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Monique Ronzeau : "les fragilités psychologiques des étudiants ont augmenté"

Delphine Dauvergne
Publié le
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Monique Ronzeau, présidente de l'OVE.
Monique Ronzeau, présidente de l'OVE. // ©  OVE
Si les étudiants de 2016 ont un regain d'optimisme sur leur avenir professionnel, un grand nombre d'entre eux sont stressés, voire épuisés, et un quart connaissent des difficultés financières, selon la dernière enquête de l'OVE. Décryptage avec Monique Ronzeau, sa présidente.

Quels sont les principaux points à retenir de l'enquête 2016 de l'OVE sur les conditions de vie des étudiants ?

Il n'y a pas de grands changements par rapport à l'enquête de 2013. Nous constatons une grande stabilité dans les évolutions structurantes des conditions de la vie étudiante, même si plusieurs tendances peuvent être relevées.

Parmi les différences entre les deux enquêtes, on note l'augmentation du poids de l'activité salariée, c'est désormais la principale source de revenus des étudiants.

L'optimisme par rapport à leurs études et leur insertion professionnelle a aussi augmenté, ce qui est étonnant, compte tenu du contexte économique peu favorable.

Autre constat : la diversification de la population étudiante continue de s'affirmer. Selon l'origine sociale et la filière suivie, les conditions de vie peuvent être très différentes, et la confiance en l'avenir n'est pas la même si l'on est élève en école d'ingénieurs (76 %) ou en sciences humaines (32 %). La satisfaction plus élevée des études dans les grandes écoles s'explique aussi par un sentiment d'appartenance plus fort dans les écoles. Les universités essaient depuis peu de faire des efforts, en développant par exemple des emplois étudiants sur leurs campus.

Si le moral des étudiants semble plus positif sur leurs études, l'enquête alerte sur un mal-être croissant. Quelles en sont les causes ?

Les fragilités psychologiques des étudiants ont augmenté par rapport à 2013, avec un pourcentage plus élevé chez les jeunes filles. Cette différence entre les genres a de nombreuses raisons, mais peut s'expliquer notamment par leur présence parfois minoritaire dans des filières masculines.

Plus de la moitié des étudiants sont stressés, 61 % reconnaissent être épuisés et 45 % ont des problèmes de sommeil, soit une augmentation de six points par rapport à 2013. Pression, contexte du chômage, insécurité... Les causes sont multiples. Ce stress correspond davantage à des périodes ponctuelles, comme celle des examens, mais les étudiants restent quand même dans l'ensemble optimistes pour la suite. À noter également, que les jobs étudiants sont source de stress et de tension nerveuse pour 52 % des étudiants exerçant une activité très concurrente des études.

Près d'un quart des étudiants déclare avoir des difficultés financières, cela explique-t-il que le poids des activités salariées soit plus élevé ?

Pratiquement un étudiant sur deux exerce une activité rémunérée pendant l'année universitaire. Ils étaient 45 % en 2013, leur nombre passe à 46 %, ce n'est pas une grosse augmentation, mais plutôt une constance stable. Les étudiants ne sont pas beaucoup plus nombreux à travailler mais ils travaillent plus. La part de l'activité rémunérée dans les ressources de l'étudiant est désormais de 33 %, contre 25 % pour les aides venant de la famille et 31 % pour les aides publiques.

L'impact d'un job étudiant sur les études dépend du type d'activité exercée, car cela peut parfois être un "plus" à faire valoir sur son CV. Si pour 54 % des étudiants, leur job leur permet de leur assurer une indépendance par rapport à leurs parents, 58 % admettent que cette activité leur permet d'acquérir une expérience professionnelle.


Delphine Dauvergne | Publié le

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Frida.

C'est bien triste. Faut dire en France, étudier n'est pris au sérieux que si on commence "par en chier"