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Morgan Magnin (Centrale Nantes) : "Les MOOC permettent d'attirer les meilleurs étudiants étrangers"

Propos recueillis par Sophie Blitman
Publié le
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Morgan Magnin - enseignant-chercheur à Centrale Nantes // DR
Morgan Magnin - enseignant-chercheur à Centrale Nantes // DR

Deux écoles d'ingénieurs, Centrale Nantes et Télécom Bretagne ont lancé, à la rentrée 2012, le premier MOOC (Massive Online Open Course) francophone : un cours en ligne gratuit, accessible aux internautes du monde entier. Enseignant-chercheur à l'Ecole centrale de Nantes, Morgan Magnin est l'un des quatre animateurs du projet. Il détaille pour EducPros le fonctionnement et les enjeux des MOOC.

Comment est né ce projet de MOOC (Massive Online Open Course) et en quoi est-ce une nouveauté ?

Le MOOC ITyPA, acronyme qui signifie "Internet Tout Y est Pour Apprendre", est né de l'intérêt commun d'enseignants-chercheurs des deux écoles pour le logiciel libre, le partage de connaissances, et convaincus par ce type d'apprentissage interactif ouvert à tous.

Telle est la nouveauté des MOOC par rapport aux chaînes d'universités qui consistent surtout à mettre en ligne des cours classiques : les MOOC vont au-delà de la simple concaténation de vidéos. Les contenus sont scénarisés et un accompagnement pédagogique est proposé. Il peut aussi y avoir des quiz insérés entre les vidéos, des TP à réaliser…

D'autre part, tout le monde peut rejoindre la plateforme et interagir avec les enseignants ainsi qu'avec les autres participants. Résultat : le public ne constitue pas une cohorte uniforme d'étudiants, ce qui enrichit les échanges.

Dans notre cas, si le cours a été proposé aux élèves ingénieurs de deuxième année à Télécom Bretagne et Centrale Nantes, nous avions aussi des participants d'autres pays, des salariés qui sont arrivés avec leur propre trajectoire et leurs problématiques professionnelles. Au total, 1.300 personnes se sont inscrites pour suivre les dix semaines de cours, à l'automne 2012.

Concrètement, comment s'est déroulé ce cours ?

Le cours était centré sur l'acquisition des connaissances grâce au web.  Son objectif : apprendre à utiliser différents outils comme des plateformes de veille et de partage, les flux RSS, mais aussi à gérer son identité numérique. Nous avons organisé une séance d'une heure chaque semaine, présentée par un ou plusieurs intervenants et au cours de laquelle chacun pouvait interagir en direct, via un forum, des messageries instantanées ou encore les réseaux sociaux.

Contrairement aux cours classiques, tout est dématérialisé et chacun peut mettre immédiatement en pratique ce dont on parle. Entre deux séances, les participants étaient invités à réaliser un travail personnel de trois à quatre heures par semaine, y compris en échangeant entre eux. Une fois le cours fini, les ressources restent accessibles sur le site du MOOC, mais il n'y a plus la même dynamique.

Les établissements français ne doivent pas seulement être suiveurs, mais produire leurs propres ressources. C'est un élément de différenciation essentiel au niveau mondial.


Dans quelle mesure un cours dématérialisé peut-il donner lieu à une évaluation ?

Il est vrai que l'on ne peut pas s'assurer que c'est bien le participant inscrit au cours qui est derrière son écran. C'est pourquoi les établissements américains, le MIT par exemple, délivrent aujourd'hui un certificat, et non un diplôme. En outre, en raison de problèmes d'encodage des caractères, certaines réponses justes ont pu être considérées comme fausses… Mais les problèmes techniques vont se régler et d'ici deux ou trois ans, les universités proposeront une version alternative de leur diplôme.

En attendant, pour pallier cette difficulté, Centrale Nantes et Télécom Bretagne ont organisé deux séances en présentiel. Elles ont aussi demandé à leurs élèves de rendre un rapport d'analyse critique et de présenter une création internet afin de rendre compte de ce qu'ils avaient appris, qu'il s'agisse d'un blog ou d'un fil Twitter témoignant d'interactions avec les autres participants.

Quel est l'enjeu des MOOC pour les établissements d'enseignement supérieur français ?

Celui de la visibilité internationale et de l'attractivité des meilleurs étudiants étrangers. Les expériences américaines montrent que participer à un MOOC peut inciter un étudiant à demander une bourse pour venir aux Etats-Unis l'année suivante. Inversement, une université peut repérer un jeune à haut potentiel grâce à son investissement lors d'un MOOC.

