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Jean-Pierre Boissin (Pepite) : "L’entrepreneuriat étudiant à l’université n’est plus optionnel"

Emmanuel Vaillant
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Jean-Pierre Boissin, professeur IAE Grenoble
Jean-Pierre Boissin, professeur IAE Grenoble

Jean-Pierre Boissin est chargé de la coordination nationale de Pepite, le "Plan étudiants pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat" annoncé fin octobre 2013 par la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. À l’origine du projet, ce professeur de l’IAE de Grenoble nous en explique les enjeux.

Depuis une dizaine d'années, plusieurs dispositifs en faveur de l'entrepreneuriat sont nés dans les universités, suivant ce que vous avez initié à Grenoble. En quoi ce plan est-il nouveau ?

Il permet d'abord de ­fédérer les initiatives qui ont effectivement débuté avec la première Maison de l'entrepreneuriat, ouverte en 2000 à l'université de Grenoble, puis en 2005 dans six autres villes universitaires, enfin avec les 23 Pôles entrepreneuriat étudiants qui ne couvraient pas moins d'un million d'étudiants. Aujourd'hui, ce qui change fondamentalement, c'est que l'entrepreneuriat étudiant à l'université figure dans la loi. Ce n'est plus optionnel.

Le nouveau statut d'étudiant-entrepreneur est une étape décisive. D'une part, il permet aux jeunes diplômés qui innovent de bénéficier des mêmes droits sociaux que les étudiants. D'autre part, le financement de ces dispositifs devient récurrent, ce qui garantit leur pérennisation. Enfin, dès 2014, les meilleurs projets issus des Pepite pourront se présenter au concours d'aide à la création d'entreprises de technologies innovantes dans la nouvelle catégorie "Tremplin entrepreneuriat étudiant", avec des aides qui vont jusqu'à 10.000 euros et un accompagnement des projets.

Le plan prévoit l'instauration d'un ­DU (diplôme universitaire) pour les étudiants-entrepreneurs. Comment sera-t-il mis en place ?

Ce DU "Création d'entreprises innovantes et entrepreneuriat" est un parcours de formation de la licence au doctorat. Le contenu pédagogique sera notamment constitué de coaching, de cours sur la création d'entreprise, le business plan... qui intégreront des MOOCs et des mises en situation en mode projet.

Ce DU bénéficiera d'une double tutelle des enseignants et du monde de l'entreprise (chambres de commerce et d'industrie, pépinières, incubateurs, réseaux d'entrepreneurs...). Pour qu'il profite à tous les étudiants quelles que soient leurs spécialités, il devra être transversal et non rattaché à une UFR (unité de formation et de recherche) en particulier.

Comment inciterez-vous les établissements à s'emparer de ces dispositifs ?

Nous lançons un cadre. Ensuite, les établissements sont autonomes et donc libres de s'en emparer ou pas. Dans les établissements qui disposaient déjà d'un Pôle entrepreneuriat étudiant, les choses vont aller vite.

Le principal enjeu consiste à mobiliser les universités qui n'en disposaient pas, notamment en Ile-de-France qui concentre 600.000 étudiants. Si les universités ont pu libérer le jeudi après-midi pour faire du sport, il n'y a pas de raisons qu'on ne trouve pas un créneau dans la semaine pour apprendre à entreprendre. Mais il va falloir convaincre, en particulier les UFR qui sont les plus éloignées de l'entreprise, sciences humaines et sociales, lettres et langues.

Quels sont vos arguments ?

Je rappelle d'abord que l'entrepreneuriat est un outil pédagogique pour faire découvrir l'entreprise et comprendre le monde du travail. Secundo, dans le contexte actuel, favoriser auprès des plus jeunes la création d'activités répond à un réel besoin économique. Plus on est jeune, moins on a d'aversion pour le risque. C'est le moment d'y aller. Si on est bien accompagné, on n'a pas besoin d'expérience pour créer sa boîte. Enfin, il faut encourager cette culture, et donc ceux qui construisent dans le privé comme dans le public.

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