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C. Pascal : "Les épreuves écrites garantissent une plus grande équité"

Amélie Petitdemange
Publié le
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C. Pascal : "Les épreuves écrites garantissent une plus grande équité"
Les écrits des concours d'entrée aux grandes écoles sont maintenus // ©  DEEPOL by plainpicture/Sam Edwards
En raison de l’urgence sanitaire, les épreuves des concours d'entrée dans les grandes écoles seront organisées du 20 juin au 7 août. Caroline Pascal, chef de l’inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche, préside le comité de pilotage qui a statué sur la tenue des examens et concours. Elle explique comment ils seront organisés.

Un comité de pilotage a été lancé pour organiser le nouveau calendrier des concours, comment a-t-il été défini ?

 // © Photo fournie par le témoin

Nous avons respecté quatre conditions : ne pas impacter les dates de rentrée, maintenir des vacances d’été pour les candidats et les jurys, prendre en compte les conditions dans lesquelles les candidats travaillent, et respecter l’ordre initial entre les concours.

Nous avons ensuite demandé aux écoles de nous proposer des calendriers. Le groupe de travail opérationnel, qui rassemble la DGESIP et quatre membres de l’inspection générale, a établi plusieurs scénarios à partir de ces propositions.

Lire aussi : Annulation des oraux d'entrée aux écoles de management : quid de l'équité ?

Le vendredi 17 avril, le gouvernement a rendu son arbitrage : il a choisi le scénario du 20 juin au 7 août. La ministre Frédérique Vidal déconseille fortement de faire des oraux mais le calendrier retenu laisse la possibilité de faire passer quelques épreuves additionnelles au besoin, comme les épreuves sportives pour les écoles militaires. C’est par exemple le cas de Polytechnique qui fait passer un oral.

Pourquoi ne pas avoir fait le choix d’un oral par visio-conférence ?

Nous y avons pensé mais c’est plus lourd à organiser qu’un écrit car les candidats passent un par un. C'est aussi plus long, car il faut un temps entre chaque oral.

La ministre, Frédérique Vidal, déconseille fortement de faire des oraux.

Avec les épreuves écrites, il y a une plus grande équité : les élèves ont préparé les épreuves dans les mêmes conditions jusqu’au 15 mars, et ils passeront tous les écrits dans les mêmes conditions. Avec la visio, les candidats auraient passé l’épreuve dans des conditions différentes, sans compter le risque de connexion défaillante. Et, bien que les professeurs aient tout fait pour maintenir la continuité pédagogique, c’était plus simple pour certains élèves que pour d’autres.

Où se dérouleront les concours ?

Nous démarrons le travail sur cette question de logistique, les deux dernières semaines étaient dédiées au calendrier. Nous allons lancer une première phase d’enquête pour savoir si les centres d’examens habituels sont disponibles. Ce sont souvent des lycées, qui a priori seront ouverts, mais ce n’est pas certain qu’ils puissent toujours organiser les concours. Nous mènerons aussi l’enquête auprès des candidats pour savoir si le lieu qu’ils avaient choisi leur convient toujours, car certains seront retournés à leur domicile familial. Cette double enquête prendra environ deux semaines.

Lire aussi : Confinement : l'évaluation des étudiants au cœur des enjeux des établissements

Il faudra aussi prendre en compte les doctrines des autorités de santé. Il est possible que nous ayons besoin de plus de centres d’examens que prévu afin de respecter la distanciation sociale. Pour trouver de nouveaux lieux, on se rapprochera des recteurs, de la CPU et des collectivités territoriales.

Quelles seront les conditions sanitaires ?

Nous sommes en attente de consignes du ministre de la Santé sur ce point. Nous devrons sûrement respecter une distanciation sociale, mais de combien de mètres ? Il faudra aussi a priori avoir des gels et des masques, mais seront-ils disponibles au grand public à cette date ou faudra-t-il les fournir ?

Ce que l’on prévoit déjà, c’est que les candidats soient moins nombreux dans une même salle. Il y aura aussi des consignes de sécurité sur les entrées et sorties qui seront échelonnées pour éviter les attroupements. Les centres seront aussi plus disséminés sur le territoire pour qu’il y ait moins de déplacements de candidats.

Ce que l’on prévoit déjà, c’est que les candidats soient moins nombreux dans une même salle.

L’état des lieux sera terminé à peu près quand les réponses sanitaires seront apportées, début mai. Nous aurons alors quelques semaines devant nous pour envoyer les sujets, voir si les centres d’examens suffisent et prendre les dispositions sanitaires nécessaires.

Quelles seront les conséquences pour les écoles, notamment en matière de recrutement ?

Le fait que le concours ne soit pas exactement sous la même forme conduit à un recrutement qui ne sera pas exactement le même.

Les promotions ne seront pas moins bonnes. En revanche, elles seront différentes, car l’oral modifie le profil de la promotion. Ce sera aux écoles d’adapter le contenu de leurs formations aux candidats qu’elles auront intégrés en 2020. C’est pourquoi nous tenons à ce que les concours retrouvent la totalité des épreuves pour l’année prochaine.


Amélie Petitdemange | Publié le

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Fritz.

En ce qui concerne l'équité: il serait intéressant de penser à une formation de "l'élite républicaine" équitable, c-à-d dans les universités, comme c'est le cas dans tous les pays européens qui nous envoient des étudiants en ERASMUS, souvent aussi bons que nos normaliens et autres polytechniciens.

CentriCentro.

J'espère que les bicorniauds de l'X ne vont pas se prendre une petite deuxième vague mais bien un tsunami la semaine de leur concours "si exceptionnel" qui a "si peu d'admissibles". Ils nous pompent et ils en sont fiers alors que leur classement THE ou Shangaï est toujours aussi tangent(e). Ah ! Ah ! Ah !

Frida la blonde.

Ce qui va mettre tout le monde d'accord, c'est que ces écrits risquent d'être tout bonnement annulés au dernier moment. Pas assez de masques, pas assez de centres d'examens respectant les consignes sanitaires, candidats outrageusement défavorisés (mal desservis, pas de transport, pas de logement), craintes des recours pour faire "casser" le concours (pratique habituelle en médecine).