dès le retour des vacances d’hiver, le 3 mars, émis l’hypothèse d’une fermeture de l’école. "Nous avons demandé aux directions de nos 17 services (programmes, vie scolaire, relation entreprises, décanat…) de travailler, en collaboration avec leurs équipes, sur ce scénario. Le lendemain, nous avions leurs conclusions sur lesquelles a pu travailler le service informatique", explique Christine Szalajski, la DRH d’Excelia group. Le groupe accueille 3.800 étudiants – dont 2.700 pour son école de commerce – et emploie une centaine d’enseignants (65 enseignants-chercheurs).

Former les collaborateurs

Aujourd’hui, l’ensemble des collaborateurs travaille sur la plateforme Microsoft Teams, qui rassemble les produits de la marque (Word, SharePoint, PowerPoint, Skype…). Des réunions de formation ont ainsi été organisées en amont du confinement auprès de 170 personnels de l’école.

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"Nous enseignants utilisent déjà pour 20% de leurs cours une solution d’e-learning", précise la DRH qui félicite ses équipes. "Nous avons fait un point vendredi 20 mars et tout fonctionnait. Sur le plan pédagogique, certains enseignants nous font même part d'une qualité d'échange et de participation supérieure au présentiel, notamment pour les cours en anglais."

Pour l’organisation des examens, l’usage déjà éprouvé de la plateforme Managexam, également utilisée par plusieurs écoles de commerce comme emlyon, l'Idrac, et Kedge, est privilégié.

Laisser le choix de l'outil à l'enseignant

A l’IMT d’Alès, une cinquantaine d’enseignants a, dans l’urgence et en ligne, été formée à l’usage de Teams, Hangouts (Google) et Zoom pour assurer l’enseignement en ligne auprès de ses 1.200 étudiants. "Cela s’est fait au lendemain de l’annonce des fermetures. Le choix de l’outil est laissé à l’enseignant", détaille Jean-Paul Veuillez, responsable de la pédagogie numérique.

Ainsi, Hangouts convient à des formats jusqu'à dix personnes. Sur Teams, le nombre peut être plus important. "L'autre l’intérêt de cet outil est de pouvoir enregistrer les flux audio et vidéo, ainsi que de pouvoir diviser les classes en groupe de travail. Ce paramètre est notamment intéressant pour les étudiants qui ne bénéficient pas d’une connexion Internet optimum et ne peuvent suivre le cours en direct dans de bonnes conditions", précise le responsable de la pédagogie numérique.

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Selon le directeur des études, Michel Ferlut, les premiers retours d’étudiants sont bons. "Ils estiment que l’attention et l’interaction sont de meilleure qualité."

Quid de l’organisation des examens ? "Nous les ferons quand les enseignants pourront assurer une évaluation fiable. C’est à dire en présentiel", tranche-t-il.

Faire appel aux services informatiques et numériques

A l’Université de Montpellier, les enseignants peuvent, à la demande, être formés depuis plusieurs années à l’enseignement à distance. "Dans ce contexte, ils peuvent évidemment aujourd’hui encore faire appel à la direction des services informatiques et numériques ainsi qu’au bureau d’appui de l’I-site Muse", décrit le président Philippe Augé qui conseille aux enseignants de privilégier la plateforme Moodle.

“Ils peuvent éventuellement utiliser d’autres outils tels que SupNumérique et FunMOOC”, complète-t-il en précisant que le principal danger est "la surcharge de documents pouvant être envoyés aux étudiants.”


Guillaume Mollaret | Publié le

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