Newsletter

Parcoursup : les universités sont-elles prêtes pour le deuxième round ?

Pauline Bluteau
Publié le
Envoyer cet article à un ami
La plate-forme Parcoursup entame aujourd'hui sa deuxième année d'existence, avec des attentes fortes de la part des universités.
La plate-forme Parcoursup entame aujourd'hui sa deuxième année d'existence, avec des attentes fortes de la part des universités. // ©  Nicolas Tavernier/REA
Après une première année placée sous le signe de l’expérimentation, Parcoursup revient. Malgré les disfonctionnements constatés en 2018, les universités ne semblent pas vraiment inquiètes par cette deuxième édition. Même si aucun changement majeur n’est prévu pour 2019, quelques améliorations sont tout de même souhaités par les présidents d’université.

Le compte à rebours est lancé. À partir d'aujourd'hui, les futurs étudiants peuvent commencer à s’inscrire sur Parcoursup et établir leur liste de vœux pour entrer dans l’enseignement supérieur. Pour les universités, cette date marque aussi le retour d’une longue et intense période d’analyse des dossiers et de classement des candidats. Une étape incontournable qui, après seulement un an d'utilisation de la plate-forme, ne semble pas inquiéter outre mesure les universités. Et ce, malgré quelques imperfections.

Pénurie de places

Calendrier trop long, surbooking, gestion des quotas parfois complexe… Le bilan de la première édition de Parcoursup est toutefois mitigé. "L’université de Paris 2 était très favorable à l’arrivée de la nouvelle plate-forme, mais aujourd’hui on est déçu et on sait pourquoi", martèle Antoine Billot. Le vice-président de l’établissement parisien regrette, en effet, de ne pas avoir pu accepter autant d’étudiants qu’il souhaitait à cause des frontières académiques. "Malgré la promesse du ministère de réunir Paris et sa banlieue pour qu’on puisse accueillir tous les Franciliens quelle que soit leur académie d’origine, le périmètre a été réduit à Paris intra-muros. Résultat : les lycéens de l’académie de Versailles et de Créteil ont candidaté au même titre que tous les étudiants non-franciliens." Une situation qui ne devrait pas se reproduire cette année, puisque Frédérique Vidal a annoncé mercredi 16 janvier 2019 la fin des frontières en Île-de-France, permettant à tous les Franciliens de postuler dans n’importe quelle académie de la région.

Pour l’université de Rouen, c’est également un problème du périmètre qui est remis en cause. Dans cette académie, le quota d’étudiants hors secteur était fixé à 1 %. Un taux relativement faible qui n’a, là encore, pas permis de prendre tous les candidats. "Nous avons eu des difficultés à répondre à toutes les demandes, notamment en PACES. Nous avons réussi à exaucer tous les vœux des Rouennais, mais beaucoup de Franciliens, qui avaient aussi fait des vœux dans notre université, n’ont pas été admis", appuie Joël Alexandre, président de l’université de Rouen.
À cela s’ajoute le problème de surbooking survenu dans plusieurs universités parisiennes pendant l’été. Résultat, fin juillet, le ministère de l’Enseignement supérieur avait incité les établissements à augmenter leur capacité d'accueil de 10 % pour intégrer les étudiants encore sur liste d’attente.

La plate-forme doit encore faire ses preuves

Autre mesure décriée de l'édition 2018 : le calendrier qui, selon le président rouennais, est responsable du retard pris pendant l’été pour organiser la rentrée. "Certains candidats ont conservé leurs vœux jusqu’à fin août. On était totalement bloqué. C’était vraiment une phase détestable pour tout le monde, les étudiants comme l’université", dénonce-t-il.

Lire aussi. Parcoursup : la phase principale au régime sec

Si la fin de la phase d’admission a, cette année, été avancée au 19 juillet 2019, certaines universités préfèrent rester prudentes. "Nous n’avons aucune idée de ce que cela va donner en pratique. D’autres problèmes vont peut-être émerger. Impossible de le savoir puisque c’est nouveau !", avoue Benoît Tock, vice-président de l’université de Strasbourg qui, comme son confrère à Rouen, s’inquiète aussi du remplissage de son université. "En droit, nous avons eu moins de candidatures et même quelques places libres à la rentrée, s’étonne Joël Alexandre. Difficile de savoir si c’est à cause des attendus, et notamment du questionnaire d’auto-évaluation qui a peut-être conduit certains candidats à l’autocensure, ou d’autres facteurs, mais le fait est que nous n’avons pas fait le plein." Quid de la PACES avec la réforme de santé qui prendra effet en 2020 ? "Nous aimerions pouvoir renseigner les familles qui se demandent comment se passera la transition, mais nous n’avons aucun élément à leur fournir pour l’instant", ajoute le président rouennais.

Des voix en faveur d’un retour à la hiérarchisation des vœux

Le classement des vœux n’est toujours pas à l’ordre du jour cette année sur Parcoursup. Certaines universités estiment pourtant que le ministère devrait revoir sa position. "Il faudrait que les candidats puissent faire un choix podium : trois vœux préférés, et en cas de réponse favorable dans l’une des trois formations, ils auraient l’obligation de l’accepter", suggère Antoine Billot. L'objectif ? Accélérer et fluidifier la procédure.

De son côté, le président de l’université de Rouen imagine une meilleure automatisation du classement, comme c’est le cas pour la filière STAPS. "Il y a une méthodologie qui lui est spécifique, et tous les établissements pratiquent la même puisque les attendus sont identiques ; ce qui n’est pas le cas pour les autres filières." Selon lui, fournir exactement les mêmes attendus sans distinction entre les universités permettrait d’être plus crédibles par rapport aux réponses envoyées aux candidats tout en facilitant le travail des établissements. "Il faudrait également pouvoir obliger les étudiants à intégrer un parcours 'Oui-si', même après l’inscription administrative, si nous estimons que les difficultés d’un élève l’exigent", prêche Benoît Tock.

Pas d’évolutions majeures pour 2019

Mais, pour l’heure, aucun changement notoire n’est prévu pour ces trois universités, à quelques détails près. À Rouen, le dispositif des parcours "Oui-si" sera introduit, comme prévu, pour les filières de droit, économie, STAPS et AES (administration économique et sociale). Une nouveauté qui a réclamé une hausse de 5 % du budget de l’université, soit 730.000 €. L’établissement normand mise également sur le développement des étudiants ambassadeurs pour accompagner les élèves du bac-5 au bac+3 dès 2019, grâce aux missions de service civique. L’université strasbourgeoise compte, quant à elle, préciser davantage ses attendus locaux par soucis de transparence et d’honnêteté envers les candidats.


Pauline Bluteau | Publié le

Vos commentaires (0)

Nouveau commentaire
Annuler
* Informations obligatoires