Dans cette perspective, les établissements français ne doivent pas seulement être suiveurs, mais produire leurs propres ressources avec leurs propres spécificités. C'est un élément de différenciation essentiel au niveau mondial.

 

Les Etats-Unis ont une longueur d'avance

Le premier MOOC a vu le jour en 2011 : il s'agissait d'un cours d'électronique du MIT qui s'est associé avec Berkeley et Harvard pour créer la plateforme edX. Coût de l'opération : 60 millions d'euros. Aujourd'hui, elle rassemble une douzaine de cours des deux établissements, qui attirent en moyenne 100.000 internautes.

Parallèlement, une trentaine d'universités se sont regroupées dans le projet Coursera.  Il comptent en majorité des établissements américains, à commencer par Stanford ou Princeton,  mais aussi des établissements européens comme l'EPFL (Ecole polytechnique fédérale de Lausanne) ou l'université d'Edimbourg. 120 cours sont désormais disponibles, la plateforme affichant une audience de 120.000 participants.

 

D'autres MOOC français

Tandis qu'ITyPA sera à nouveau proposé à la rentrée 2013, Centrale Lille lance en mars 2013 un MOOC sur la gestion de projet, d'une durée de quatre semaines. 

L'Ecole polytechnique prévoit, quant à elle, d'ouvrir plusieurs MOOC scientifiques à l'automne 2013 en mathématiques, mathématiques appliquées et informatique. Un projet qui s'inscrit dans le cadre de l'Idex Paris Saclay, "dans une optique de partenariats internationaux", précise l'école.

De son côté, le Collège des hautes études – Lyon science[s] s'est donné comme objectif de mettre en ligne au moins quatre MOOC d'ici la rentrée 2014, en association avec Centrale Nantes.

 

Les MOOC en débat sur les blogs Educpros

*
"Les MOOC, une arme de destruction massive dans l’enseignement supérieur ?" par Stéphane Bourcieu
* "MOOCs francophones : ça commence !" par Christine Vaufrey
* "L’école du futur… c’est pour demain ?" par Jean-François Fiorina

Propos recueillis par Sophie Blitman | Publié le

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Dreamer.

Une interrogation : doit-on toujours "courir" après ce que font les Américains ou les "singer" ? VITE ! Un modèle européen de l'enseignement qui ne soit pas qu'au service de dispositifs technologiques d'apprentissage dans une économie marchande. Comment-se fait-il qu'on y arrive pas ? Idem pour le moteur de recherche censé concurrencer GOOGLE, idem pour nos récriminations contre AMAZON (pourquoi les gros éditeurs européens n'y ont pas pensé ?).

Benjamin Brunot.

Le premier MOOC francophone? Je pense que HEC Montréal a lancé le sien avant ces écoles d'ingénieurs: http://edulib.hec.ca/ Peut-être y en a-t-il eu d'autres encore qui ont été précurseurs, mais Centrale Nantes et Télécom Bretagne ne sont pas les premiers en langue française!

Rémi BACHELET.

Bravo ! Pour en savoir plus sur le premier MOOC certificatif qui est ouvert aux inscriptions en ce moment diapos http://goo.gl/k0cNh et page d'inscription http://goo.gl/cJNIC

Rémi Bachelet.

.. une précision suite à la remarque de Mr Demers ci-dessous : notre MOOC "ABC de la gestion de projet" délivre un certificat de réussite (basique ou avancé selon le travail fourni) de l'école Centrale de Lille et c'est bien le premier MOOC à le faire en France. Ajoutons également qu'il est francophone .. voir aussi la carte des participants (twitter #MOOCGdP) ainsi que les présentations des apprenants inscrits sur le forum (inscription gratuite !)

Pierre Demers.

En français? Je vois. http://www.letudiant.fr/educpros/entretiens/un-mooc-commun-a-centrale-nantes-et-telecom-bretagne.html "Des enseignements MOOC, Les MOOC, une arme de destruction massive dans l’enseignement supérieur? Des cours enligne." Et cet enseignement MOOC est-il bien en français? Dans l'affirmative, je vous en félicite. Et je vous invite à appuyer l'ALF, notre corepondante en France et la LISULF, Ligue Internationale des Scientifique por l'Usage de la Langue Française. Dont le 1er membre d'honneur fut le physicien Pierre Auger. Pierre Demers physicien président de la LISULF. Il est 0h50 HNE le mercredi http://er.uqam.ca/nobel/c3410/lisulf.htm c3410@er.uqam.ca (Mais pourquoi un sigle anglophone?)

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