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Les syndicats enseignants très remontés contre le rapport Pochard


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Ce n’est pas une surprise. Les syndicats enseignants ne goûtent pas les propositions du rapport Pochard remis officiellement ce lundi 4 février 2008 au ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos. Le principal syndicat, le SNES-FSU parle même « d’une vraie provocation ». Il faut dire que l’annualisation du temps de service, la bivalence, le renforcement du rôle des chefs d‘établissements, les nouvelles modalités du déroulement de carrière ou encore la contractualisation, avancés comme pistes de travail par le Livre vert ne peuvent que heurter les syndicats farouchement opposés à la plupart de ces mesures. « Le rapport Pochard est une déclaration de guerre. Il contient tous les éléments contre lesquels le SNES se bat depuis 30 ans », déclare à Educpros, Daniel Robin, co-secrétaire général du syndicat.

Les organisations syndicales dénoncent par ailleurs la timidité voire la quasi-absence de véritables éléments de revalorisation de la condition enseignante, but premier de la commission, rappelle-t-on. « Le rapport s’intéresse surtout à la structure du système éducatif », note Luc Bérille, secrétaire général du SE-UNSA. « Sur la revalorisation, il n’y a rien », tranche de son côté, Daniel Robin. « Tout ce qu’on nous propose, c’est de faire des heures supplémentaires ».

Vers un conflit dur entre Darcos et les syndicats?

Les leaders syndicaux, interrogés par Educpros, estiment que les pistes du rapport Pochard pourraient aboutir à ce que les enseignants ne soient plus ou plus totalement des fonctionnaires d’Etat. « On propose de supprimer les règles statutaires et de tout renvoyer au niveau local », analyse-t-on au SNES. « A terme, soit les enseignants passeront sous statut de droit privé, soit leur statut se rapprochera de ce qui se pratique au niveau de la fonction publique territoriale. Ce que Pochard propose c’est de passer d’une fonction publique de carrière à une fonction publique d’emploi », commente Luc Bérille.

Tous les syndicats considèrent qu’ils sont à l’aube d’une remise en cause radicale du métier enseignant. « On va enfin s’affronter sur de vraies questions », lance Bernard Kuntz, secrétaire général du SNALC-CSEN. « Si le ministre ne prenait pas rapidement une distance importante avec son contenu, tous les éléments seraient réunis pour un conflit majeur avec notre profession », menace pour la part le SNES-FSU.

Une intersyndicale consacrée aux conclusions du rapport Pochard est prévue cette semaine. Cependant les analyses différent déjà. Très remontés, le SNES et le SNALC pourraient appeler à des mobilisations. Le SE-UNSA est lui plus prudent et veut attendre le début des négociations avec le gouvernement. Le mouvement syndical enseignant joue une bonne partie de sa crédibilité et de son avenir sur la concertation qui va désormais s’engager avec le ministre de l’Education nationale. Elle doit aboutir à la rédaction d’un Livre blanc de propositions concrètes sur les évolutions du métier, pour le printemps prochain.


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