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Le statut d’étudiant-entrepreneur à l’épreuve des faits


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En 2017-2018, plus de 3.500 étudiants ont tenté l’aventure entrepreneuriale.
En 2017-2018, plus de 3.500 étudiants ont tenté l’aventure entrepreneuriale. // ©  ©Lydie LECARPENTIER/REA
Sur le site de "The Conversation France", Delphine Billouard-Fuentes, professeure en systèmes d'information et responsable du programme Global MBA à l'EM Lyon, revient sur les atouts et les limites de l'expérimentation, depuis 2014, du statut d'étudiant-entrepreneur.

Officiellement lancé en 2014, le statut d’étudiant-entrepreneur a pour ambition de permettre à des étudiants ou jeunes diplômés d’initier une expérience entrepreneuriale pendant leurs études ou jusqu’à trois années après l’obtention de leur diplôme. Un accompagnement et des aménagements spécifiques leur sont proposés pour atteindre cet objectif.

Depuis la création du statut, le nombre d’étudiants-entrepreneurs a augmenté de plus de 1.000 personnes chaque année. Pour l’année scolaire 2017–2018, le dispositif a ainsi permis à plus de 3.500 personnes de s’essayer à l’aventure entrepreneuriale. Après ces quatre années de fonctionnement, il est intéressant de s’interroger sur les avantages de ce statut et sur les difficultés auxquelles peuvent être confrontées les personnes qui l’adoptent.

Le statut d’étudiant-entrepreneur

Le statut a été mis en place dans le cadre de Pépite (Plan étudiants pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat), plan financé par le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, du ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique et de la Caisse des dépôts et consignations.

Quatre mesures ont été instaurées dans ce cadre :
– La création de 29 Pépite (Pôles étudiants pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat) ;
– La création d’un statut national étudiant-entrepreneur ;
– La généralisation de formations à l’entrepreneuriat et à l’innovation en licence, master et doctorat ;
– La création d’un prix Pépite pour les étudiants-entrepreneurs.

Pour les étudiants souhaitant s’orienter vers l’entrepreneuriat, le statut d’étudiant-entrepreneur offre un cadre juridique solide et apporte de la crédibilité à leur projet. Ce statut cible deux profils :
– Les étudiants qui souhaitent créer une entreprise tout en poursuivant leurs études ;
– Les jeunes diplômés, qui peuvent ainsi conserver leur statut étudiant pendant la création de leur entreprise.

Les avantages du statut

L’obtention du statut permet de bénéficier d’un accompagnement double : un tuteur enseignant et un tuteur professionnel. Elle permet également d’avoir accès à un espace de coworking au sein du Pépite ou chez un de ses partenaires. Le statut permet également d’accéder au réseau du Pépite. Ce point est essentiel car une des principales difficultés rencontrées par un jeune entrepreneur est le manque de réseau pour initier son projet.

Une des principales difficultés rencontrée par un jeune entrepreneur est le manque de réseau pour initier son projet.

Pour les jeunes diplômés depuis moins de trois ans, le statut d’étudiant-entrepreneur permet de conserver le statut étudiant pendant un an et d’avoir une couverture sociale pour les personnes de moins de 28 ans.

Pour les étudiants qui poursuivent leur scolarité, le statut permet de remplacer un stage par un projet entrepreneurial. Il permet aussi d’accréditer le sérieux du projet de l’étudiant vis-à-vis de son université ou de son école, et donc de permettre une éventuelle souplesse dans le déroulement des études.

Enfin, le statut peut être complété par un D2E (diplôme d’étudiant-entrepreneur). Celui-ci peut être obtenu en suivant des actions de formation organisées par le Pépite. Toute personne acceptée dans le statut peut préparer le D2E. Mais cette préparation est une obligation pour les jeunes diplômés.

Le statut d’étudiant-entrepreneur à l’épreuve des faits

Le nombre d’étudiants titulaires du statut d’étudiant-entrepreneur augmente chaque année. Après quatre années de fonctionnement, il convient de s’interroger sur les réussites de ces projets entrepreneuriaux. Les résultats de ces dernières années montrent qu’une part importante de ces projets de création se concrétise. Ainsi, sur l’année 2016–2017, 2.680 personnes ont bénéficié du statut d’étudiant-entrepreneur.

Ces projets ont abouti à la création de plus de 500 sociétés. Le succès de ce dispositif est certain. Il peut cependant s’avérer compliqué, en particulier pour les étudiants en cours de formation.

Les contraintes liées au programme d’étude suivi sont parfois difficilement compatibles avec un projet de création.

La première difficulté rencontrée par les étudiants-entrepreneurs est la complexité de mener de front des études et leur projet de création. Les contraintes liées au programme d’étude suivi sont parfois difficilement compatibles avec un projet de création. Ceci peut être le cas en raison d’un emploi du temps contraignant : difficultés à prévoir des rendez-vous professionnels, impossibilité d’accéder aux ateliers et formations proposés par le Pépite, etc.

Les obligations du diplôme peuvent également être un frein au projet de création. En particulier, de nombreux diplômes imposent de passer un ou plusieurs semestres à l’étranger au cours du cursus. Cette obligation est difficilement compatible avec la création d’une entreprise.

Dans le cadre du statut, les étudiants peuvent obtenir des conseils de plusieurs tuteurs professionnels. Ils obtiennent facilement des conseils sur les obligations administratives liées à la création d’entreprise, sur le processus de création, les aides financières auxquelles ils peuvent prétendre, etc. Plusieurs étudiants-entrepreneurs nous ont fait part d’un besoin de conseils provenant de professionnels du secteur d’activité dans lequel ils souhaitent s’investir.

Ce besoin est compliqué à satisfaire, chaque projet étant unique. Mais une des évolutions possibles dans les services apportés à ces créateurs serait de créer des annuaires d’experts, au niveau national, auxquels les étudiants pourraient demander conseil et à qui ils pourraient présenter leur projet pour le confronter à la réalité.

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