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Médecine : deux épreuves des ECN 2017 annulées et une enquête lancée

Aurore Abdoul-Maninroudine
Publié le
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Deux épreuves des ECN 2017 ont été annulées, entraînant l'ouverture d'une enquête de l'inspection générale.
Deux épreuves des ECN 2017 ont été annulées, entraînant l'ouverture d'une enquête de l'inspection générale. // ©  Aurore Abdoul-Maninroudine
Deux des épreuves classantes nationales (ancien concours de l'internat) ont été annulées, soulevant un tollé parmi les étudiants en médecine. Le ministère des Solidarités et de la Santé et celui de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation ont annoncé le 22 juin la création d'un comité de suivi extraordinaire et demandé l'ouverture d'une enquête de l'inspection générale.

Alors que les ECN (épreuves classantes nationales) 2017 auraient dû se clore mercredi 21 juin, les 8.900 étudiants de sixième année de médecine ont planché sur de nouveaux sujets toute la journée du jeudi 22 juin, en raison de l'annulation de deux épreuves d'analyse de dossiers cliniques progressifs.

L'information a été officiellement annoncée mercredi 21 et jeudi 22 juin via des communiqués de presse de l'Anemf (Association nationale des étudiants en médecine de France), puis du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation. Ces épreuves sont pourtant de la plus haute importance pour les futurs médecins, puisqu'elles déterminent leur spécialité d'internat et leur région d'affectation.

L'élaboration des sujets au coeur de la polémique

La raison invoquée par le jury pour justifier ces deux annulations est celle d'un risque de "rupture d'égalité", certains étudiants ayant pu avoir connaissance du sujet : l'un des dossiers cliniques progressifs mis en cause est en effet tombé lors des ECN blanches nationales de 2016, tandis que l'autre était un sujet d'entraînement de la faculté de médecine de Lyon-Est, fait savoir l'Anemf.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, les sujets des ECN ne sont en effet pas créés spécialement pour l'occasion mais tirés au sort au sein d'une banque de sujets spécifiques. Or, et c'est là que le bât blesse, "des sujets d'entraînement se glissent régulièrement, par mégarde, dans cette banque d'épreuves", explique Quentin Hennion-Imbault, vice-président chargé des études médicales de l'Anemf.

Ouverture d'une enquête de l'inspection générale

Face à l'indignation des candidats aux ECN, les deux ministères concernés ont indiqué être "conscients que ces problèmes à répétition ne sont pas acceptables pour les étudiants" et annoncé l'ouverture d'une enquête de l'inspection générale. Un comité de suivi extraordinaire se réunira par ailleurs le 27 juin.

L'Anemf regrette de son côté "une récidive des problèmes rencontrés lors de la session 2016" et dénonce "l'incompétence" des organes chargés d'élaborer les sujets, qui témoigne d'un "manque de respect" envers les étudiants.


Aurore Abdoul-Maninroudine | Publié le

Vos commentaires (30)

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jacques.

Tout a fait d'accord avec les commentaires. Ajoutons que dans les énoncés des épreuves figurent encore des termes de l'ancienne nomenclature médicale alors qu' une nouvelle nomenclature pour nommer les choses existe depuis plusieurs années. C'est interdit d'utiliser l'ancienne mais elle persiste encore alors que les étudiants apprennent avec la nouvelle.Bravo !! Je crois qu'un grand coup de balais s'impose pour trouver la cohérence nécessaire qui n'existe pas parmi les responsables du choix de sujets et des organisateurs et gestionnaires des épreuves. C'est scandaleux !!!

MAINEMER.

Existe-t-il un recours collectif pour perte de chance ?

jacques.

Hélas il n'y a aucun recours,ils font ce qu'ils veulent ,ne sont pas sanctionnables et indéboulonnables à vie.Les mêmes sont à la fois" décisionnaire, juge et partie". Espérons que la saisie de l'inspection générale porte ses fruits.

mère d'une étudiante.

Le cou-près est tombé ... Ma fille est effondrée depuis ce jeudi noir, elle à eu à repasser comme tous ces jeunes courageux , travailleurs , des épreuves sur lesquelles elle avait cartonné le lundi et mercredi . Se trouvant ce fameux jeudi dans un état lamentable ( vertiges vomissements ) nuit blanche et pleures incessantes , incapable de se concentrer et de surmonter un épuisement latent .. épreuve donc totalement manquée ! Ces rêves se terminent donc ce jour ,loin de ce qu'elle espérait de ce classement ... adieux la spécialité désirée ! 6 ans d'études , de sacrifice, de travail acharné, ma fille force notre admiration, et ce sentiment d'injustice ce soir l'a détruite ! Nous voudrions déposer une plainte ; connaissez des personnes dans ce cas ? quelle procédure entamée ? Merci pour vos réponses Cordialement Mère d"une étudiante détruite

Rabourdin.

Madame Je lis seulement. ce jour votre message de retour de congés. Ma fille est aussi détruite par ces épreuves fiascos. Elle avait aussi bien réussi le lundi et mercredi. Le jeudi a été horrible, déconcentrée, épuisée psychologiquement par tous ces rebondissements. Repasser en septembre, puis en définitive le jeudi. Annoncé faite juste avant l épreuve de la lecture critique d articles. Inadmissible !!! En définitive : Mauvais classement loin des concours blancs. Adieu aussi la spécialité rêvée depuis des années,depuis le lycée . une bonne élève au lycée qui a fait toute son orientation pour faire médecine,et être gastro enterologue, 7 ans d études et voilà le résultat. Elle deviendra un médecin généraliste, aigri comme beaucoup d autres ou elle quittera le France pour réaliser son rêve dans un autre pays . Nul ce nouvel internat. Je suis moi même médecin spécialiste et très inquiète du psychologique de notre future relève qui après toute ses études difficiles ne feront même pas ce qu ils veulent !!! Pourquoi seuls les deux dossiers litigieux n ont ils pas été annulés ? Avez vous trouvé d autres personnes et porté plainte ? Merci pour vos réponses. Très cordialement Mère d une étudiante aussi détruite

Michelle.

Enseignante en BTS, les sujets d'examen de l'épreuve de 6 h sont inédits chaque anneé ! Nous y arrivons bien à Bac + 2 ... à Bac + 7 ce devrait être "un jeu d'enfant" ! En 2017, à l'heure du numérique de telles erreurs sont inconcevables. Les responsables doivent être renvoyés sur le champ pour faute grave sans indemnités et déchus de leur statut de professeurs. L'organisation de la session 2018 doit être confiée sur critères de compétences à des enseignants respectueux de leurs étudiants et consciencieux.

Maman d'une étudiante.

Tout est dit !!! Je pense très fort à ces quelques 9 000 étudiants qui méritent tant de respect !!! Et dont nous, parents, sommes si fiers !!!

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