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Emmanuel Roux : "L’application de l’arrêté licence ne provoquera pas une révolution"

Erwin Canard
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La cour du site Vauban, université de Nîmes
Pour anticiper l'afflux d'étudiants en première année, l'université de Nîmes a ouvert 650 places en L1 de psychologie. // ©  Unîmes
À la veille de la rentrée, le président de l’université de Nîmes, Emmanuel Roux, dresse un bilan plutôt positif de la gestion des vœux des bacheliers via la plate-forme Parcoursup et annonce ses priorités pour cette année : la mise en place et la gestion du contrat étudiant.

Comment cette rentrée à l'université de Nîmes se présente-t-elle ?

Emmanuel Roux, président de l'université de Nîmes // © Alain Verpillot

Relativement bien. Les inscriptions ne sont pas encore terminées, mais nous savons déjà que nous accueillerons plus d'étudiants que les années précédentes, même si nous n’en connaissons pas encore le chiffre exact. Nous ne rencontrerons pas de grandes difficultés, car nous avions anticipé des effectifs importants en première année de licence. Nous avons ouvert 650 places en L1 de licence de psychologie, ce qui est conséquent. Au final, les effectifs avoisineront plutôt 600 étudiants.

De plus, nous sommes la seule université de France à ouvrir une licence de Staps [sciences et techniques des activités physiques et sportives] cette année, même si nous avons volontairement souhaité accueillir un petit nombre d'étudiants – une centaine. Il ne reste plus qu'une quinzaine d'étudiants en attente actuellement, nous nous efforçons de leur trouver une formation alternative adéquate.

Quel premier bilan faites-vous de l’attribution des places via la plate-forme Parcoursup ?

La lecture que nous en faisons n'est pas forcément négative. Parcoursup ayant été déployé cette année, il nous a fallu apprendre en marchant, mais cela s'est globalement bien passé. Il y a ici une communauté universitaire investie, qui a joué le jeu et a participé aux commissions.

Lire aussi. Parcoursup : à quand le décollage ?

Il est vrai toutefois que si tout s'est déroulé correctement jusqu'à fin juin, après les résultats du baccalauréat, il y a eu un ralentissement. Nous n'avions alors pas une grande visibilité sur le nombre de TD à ouvrir, et donc sur le nombre d'enseignants nécessaires. Mais depuis la fin août, le taux de réponses remonte, ce qui est rassurant.

Combien d'étudiants suivront des parcours adaptés ? De quelles filières sont-ils issus ?

Cette année, nous mettons en place uniquement trois formations expérimentales, car nous n'avions pas assez de visibilité pour les autres. Il s'agit de parcours adaptés en psychologie, en droit et en AES (administration économique et sociale). Nous avons reçu environ 200 "oui, si" pour ces trois formations et, bien que les effectifs ne soient pas encore stabilisés, nous en aurons une centaine au final, dont une grande majorité en droit. C'est un contingent intéressant pour déployer des dispositifs originaux d'accompagnement des étudiants.

Les parcours adaptés permettent de déployer des dispositifs originaux d'accompagnement des étudiants.

Il s’agira d’un modèle de formation en trois ans, assorti de cours supplémentaires, mais nous envisageons la mise en place d’une année de propédeutique, que nous généraliserons progressivement à l'ensemble des formations. À l'heure actuelle, nous sommes en train de nous organiser pour, notamment, bien identifier les besoins des étudiants et leur proposer des modules complémentaires à la fois transdisciplinaires, communs à tous (méthodologie, expression écrite et orale, compréhension et approche critique de documents) et disciplinaires (culture générale en droit et AES ; culture scientifique en psychologie).

Où en êtes-vous de la mise en place des dispositions issues de l'arrêté licence ?

Nous avons jusqu'au 1er septembre 2019 pour être prêts. Jusqu’à présent, nous avons surtout été préoccupés par Parcoursup et la gestion des "oui, si". Actuellement, nous nous concentrons notamment sur le contrat étudiant, sa mise en pratique sur le terrain et sur les personnes qui géreront ce dispositif : les directeurs des études, les responsables des disciplines, etc. Il faudra sans doute quelques mois pour que le dispositif fonctionne correctement.

Quant à l'application de l'arrêté licence, il serait, à mon sens, contraire à l'esprit du texte de supprimer la compensation entre UE [unité d’enseignement] et semestres dans l'établissement. De même pour le contrôle continu intégral, nous l’expérimentons déjà en licence sciences de la vie. Cela ne révolutionnera pas les formations et nous ne devrions pas rencontrer de difficultés notoires.


Erwin Canard | Publié le

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