GEM : être une école innovante sur les questions des transitions

Agnès Millet
Publié le
Envoyer cet article à un ami
GEM : être une école innovante sur les questions des transitions
Grenoble École de management est devenue une société à mission. // ©  Grenoble Ecole de Management
Être reconnue comme une des écoles les plus innovantes dans le monde sur les questions de transitions, voilà l’objectif de Grenoble École de management. Planifiant des investissements de 32 millions d'euros, elle dévoile sa stratégie sur les cinq prochaines années, le 30 mars 2021. GEM choisit ainsi de prendre la qualité de société à mission.

Transitions, RSE, développement durable : tels sont les maîtres mots des stratégies des écoles de management 2021. Grenoble École de management ne déroge pas à la règle et, peut-être plus que les autres, veut placer son plan à cinq ans sous ces auspices.

Devenir société à mission

GEM a choisi de prendre la qualité de société à mission, décision approuvée en CA à l’unanimité, le 25 février 2021. "Cela ne change pas notre statut social d’EESC (Établissement d'enseignement supérieur consulaire) mais nous inscrivons une raison d’être", indique Loïck Roche.

En une phrase, cette raison d’être consiste à "apporter des réponses, par la formation et la recherche, aux grands défis de la transition écologique, sociétale et économique, et contribuer à un monde plus résilient, plus juste, plus pacifique, plus responsable".

De nouveaux actionnaires feront leur entrée dans le capital de GEM, mais leurs noms ne sont pas encore connus. Cette ouverture de capital permettra d'investir, car "on ne peut plus, aujourd’hui, se financer par les programmes", explique Loïck Roche, le directeur général de l’école.

GEM, une entreprise à mission. Pourquoi ? Et pour quoi faire ?

Miser sur les transitions et l'ouverture sociale

L’établissement veut surtout se positionner comme une école en pointe sur les questions de transition et former 100% de ses étudiants, d’ici à 2025, aux grandes transitions technologiques, écologiques et sociales, via de nouveaux modules, certifications et formations.

On ne peut plus, aujourd’hui, se financer par les programmes (L. Roche)

Pour "ancrer son engagement sociétal", 7,5 millions d'euros seront investis sur cinq ans. L’école va ainsi créer un fonds de solidarité, porté par la fondation GEM.

L'école grenobloise souhaite également multiplier par cinq le nombre d’intégrés via le concours post-bac Diversité. Elle vise 30% de boursiers et souhaite s’appuyer sur la création de son CFA, il y a un an, pour augmenter son nombre d’apprentis.

Emlyon devient société à mission en juillet 2021

Investir 10 M€ à l’international

"La concurrence est mondiale. Il ne faut pas rester inactifs. Cela nécessite des projets qui impliquent des financements importants", indique Jean-François Fiorina, directeur général adjoint. L’international représente 10 millions d'euros d'investissement, soit le tiers des efforts financiers à cinq ans. L’objectif est d’alimenter la croissance des effectifs par l’ouverture de nouveaux programmes :

  • création d’un MSc fashion, design and luxury management et d'un bachelor in international business sur le campus de Singapour ;
  • nouvelles destinations dans le parcours transcontinental PGE (Afrique du Sud, Asie du Sud, Scandinavie) ;
  • double-diplôme géopolitique en cinq ans ;
  • une spécialisation géopolitique sur les trois ans PGE.

Créer un environnement immersif

Pour ses étudiants, l’établissement lance la Tim live academy : un "environnement immersif au sein de nouvelles technologies et en lien avec les entreprises", qui s’appuie sur son positionnement en management de la technologie et de l’innovation (MTI).

La concurrence est mondiale. Il ne faut pas rester inactifs. Cela nécessite des projets qui impliquent des financements importants. (J-F. Fiorina)

Là aussi, ce sont 10 M€ qui seront injectés pour proposer une expérimentation in situ et une expérience immersive qui doit permettre aux étudiants, selon l’école :

  • d’inventer et prototyper, pour relever des défis utiles à la société et aux entreprises ;
  • de s’engager dans ce qui compte vraiment pour eux, tout en exprimant leur créativité ;
  • d’évoluer au sein d’une communauté et de s'appuyer sur un réseau d’experts internationaux du MTI ;
  • d’expérimenter un parcours personnalisé, au contact des entreprises et organisations

Plusieurs sujets sont identifiés, dont l'IA, le big data, la cybersécurité, les systèmes embarqués ou la robotique.

Grenoble EM tire le bilan de la crise pour préparer son avenir

Renforcer sa présence à Paris

Le renforcement du campus parisien est un autre axe stratégique de développement. Installée depuis 2014 dans la capitale, GEM a investi de nouveaux locaux de 2.500 m2 en 2020 et y propose 15 programmes. Il accueillera, à partir de la rentrée 2021, un bachelor "digital and business development" et, dans un deuxième temps, des mastères spécialisés en management des entreprises de biotechnologies.

Surtout, un nouveau double diplôme ingénieur en cinq ans sera lancé, en collaboration avec une université. Il s’agira du "premier du genre", précise Jean-François Fiorina. Le dossier est en cours de finalisation. Quant au campus définitif de 6.000 m2, il est prévu pour 2023.

Créer une filiale d’Executive education

Pour porter la croissance, l’Executive education va devenir une filiale. "Cela nous permettra de monter en gamme et d’avoir plus de liberté", indique Jean-François Fiorina. L’Executive education pourra ainsi se développer par de la croissance externe.

"On peut imaginer une entreprise Edtechs proposant un système d’orientation par l’IA, rachetée par GEM et une entreprise, afin que chacun l’utilise sous sa propre marque. Ces Edtechs sont notre R&D", ajoute le DGA adjoint.

Plus de 3 millions d'euros pour un campus virtuel
Pour créer un campus virtuel "GEM Digital Twin", l'établissement va consacrer 3,5 millions d'euros qui serviront notamment à généraliser son système Hyflex à l’ensemble des salles de cours.

L’évolution de l’école passe aussi par une ouverture plus grande à la société. Selon Loïck Roche, directeur général de l’école, "GEM a bien passé la crise. Et nous voulons aller vers une école ouverte, avec une mixité entre le virtuel et le physique et un changement de modèle économique". L’école va ainsi créer le GEM Pass, un dispositif qui permet au grand public de suivre les enseignements phares de l'école.


Agnès Millet | Publié le