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Idex PSL et Paris-Saclay : CGE et Cdefi dénoncent des exigences trop "contraignantes"

Morgane Taquet
Publié le
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La Cdefi, présidée par Marc Renner, et la CGE, présidée par Anne-Lucie Wack, ont réagi dans un communiqué commun aux critères des jurys Idex sur les candidatures de PSL et Paris-Saclay.
La Cdefi, présidée par Marc Renner, et la CGE, présidée par Anne-Lucie Wack, ont réagi dans un communiqué commun aux critères des jurys Idex sur les candidatures de PSL et Paris-Saclay. // ©  Montage EducPros
D'une même voix, la Conférence des grandes écoles et celles des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs ont dénoncé, le 17 mai 2018, les conditions fixées par le jury pour l'obtention définitive des Idex à PSL et Saclay.

Des exigences trop "contraignantes", "incompatibles" avec l'autonomie "légitime" des grandes écoles. C’est ainsi que la CGE et la Cdefi (Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs) qualifiaient les exigences et critères d’éligibilité fixés le 19 mars 2018 par les jurys des Idex de Paris Sciences et Lettres et de Paris-Saclay, aux établissements membres, dans un communiqué commun, daté du 17 mai 2018.

Ces règles "contraignent trop fortement le développement et l’autonomie légitime des établissements constitutifs des regroupements", insistent les deux organisations. "Le jury a notamment demandé que le président du regroupement ait, sur toutes les institutions fondatrices, les droits suivants : amendement du budget, droit de veto sur le recrutement des enseignants et des chercheurs, signature de tous les diplômes", énumèrent-elles.

Des conditions la CGE et la Cdefi qui risqueraient de faire perdre leur marque aux grandes écoles membres de ces regroupements, avec le risque de ne plus pouvoir "apparaître dans des classements thématiques".

Mais pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour communiquer ? "De fortes inquiétudes remontent des différents sites de nos écoles depuis la publication, il y a deux mois, des avis de jurys Idex Saclay et PSL sur ce qui constitue un sujet sensible et important. Cela nécessitait une prise de position collective, via une communication concertée de nos deux conférences", justifie la présidente de la CGE et directrice de Montpellier Supagro, Anne-Lucie Wack.

Conserver leur personnalité morale

Pour le président de la Cdefi et directeur de l'Insa Strasbourg, Marc Renner, c'est la question "du diplôme avec signature unique" qui a cristallisé les inquiétudes. "Pour une école la marque est quelque chose de très fort. Notre agilité internationale repose sur notre capacité à signer des conventions avec des établissements internationaux. Cette nouvelle exigence pourrait alourdir le processus de signature des conventions", prévient-il.

Ainsi, la CGE et la Cdefi demandent que les écoles "puissent conserver la personnalité morale lorsqu’elles s’engagent dans des regroupements", et "collectivement et librement, décider de la forme de gouvernance nécessaire à la réussite de leur projet commun".

Notre agilité internationale repose sur notre capacité à signer des conventions avec des établissements internationaux.
(M. Renner)

Plus globalement, "nous tenions à rappeler que l'identité des écoles est cruciale. C'est là qu'elles construisent leur agilité et leur attractivité. Les Idex et Isite doivent d'abord être des projets, avant d'être des structures", poursuit Marc Renner, regrettant que "ces jurys donnent l'impression de vouloir à tout prix placer les établissements dans une structure fermée avec une gouvernance unique".

Ces conditions, poursuivent les deux conférences, "sont ainsi de nature à dissuader les écoles d’en être partie prenante et ne permettent pas aux établissements de contribuer au sujet majeur qui est celui de la réussite d’un projet commun". Reste à voir de quelle manière cette prise de position sera entendue…

PSL et Saclay : les conditions du jury
Paris Sciences et Lettres et l’Université Paris-Saclay, ont vu leur période probatoire à l'attribution définitive du label Idex, rallongée pour la deuxième fois par le jury, le 19 mars 2018. Celle-ci ne pourra pas excéder trente mois, le temps, pour les regroupements, d'atteindre "définitivement leurs objectifs" et de répondre aux conditions fixées par le jury pour une obtention définitive du label.
Ces conditions, communes aux deux projets, sont la démonstration de l’existence d’une "stratégie propre qui soit plus unifiée" et "l'adoption de règles de gouvernance qui prévoient, au titre des pouvoirs du président de l’université, le droit d’auditer et d’amender le projet de budget prévisionnel de toutes les institutions fondatrices, un droit de veto aux propositions de recrutement des enseignants-chercheurs, enseignants et chercheurs des institutions fondatrices et la signature de tous les diplômes, sans exception", précisait le communiqué diffusé par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et le Secrétariat général pour l’investissement le 19 mars 2018.
À PSL, l'EHESS a d'ores et déjà fait savoir qu'au vu de ces conditions, elle ne souhaitait pas intégrer l'établissement en tant que membre ; tout comme les élus du conseil d’administration de PSL, début avril.


Morgane Taquet | Publié le

Vos commentaires (5)

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université.

Si au moins les idex avaient le mérite de clarifier le paysage de l'enseignement supérieur et de supprimer cette aberration,, uniquement française que sont les grandes écoles et leur mafia fossilisante, on aurait fait un grand pas en avant...

Universities for ever.

Répondre à un appel à projets signifie en accepter les règles, pas en demander l'évolution lors du processus de sélection. Je n'ai pas le souvenir que PSL et/ou Paris Saclay ont fait preuve de beaucoup d'empathie envers USPC lorsque le jury international du PIA a promu en 2016 de mettre un terme à son financement en utilisant un argumentaire proche de celui mis en avant pour ... prolonger leur propre période probatoire ! Tel est pris qui ...

Universities for ever.

Les masques tombent !

mal_pensant.

Après avoir inventé les improbables usines à gaz des universités-cible des IDEX et ISITE, les écoles se rendent enfin compte que s'y engager, c'est, dans le meilleur des cas, se passer des menottes et dans le pire, risquer de dispraître. A vrai dire, les seuls regroupements viables auraient été des regroupements entre écoles, y compris d'ailleurs les écoles internes des universités, qui auraient pu en profiter pour s'affranchir des pesanteurs de la tutelle des universités.

Sirius.

La préservation de la personnalité morale et de la marque des écoles est absolument nécessaire dans les regroupements. Sinon, soit le regroupement ne se fera pas, soit il se fera en détruisant une large part des capacités stratégiques des écoles, ce qui n'est l'intérêt de personne.