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Législatives : qui sont les candidats issus de l'enseignement supérieur ?

Céline Authemayou, Morgane Taquet
Publié le
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PAYANT - Cédric Villani
Parmi les 103 candidats "professeurs de faculté" aux élections législatives, Cédric Villani se présente dans la 5e circonscription de l'Essonne. // ©  Xavier POPY/REA
Comme en 2012, une centaine d'enseignants-chercheurs ont été investis pour les élections législatives. Parmi eux, Cédric Villani, Patrick Hetzel ou encore Jean Viard. Tour de France de ces candidatures.

Cent trois. C'est le nombre de candidats aux législatives se présentant sous la profession de "professeur de faculté" soit 1,3 % du total des 7.882 candidats, selon les données du ministère de l'Intérieur. À noter : la dénomination "professeur de faculté", issue de la classification du ministère de l'Intérieur, ne distingue pas les maîtres de conférences des professeurs d'université et des chercheurs.

En 2012, lors des précédentes législatives, ils étaient 108 des 6.606 candidats "professeur de faculté", soit 1,6 % du total des candidats pour ce scrutin. Parmi les candidats, 68 hommes et 35 femmes, soit 34 % de femmes. C'est moins qu'en 2012, où elles représentaient 40 % des candidates.

Une répartition, que Bruno Cautrès, chercheur CNRS en sociologie politique au Cevipof et enseignant à Sciences po, qualifie de "classique". "La fonction publique est traditionnellement très représentée parmi les candidats. On retrouve donc la sociologie habituelle de ce type de scrutin – cadres supérieurs, fonction publique, chefs d'entreprise –, qui n'est pas représentative de la société française."

Des candidats très à gauche

Traditionnellement, les enseignants du supérieur candidats se retrouvent majoritairement à gauche de l'échiquier. En 2012, c'est l'extrême gauche qui présentait le plus gros bataillon, avec 17 candidats. En 2017, l'extrême gauche présente 15 candidats, talonnant "La République en marche" qui en présente 16, et représente ainsi le plus gros pourvoyeur de professeurs du supérieur pour ce scrutin. Viennent ensuite les 13 candidats présentés par la France insoumise, et seulement neuf candidats pour le Parti socialiste (11 en 2012), suivis de très près par les écologistes, les communistes et les candidats divers gauche.

"Aujourd'hui, les enseignants sont beaucoup moins acquis au PS qu'il y a trente ans, analyse Bruno Cautrès. En 1981, il y avait beaucoup de professeurs parmi les députés élus dans la foulée de l'élection de François Mitterrand. Depuis, la sociologie du vote socialiste est devenue plus différenciée. Parmi les professionnels de l'enseignement, et chez les chercheurs, qui ont une attitude plus critique vis-à-vis du PS, il y a peut-être le souhait de participer à une reconstruction de la gauche beaucoup plus à gauche."

Les Républicains présentent six candidats (contre huit en 2012). Le FN, l'extrême droite et les régionalistes ne présentent qu'un seul candidat issu de l'enseignement supérieur. Debout la France n'en présente aucun.

La carte de France des candidats aux législatives

Cliquez sur la carte pour découvrir les candidats "professeurs des facultés" par circonscription. Si la carte ne s'affiche pas, cliquez ici.

Peu de députés sortants

À noter : sur ces 103 candidats, seulement six sont des députés sortants. Parmi eux, quatre candidats socialistes : Jean-Jacques Urvoas dans le Finistère, Sébastien Denaja dans l'Hérault, Karine Daniel en Loire-Atlantique et Daniel Goldberg en Seine-Saint-Denis. Et deux candidats Les Républicains, Sophie Dion en Haute-Savoie et Patrick Hetzel dans le Bas-Rhin.

En termes de répartition géographique, si 70 % des candidats sont investis dans des départements du nord de la France (au nord de La Rochelle), ils se répartissent de façon relativement homogène sur le territoire. Trois départements sont toutefois bien dotés : le Bas-Rhin (quatre candidats), l'Hérault (quatre) et le Rhône (cinq).

Quelques figures emblématiques

Le plus emblématique de tous les candidats du supérieur est sans aucun doute le mathématicien Cédric Villani, médaillé Fields en 2010. Également directeur de l'Institut Henri-Poincaré, il a été investi par La République en marche dans la 5e circonscription de l'Essonne. Toujours chez LREM, Jean Viard, sociologue et directeur de recherche au Cevipof, est candidat, sous la dénomination "retraité de l'enseignement", dans la 5e circonscription du Vaucluse, et à Lyon, Jean-Luc Fugit, vice-président de l'université Jean-Monnet (Saint-Étienne) et enseignant-chercheur en chimie, se présente dans la 11e circonscription du Rhône.

Du côté de la France insoumise, Charlotte Girard, maître de conférences en droit public à l'université de Paris-Nanterre, et coresponsable du programme de Jean-Luc Mélenchon, est candidate dans la 10e circonscription de l'Essonne. Chez les Républicains, l'historien André Kaspi est candidat dans la 1ère circonscription du Val-de-Marne, et Patrick Hetzel, professeur d'université en sciences de gestion et ancien Dgesip, dans la 7e circonscription du Bas-Rhin.

Autre figure, qui n'est pas professeur de faculté, mais qui a marqué l'enseignement supérieur ces dernières années : Najat Vallaud-Belkacem, qui était encore ministre de l'Éducation nationale il y a quelques semaines, se présente à Villeurbanne, dans le Rhône. Un scrutin qui s'annonce serré face au candidat de La République en marche, Bruno Bonnell.


Céline Authemayou, Morgane Taquet | Publié le

Vos commentaires (1)

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B. Jacquement.

Un article anecdotique sans interrogation de fond ! La surreprésentation d'enseignants dans les instances politiques fortement marqués à gauche est le résultat d'une forme de lobbying à la française. Des élus à gauche font voter par des gouvernements de gauche des politiques qui les servent.