Newsletter

Universités européennes : ces 17 alliances encouragent la mobilité étudiante

Amélie Petitdemange
Publié le
Envoyer cet article à un ami
Universités européennes : ces 17 alliances encouragent la mobilité étudiante
La première sélection des universités européennes ont commencé leurs activités à la rentrée 2019. // ©  Grecaud Paul/Adobe Stock
A la rentrée 2019, 17 universités européennes ont vu le jour afin de faciliter la mobilité étudiante. Le président Emmanuel Macron souhaite construire "au moins une vingtaine" d’alliances à l’horizon 2024.

A la rentrée 2019, 17 universités européennes ont commencé leurs activités. Ces alliances, rassemblant des établissements d’au moins trois pays européens chacune, ont été sélectionnées par la Commission européenne à la suite d’un appel à projets lancé en octobre 2018. Elles impliquent 114 établissements d’enseignement supérieur européens. La France est le pays le plus dynamique avec 16 établissements impliqués dans 14 alliances (voir notre infographie en bas de page).

L’objectif est de renforcer l’attractivité des universités dans la compétition mondiale et d’encourager la mobilité des étudiants européens. Grâce à ces alliances, les étudiants pourront obtenir un diplôme en combinant des études dans plusieurs pays de l’Union Européenne.

Créer des diplômes européens

"Nous allons créer des diplômes européens innovants. L’étudiant pourra faire un semestre à Marseille, un stage à Madrid, une spécialisation à Stockholm, puis partir à Budapest pour de la recherche. Tout cela aboutira à une licence ou un master", explique Capucine Edou, directrice des relations internationales à Aix-Marseille Université.

Son établissement fait partie de l’université européenne CIVIS, aux côtés de l’Université nationale et capodistrienne d'Athènes (Grèce), l’Université de Bucarest (Roumanie), l’Université Libre de Bruxelles (Belgique), l’Université autonome de Madrid (Espagne), l’Université de la Sapienza de Rome (Italie), l’Université de Stockholm (Suède) et l’Université Eberhard Karls de Tübingen (Allemagne).

Lire aussi : Universités européennes : tour d'horizon des établissements français lauréats

Les formations communes devraient voir le jour à la rentrée 2021. Des certificats CIVIS, qui viendront s’ajouter aux diplômes, seront également créés. "Il y a des freins réglementaires au niveau français et européen qu’il faudra lever pour créer ces diplômes communs. Un des objectifs de ces projets expérimentaux est justement d’identifier et de faire remonter ces difficultés", assure Jean-Marc Pons, chargé du projet CIVIS à Aix-Marseille Université (AMU).

Des modèles expérimentaux

Cette phase d’expérimentation sert également à trouver les modèles d’alliance les plus viables. Par conséquent, chaque projet sélectionné a un modèle propre. "Certaines universités déjà expérimentées se sont regroupées autour d’une université européenne généraliste, quand d’autres ont choisi de mettre en avant une spécialité. AMU est par exemple tournée vers la Méditerranée et l’Afrique, quand l’Université de Bretagne Occidentale s’est spécialisée sur les études maritimes et celle de Saint-Etienne sur l’optique", détaille Laure Coudret-Laut, directrice de l’Agence Erasmus+ France.

Lire aussi : Les universités européennes, pour "redonner un second souffle" au processus de Bologne

Un point commun rassemble tous les établissements lauréats de cet appel à projets : ils étaient déjà résolument tournés vers l’international. Les alliances entre établissements sont d’ailleurs souvent nées de partenariats existants. Selon une étude de l’agence Erasmus+, les établissements français engagés dans les universités européennes mènent en moyenne 4 actions Erasmus +. Ainsi, 63% d’entre eux ont des masters Erasmus mundus, 42% participent aux activités Jean Monnet et 38% sont dans un partenariat Erasmus +.

50% d’étudiants en mobilité

Avec ces projets, la Commission souhaite qu’un étudiant sur deux bénéficie d’une mobilité durant son cursus. Un objectif ambitieux, puisque environ 1 étudiant français sur 10 est en mobilité, selon l’agence Erasmus+. Cette mobilité pourra aussi bien être "physique" que "virtuelle". L’université européenne CIVIS va par exemple créer une plate-forme digitale pour favoriser les collaborations, de recherche notamment. Les étudiants des établissements partenaires pourront ainsi développer des projets ensemble.

Les 17 universités européennes lauréates sont en phase d’expérimentation pendant trois ans, avant qu’un bilan ne soit fait sur ce qu’elles ont mis en place. La Commission Européenne a par ailleurs lancé un second appel à projets en novembre 2019. Cet appel est doté de 120 millions d'euros pour financer 24 projets pilotes supplémentaires.


Amélie Petitdemange | Publié le

Vos commentaires (0)

Nouveau commentaire
Annuler
* Informations obligatoires