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Gabriel Attal : "Les conditions de vie des jeunes sont une priorité"

Pauline Bluteau
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Gabriel Attal doit faire de la santé des jeunes, sa priorité.
Gabriel Attal doit faire de la santé des jeunes, sa priorité. // ©  Ministère de l'Éducation nationale
Secrétaire d’État en charge de la Jeunesse, de la vie associative et de l’engagement depuis octobre 2018, Gabriel Attal revient sur sa première année depuis sa prise de poste. En ligne de mire : les conditions de vie des jeunes, leur santé et leur rôle dans la société.

Après l’immolation de l’étudiant lyonnais vendredi dernier, les associations ont pointé du doigt l’urgence de la situation et la nécessité d’intervenir rapidement sur la précarité étudiante, qu’en dites-vous ?

J’échange régulièrement avec les associations étudiantes pour justement aborder la question de la précarité étudiante. C’est une réalité et on avance. Que ce soit avec la suppression de la cotisation à la sécurité sociale, le paiement à date des bourses, le logement… Ce sont des mesures qui répondent à une urgence, une urgence décuplée par la situation dramatique de cet étudiant à Lyon.

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On va aussi lancer une concertation sur le revenu universel d’activité pour répondre à cette précarité, en ayant un meilleur recours au droit et une simplification des aides. On va mettre en place un collège que je dois co-présider avec Frédérique Vidal, pour voir dans quelle mesure on peut inclure les jeunes et leur promettre un accompagnement social. Pour moi, c’est essentiel parce que c’est structurant, et ce qui s’est passé ces derniers jours rend encore plus important notre obligation de résultat et de réussite.

Plus généralement, êtes-vous satisfait des différentes missions que vous avez menées cette année ?

Malheureusement, il faut beaucoup de temps pour faire changer les choses. On a déjà progressé sur la question de la condition de vie des jeunes avec l’amorçage de la construction de 80.000 logements, la garantie Visale ou encore le pass Culture… Mais je crois que le plus important encore, c’est la prise en compte de la mobilisation des jeunes sur des grandes causes comme l’environnement. Ils attendent qu’on parle d’eux mais pas seulement, ils attendent que leur voix soit entendue sur des sujets de société.

La question de la santé mentale et de l'accompagnement psychologique des jeunes fait partie des sujets sur lesquels je souhaite travailler en priorité.

On doit prendre en compte l’enjeu environnemental, c’est un sujet qui revient régulièrement chez les jeunes. Ils sont capables de faire des propositions et de faire remonter des choses. Il y a aussi l’enjeu de l’engagement pour qu’il soit reconnu à sa juste valeur. On doit leur donner les leviers d’un engagement pérenne dans la société.

Quelle sera votre priorité dans les mois à venir ?

La santé des jeunes. On sait que c’est une vraie difficulté. On a mis en place des centres de santé dans les universités dans le cadre de la loi ORE (orientation et réussite des étudiants) mais ce n’est pas suffisant, il faut poursuivre nos efforts. En tout cas, la question de la santé mentale et de l’accompagnement psychologique des jeunes fait partie des sujets sur lesquels je souhaite travailler en priorité.

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On l’a vu d’ailleurs avec le SNU (service national universel). On ne s’attendait pas à voir remonter un nombre aussi important de problématiques de santé. Cela va des difficultés auditives ou visuelles à des pathologies plus lourdes comme des maladies cardiovasculaires qui ont pu être détectées à temps et heureusement car même si cela ne concerne qu’une minorité de jeunes, cela aurait pu être dramatique. Le SNU a aussi permis aux jeunes de libérer la parole sur des situations très difficiles comme le harcèlement, des abus et des sévices qu’ils subissent. Cela nécessite qu’on réinterroge nos politiques de santé en direction des jeunes.

Vous êtes aussi en charge de l’engagement des jeunes, quelles évolutions avez-vous constatées ?

Avec la première phase du SNU qui s’est déroulée en juin dernier, j’ai été bluffé par le dynamisme des jeunes, leur envie de réussir et de construire leur vie, leur engagement aussi. Je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait autant de volontaires et notamment des filles, on a d’ailleurs dû rééquilibrer nos contingents, c’est un signe positif selon moi. Je crois qu’à travers l’engagement, les jeunes développent un sentiment d’utilité qui leur donne confiance en eux, qui leur donne des idées pour la suite et qui leur a permis d’acquérir des compétences.

J’insiste beaucoup sur le fait que des entreprises regardent beaucoup plus l’engagement des jeunes pour les recruter. Dans un monde où les métiers évoluent rapidement, les entreprises ont besoin de jeunes ayant une capacité d’initiative et d’adaptation. L’engagement permet de l’attester, c’est même devenu un label. Les entreprises le disent : "Le bas du CV est en train de devenir le haut du CV." La priorité c’est donc que l’engagement ne devienne pas un nouveau facteur d’inégalité sociale car on sait qu’aujourd’hui que ceux qui s’engagent viennent de catégories sociales favorisées, même s’il y a bien sûr des exceptions. Il faut donner la chance à tous de pouvoir s’engager.


Pauline Bluteau | Publié le

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