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Pour le SNPDEN, le bac doit retrouver "sa place d'examen d'entrée dans le supérieur"

Erwin Canard
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Bac 2016
Pour le SNPDEN, APB ne permet plus d'envisager le bac de la même manière. // ©  Nicolas Tavernier / R.E.A
Un baccalauréat qui "vérifie vraiment les acquis" et qui "donne le droit d'entrée dans le supérieur". Le SNPDEN, syndicat des chefs d'établissement, a dévoilé sa vision de l'examen, à l'aube d'une éventuelle réforme dans les mois qui viennent. Avec une proposition phare : un bac divisé en deux évaluations distinctes.

"Les derniers jours du baccalauréat ?" C'est le titre volontairement provocant donné à la conférence de presse organisée par le SNPDEN, principal syndicat des chefs d'établissements, ce jeudi 22 juin 2017. Philippe Tournier, secrétaire général du syndicat, a profité de ce dernier jour des épreuves écrites du baccalauréat 2017 pour prendre date en vue d'une possible réforme de l'examen dans les mois à venir. "Je me réjouis que le dossier du bac – 3/bac + 3 soit ouvert", affirme-t-il. Une concertation autour du baccalauréat rassemblant le ministère de l'Éducation nationale et les organisations syndicales devrait en effet débuter d'ici à la fin de l'année.

Philippe Tournier a d'abord fustigé le coût de l'examen de fin de lycée : "Le bac, c'est 2 milliards d'euros toutes séries confondues. C'est donc deux milliards de cours perdus pour les élèves même si, bien entendu, supprimer le bac ne signifie pas que l'on réalise une économie de deux milliards d'euros", rappelle le chef d'établissement.

Alors que le président de la République, Emmanuel Macron, évoquait dans son programme la possibilité de réduire à quatre épreuves terminales le baccalauréat, le débat autour du contrôle continu et des épreuves terminales est "anecdotique" pour le SNPDEN.

"Avec APB, on ne peut plus discuter du bac comme il y a vingt ans. Le contrôle continu, ce n'est plus le débat aujourd'hui. La vraie question est la place que l'on veut donner à l'examen dans le système bac – 3/bac + 3", assure Philippe Tournier.

Un bac scindé en deux

L'affaire "inexplicable des pastilles vertes", selon les termes du secrétaire général, aurait ainsi sonné le glas du baccalauréat dans sa forme actuelle. Lors de la première phase d'APB, le 8 juin 2017, de nombreux élèves se sont retrouvés sur liste d'attente sur des licences à "pastille verte", autrement dit des licences ayant d'habitude une capacité suffisante pour accueillir tous les candidats qui en font la demande.

Selon Philippe Tournier, il n'y aurait dorénavant plus que deux solutions : "Soit on dit que le bac ne sert à rien, donc on le supprime, soit on lui redonne sa place d'examen d'entrée dans le supérieur." Une place que l'examen occupe toutefois déjà aujourd'hui – au moins officiellement – puisqu'il tient lieu de premier grade universitaire.

Si le SNPDEN admet ne pas avoir réfléchi aux modalités exactes du baccalauréat qu'il envisagerait, la philosophie est en revanche déterminée. Le premier syndicat des chefs d'établissement souhaite que le bac soit divisé en deux. "L'idée est qu'il y ait deux évaluations : une qui aurait valeur de certificat de fin d'études secondaires, et une autre qui donnerait le droit d'entrer dans l'enseignement supérieur", précise Philippe Tournier.

Avec APB, on ne peut plus discuter du bac comme il y a vingt ans.
(P. Tournier)

Vérifier réellement les acquis

L'objectif affiché est double. Le premier est d'améliorer l'orientation dans le supérieur. "Il est normal que 85 % des élèves obtiennent l'examen qui certifie la fin des études, mais il est faux de penser que 85 % des bacheliers sont capables de poursuivre dans le supérieur, estime Philippe Tournier. La principale question est : avec n'importe quel bac obtenu, puis-je m'inscrire n'importe où ? Cette année, un bachelier professionnel a pu prendre la place d'un bachelier scientifique en Paces…"

Et le secrétaire général de prôner un bac qui "vérifie vraiment les acquis" : "Actuellement, on peut avoir un bac S en ayant des notes catastrophiques dans les matières scientifiques ! De même, plancher sur le socialisme et le syndicalisme en Allemagne depuis 1945 ne dit rien de la culture générale de l'élève." Une idée qui rejoint le projet d'Emmanuel Macron sur l'instauration de prérequis à l'entrée de l'université.

L'autre objectif serait de redonner de l'importance au dernier trimestre de terminale. "Il y a un phénomène nouveau, affirme Philippe Tournier, c'est que les élèves coupent en deux l'année de terminale. Une première, qui dure du début de l'année à la fin du deuxième trimestre, pendant laquelle ils travaillent pour avoir le meilleur dossier possible en vue d'APB. La deuxième, où ils bachotent pour obtenir le bac, le plus souvent au minimum, puisqu'il suffit de l'obtenir, du moment que leur moyenne au bac n'influe pas sur la suite."

Et le chef d'établissement de lancer, en écho au titre de la conférence de presse : "On se demande même pourquoi les élèves passent le bac puisqu'il n'est pas regardé…"


Erwin Canard | Publié le

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Rochat Alain.

Comment expliquer cela : j'ai passé le bac en1961: 60 % de réussite seulement après des sélections dans le secondaire (entrée en 6e et BEPC) et au 1er bac; alors qu' en 2016 sans beaucoup de sélection il y a 88,6 % de réussite au bac ? Il est soldé? Les prof. sont meilleurs ? en 1962 de 33 à 40 % de réussite en 1ère année de fac et en 2016 , 56 % de réussite: il y a un progrès semble t il ?