L’université Toulouse 1-Capitole se transforme en établissement public expérimental

Isabelle Fagotat
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L’université Toulouse 1-Capitole se transforme en établissement public expérimental
L'université Toulouse-Capitole va devenir un établissement public expérimental. // ©  Lydie Lecarpentier/REA
Au 1er janvier 2023, l’université Toulouse 1-Capitole (UT1-Capitole) deviendra un établissement public expérimental (EPE). Ses ambitions ? Créer un pôle de recherche pluridisciplinaire et international, développer les partenariats tant avec les partenaires locaux qu’étrangers, promouvoir l’innovation pédagogique et favoriser l’attractivité du site universitaire toulousain.

"L’université Toulouse 1-Capitole dans sa forme institutionnelle actuelle vit ses derniers jours. Elle va laisser place à un établissement public expérimental", résume Hugues Kenfack, le président de l’université en ouverture de son discours de rentrée solennelle, jeudi 22 septembre.

Objectif de ce regroupement : "construire une université humaniste internationale au bord de la Garonne" et "devenir un incubateur de l’excellence avec au centre de nos préoccupations, le challenge de répondre à tous les défis sociaux et sociétaux, qu’ils soient locaux, nationaux ou internationaux."

Création de l'Université Toulouse Capitole

Pour répondre à cette ambition, l’université va devenir l'Université Toulouse Capitole, un établissement public expérimental, statut créé par l’ordonnance du 12 décembre 2018 qui permet à des établissements d’enseignement supérieur de se regrouper et d’expérimenter de nouveaux modes d’organisation afin de promouvoir coopération et pluridisciplinarité. Il prendra place aux côtés de la nouvelle Comue expérimentale qui doit aussi voir le jour au 1er janvier 2023.

Ce nouvel établissement regroupera notamment, en plus de l'université, la fac de droit qui deviendra une école de droit, Toulouse School of Economics qui va prendre le statut de grand établissement lors de la création de l'EPE, Toulouse school of management ainsi que la fac d'administration et de communication, la faculté d'informatique, l'IUT de Rodez ainsi que Sciences po Toulouse. Des réflexions sont en cours avec l'école d'avocat et celle d'architecture pour qu'elles intègrent à moyen terme l'EPE.

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Créer un centre de recherche international

Un des piliers du futur EPE est de créer un pôle de recherche pluridisciplinaire international. Il accueillera des chercheurs étrangers, avec un impact fort sur les défis sociétaux, tels que la santé ou l’environnement. Cette année, six enseignants chercheurs de l’UT1-Capitole et de Toulouse School of economics ont été lauréats de l’Institut universitaire de France (IUF) qui récompense l’excellence en matière de recherche.

Parmi les thèmes développés durant les cinq prochaines années sur le site universitaire, un programme de recherche sur les "croyances profanes en matière de technologie et d’intelligence artificielle" porté par Sandra Laporte, professeure en sciences de gestion à Toulouse School of management et lauréate de l’IUF.

"Nous souhaitons nous intéresser plus spécifiquement aux applications dans le domaine de la santé qui permettent de quantifier les indicateurs de santé, les comportements alimentaires ou les exercices physiques", précise Sandra Laporte. L’objectif est aussi de comprendre comment ces applications peuvent avoir un impact positif sur les utilisateurs et les inciter à améliorer leur hygiène de vie et leur santé.

Autre thème de recherche développé à l’université : étudier l’efficacité du droit de l’environnement en matière d’impact sociétal, un sujet porté par Julien Bétaille, maître de conférences en droit public, spécialisé en droit de l’environnement, également lauréat d’une chaire junior de l’IUF. Ce projet qui repose sur la méthode empirique, a pour ambition "de favoriser l’interdisciplinarité avec les sciences économiques, les sciences politiques, éventuellement les sciences de gestion, mais aussi les sciences du vivant".

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Développer l’internationalisation

Le futur EPE a également pour ambition de renforcer les partenariats et coopérations internationales et de favoriser le partage de connaissances avec les chercheurs étrangers. L’université Toulouse 1-Capitole compte actuellement plus de 200 partenariats avec des universités européennes et des établissements hors Europe, comme l’Indiana university Robert H. McKinney School of law aux États-Unis, ou l’université Félix-Houphouët-Boigny, basée à Abidjan, en Côte-d’Ivoire.

A l'échelle européenne, l’UT1-Capitole est membre de l’alliance Engage.eu (The European university engaged in societal change) qui rassemble neuf universités européennes dans les domaines du commerce, de l'économie et des sciences sociales. En 2023, l’EPE toulousain accueillera des doctorants et chercheurs issus des universités de l’alliance pour travailler autour des thématiques de la justice organisationnelle et sociétale, de la santé mentale et du bien-être, ainsi que de l’égalité des sexes.

"Nous allons réunir nos forces à travers les différentes disciplines et institutions pour développer des projets de recherche très concrets ayant notamment pour but de développer l’égalité en Europe", souligne Marion Fortin, vice-présidente des relations européennes et internationales d’UT1-Capitole.

Promouvoir l’innovation et les partenariats financiers

Pour accompagner le développement de l'EPE, une université numérique sera par ailleurs créée au sein de l’établissement qui se veut inclusif et solidaire. Elle permettra notamment un accès facilité à l’enseignement aux étudiants éloignés des sites universitaires et aux personnes à mobilité réduite. Elle proposera "des formations personnalisables et adaptées au parcours individuel de chaque étudiant", explique Stéphane Sanchez, maître de conférences en informatique, en charge du projet.

L’EPE va également se doter d’une fondation partenariale pour diversifier ses ressources et renforcer les coopérations avec les collectivités territoriales (notamment la région Occitanie et Toulouse Métropole) et les entreprises. "Au service de l'EPE, elle aura pour objectif de trouver des moyens pour développer l’innovation, le soutien aux étudiants et l’aide au recrutement des meilleurs enseignants", précise Hugues Kenfack qui appelle "toutes les entreprises à participer".

TIRIS : lauréat de l’appel à projets ExcellenceS

Après des années chaotiques marquées par la perte du label Idex (initiative d’excellence), la communauté universitaire toulousaine voit en 2022 son projet académique et institutionnel labellisé par l’État dans le cadre de l’appel à projets ExcellenceS.

Le projet, intitulé TIRIS pour "Toulouse initiative research’s impact of society", rassemble plusieurs universités et écoles d’ingénieurs (UT1-Capitole, UT2-Jean Jaurès, UT3-Paul Sabatier, l’université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées, Toulouse INP, l’Insa Toulouse et Isae-Supaero) ainsi que des organismes de recherche : le CNRS, l’Inserm, l’Inrae, l’IRD, Onera et Météo-France.

Il a pour objectif de mobiliser la communauté universitaire et scientifique autour de trois enjeux : la santé et le bien-être, les changements globaux et leurs impacts sociétaux et les transitions durables en matière de mobilité, d’énergie et d’industries.

TIRIS va bénéficier d’une enveloppe de 38 millions d’euros. L’objectif est de favoriser la transdisciplinarité et de développer l’attractivité du site toulousain en vue de créer une grande université de recherche (GUR).


Isabelle Fagotat | Publié le