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Des escape game pour attirer les lycéens en école d’ingénieurs

Pauline Bluteau
Publié le
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L'escape game proposé par l'Efrei pour les journées d'immersion des lycéens a été conçu par des étudiants de l'école.
L'escape game proposé par l'Efrei pour les journées d'immersion des lycéens a été conçu par des étudiants de l'école. // ©  Efrei Paris
Loin des traditionnelles visites guidées, des conférences ou des ateliers organisés lors des journées portes ouvertes, les écoles d’ingénieurs surfent sur la vague des escape games pour attirer leurs futures recrues. Et ça marche !

Les escape games ont le vent en poupe partout en France, y compris dans l'enseignement supérieur. Plusieurs établissements, principalement des écoles d’ingénieurs, les utilisent lors des journées d’immersion pour faire découvrir aux élèves de terminale leurs formations.

En suivant un scénario bien précis, les lycéens ont une à deux heures pour mener à bien leur mission. Une stratégie nouvelle, qui répond à un certain engouement des jeunes pour ce jeu d’évasion, de logique et de réflexion.

Moderniser le processus d’orientation

Depuis quelques années, le phénomène des escape games prend de l’ampleur. Pour les écoles d'ingénieurs, l’enjeu est, avant tout, de trouver de nouveaux moyens d'expliquer le métier auquel elles forment.

"Avec la loi ORE [Orientation et réussite des étudiants], nous avons reçu des directives pour développer des missions d’orientation auprès des lycéens, rappelle Véronique Bonnet, directrice générale déléguée de l’Esme Sudria (École spéciale de mécanique et d’électricité). Il fallait trouver un moyen de les aider à se projeter. Comme l’escape game est en plein boom, l’idée nous a paru séduisante."

Il fallait trouver un moyen de les aider à se projeter .
(V. Bonnet)

Même constat à Epita (École pour l’informatique et les techniques avancées), qui a lancé son premier escape game le 27 février dernier sur le campus de Paris Kremlin-Bicêtre. "C’est vraiment dans l’air du temps, et ça nous permet de faire connaître nos majeures de manière ludique", assure Isabelle Ducastel, responsable des événements.

Car derrière le jeu, l'objectif est aussi, et surtout, de faire découvrir l’établissement et les différentes spécialités proposées par les formations. "Les candidats sont mis en situation : ils doivent poser des problèmes, analyser une situation, travailler en groupe pour trouver la solution… Comme le font les étudiants de l’école d’ingénieurs", détaille Véronique Bonnet.

Valoriser le travail des étudiants

D’ailleurs, à l’EFREI Paris (École française d’électronique et d’informatique), ce sont les étudiants eux-mêmes qui conçoivent ces escape games.

L’idée est née il y a trois ans au cours d’un projet étudiant sur le thème des énigmes. "On a pensé à l’escape game parce que c’était plus original. Cela a très vite plu à l’école, qui y voyait un moyen de promouvoir les valeurs de la formation, comme le travail d’équipe, l’esprit logique, la gestion du stress…" raconte Maxime Grenier, étudiant en quatrième année et président de l’association Groupe escape.

Depuis, l’escape game est présenté chaque année lors des journées portes ouvertes (JPO). "On a trois mois pour le préparer, et cela demande énormément de travail, car nous changeons de thème tous les ans", ajoute l’étudiant.

L'école y voyait un moyen de promouvoir les valeurs de la formation, comme le travail d’équipe, l’esprit logique, la gestion du stress…
(M. Grenier)

L’association veut faire aussi bien que les professionnels, tant au niveau de la difficulté des énigmes que sur celui de la décoration de la salle. Et le résultat est bluffant : "Même si les joueurs n’y arrivent pas à chaque fois, ils se sentent plus impliqués. C’est amusant pour eux, et, pour nous, c’est très formateur."

De leurs côtés, l’ESME Sudria et Epita ont fait appel à un prestataire pour réaliser leur escape game. "On y réfléchit depuis juin dernier, se souvient la responsable d'Epita. Cela a pris du temps, il a fallu impliquer toute l’équipe enseignante, très motivée. Résultat, ils sont ravis."

Dans le jeu, plusieurs disciplines sont mises en avant comme la logique, le codage informatique, les langues étrangères, ainsi que la programmation d’un robot ou l’utilisation d’une découpeuse-laser, d’un drone, de la réalité virtuelle… "Les lycéens sont encadrés par les étudiants et les enseignants pendant le jeu ; ce qui leur permet de se rassurer sur les relations profs-élèves, c’est un vrai moment de partage", pointe Véronique Bonnet.

Attirer de nouveaux profils

L'escape game permet aussi aux écoles de faire connaître leur formation à un public plus varié, comme les lycéennes, souvent sous-représentées dans les écoles d’ingénieurs. "Sur un salon, on croule sous les informations. Là, les élèves sont acteurs de leur avenir, appuie Véronique Bonnet. On leur montre que c’est possible, l’auto-censure est dépassée."

"Beaucoup de profils différents viennent tester notre escape game, y compris les parents, qui peuvent découvrir le métier d'ingénieur", atteste Maxime Grenier. L’association a également fait traduire le jeu en anglais pour permettre aux futurs étudiants étrangers d’y participer.

Aussi ludique soit-il, l’escape game est pris très au sérieux par les responsables d'établissements, qui ont conscience de son potentiel d’accompagnement à l’orientation. "Beaucoup de lycéens hésitent entre des études de médecine ou d’ingénieur. Avec ce jeu, ils se rendent compte que l’informatique peut leur permettre de faire les deux", affirme la directrice d'ESME Sudria.

Beaucoup de lycéens hésitent entre médecine ou ingénieur. Avec ce jeu, ils réalisent que l’informatique peut leur permettre de faire les deux.
(V. Bonnet)

Après une première session en 2018, l’ESME Sudria a d'ailleurs noté une vraie différence sur le nombre d’inscrits au concours : 50 % d'entre eux avaient participé à l'escape game.

Pour Epita, le premier bilan de la session 2019 est également positif : "Globalement, le challenge est réussi, même s'il faut sans doute prévoir des améliorations à faire, souligne Isabelle Ducastel. Rien que d’avoir vu leurs sourires, ça prouve énormément de choses."


Pauline Bluteau | Publié le

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