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Télécom ParisTech veut booster son fundraising grâce à Saclay

Morgane Taquet
Publié le
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Maquette du futur bâtiment de Télécom ParisTech à Saclay
Maquette du futur bâtiment de Télécom ParisTech à Saclay // ©  Télécom ParisTech

Télécom ParisTech s'installera dans cinq ans sur le campus de Saclay. Un projet immobilier d'ampleur dont l'école d'ingénieurs veut tirer profit pour attirer davantage les dons de ses anciens et des entreprises.

Ce n'est encore qu'un champ d'herbes hautes encerclé par les grues et les pelleteuses. Pourtant, Yves Poilane, directeur de l'école Télécom ParisTech s'y voit déjà. Au cœur du quartier de l'École polytechnique, entouré de futures résidences étudiantes, les bâtiments de l'école côtoieront de prestigieux voisins et partenaires industriels dont EDF, Thalès ou encore Danone.

Pour Télécom, il faudra attendre septembre 2016 et la pose de la première pierre pour voir les bâtiments sortir de terre. La livraison interviendra au premier semestre 2019, pour une ouverture à la rentrée suivante. D'ici à fin 2018, un bâtiment d'enseignement mutualisé réunissant Mines Télécom, Polytechnique, AgroParisTech, l'ENSTA, l'ENSAE et l'Institut d'optique devrait également voir le jour. En revanche, côté transports, l'ouverture de la ligne 18 prévue par le projet du Grand Paris attendra 2024.

Le budget prévu pour l'installation à Palaiseau s'élève à 145 millions d'euros, en grande partie financée par la vente des locaux parisiens (102 millions d'euros). La somme restante provient aux deux tiers des investissements d'avenir (16 M€ en 2013 et 12 M€ en 2015), auxquels s'ajoutent 12 millions d'euros de crédits budgétaires du ministère de l'Industrie et 5 millions d'euros qui seront piochés dans le fonds de roulement de l'école.

Le projet Paris Saclay est de nature à encourager les dons de nos diplômés. (Y. Poilane)

UNE STRATÉGIE DE MÉCÉNAT TOURNÉE VERS SACLAY

Télécom ParisTech mise également sur une stratégie active de mécénat pour financer "non pas l'immobilier, mais de nouvelles activités" de l'école dans le cadre du déménagement à Palaiseau. "Le projet Paris Saclay est de nature à encourager les dons de nos diplômés", assure Yves Poilane, qui réunissait, le 5 mai 2015, 150 mécènes et donateurs dans les locaux de Thalès à Saclay.

En 2014, les dons des diplômés à l'école représentaient 750.000 euros, soit deux fois plus que l'année précédente. Parmi les gros donateurs, l'alumni Patrick Drahi, P-DG de SFR Numericable, s'est engagé à hauteur de 10 millions d'euros pour la mise en place de plusieurs Mooc dans les 10 écoles de l'Institut Mines Télécom, dans les domaines de la cybersécurité, la réalité augmentée ou encore l'innovation numérique.

Autre exemple de projet financé par les alumnis : une chaire commune Polytechnique-INRIA-Télécom sur le big data pour l'innovation. Le recrutement d'un professeur "d'envergure internationale" est en cours, et le financement du poste sera assuré par les dons des alumnis pour la part de Télécom. Et l'école n'entend pas s'arrêter là. "Nous sommes dans une courbe ascendante et comptons sur un effet d'entraînement des dons. Notre ambition est d'être au moment de l'installation, en 2019, là où se trouve l'X aujourd'hui et donc de tripler notre volume de dons", espère Yves Poilane. Réponse dans quatre ans.

Les plans de l'installation de Télécom ParisTech à Saclay

Un programme pédagogique rénové
D'ici à l'installation à Palaiseau, l'école mise sur une réforme de la deuxième et troisième année effective dès la rentrée 2015. Avec une double ambition : introduire davantage de pédagogie par projets, et plus de sciences sociales et économiques appliquées au numérique dans l'enseignement des futurs ingénieurs.

"Nos ingénieurs doivent comprendre pourquoi Uber fait de la concurrence aux taxis, pourquoi Amazon met à mal les petits libraires, ou pourquoi Airbnb concurrence l'hôtellerie classique. Le numérique révolutionne l'économie et les rapports sociaux", explique Yves Poilane.

Morgane Taquet | Publié le

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Jean Rohmer.

S'il vous plaît,arrêtez l'anglais dans vos textes, ou alors publiez tout en anglais. Vous titrez "Booster son Fundraising" et vous éprouvez plus loin le besoin de traduire "pour attirer davantage les dons". Ceci témoigne d'une véritable colonisation de l'esprit, particulièrement virulente dans l'enseignement supérieur français, un vrai début d'asservissement intellectuel. Voir à ce sujet: http://plexus-logos-calx.blogspot.fr/2012/09/a0244-nous-nous-faisons-entuber-avec.html

Martine Debiesse.

Bonjour, Je voudrais réagir sur votre phrase " En revanche, côté transports, l'ouverture de la ligne 18 prévue par le projet du Grand Paris attendra 2024". La concertation post-débat public vient de démarrer le 4 mai au sujet de la ligne 18, avec 6 réunions publiques prévues (dont une sur le territoire de Paris Saclay). cela en prévision de l'enquête publique qui doit avoir lieu à la fin de l'année. Il serait donc bien d'attendre le résultat de cette enquête publique avant d'affirmer ainsi que le métro arrivera en 2024. Cette ligne est en effet contestée par des citoyens, par des associations et même par certains élus régionaux et des experts (http://www.colos.info/actualites/grand-paris/104-des-experts-du-transport-denoncent-la-gabegie-du-grand-paris-express). Plus de 2000 personnes ont déjà signé la pétition demandant qu'il ne se fasse pas, car des solutions alternatives existent (http://moulon2020.jimdo.com/2015/03/17/p%C3%A9tition-pas-de-m%C3%A9tro-sur-le-plateau/). Merci de votre écoute.

Sirius.

Il est extraordinaire de voir des oppositions à la desserte du site de Saclay. Il faut ne rien connaître des encombrements actuels des routes du plateau qui ne pourront que s'accroitre avec le développement du projet de l'université de Paris-Saclay. 2024 est déjà un horizon bien lointain, annonçant des années de calvaires pour les étudiants et universitaires du site.