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Accueillir 600.000 étudiants étrangers en 2025, mission impossible ?

Sandrine Mercier  |  Publié le

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Olivier Chiche-Portiche, directeur de la coordination géographique de Campus France.
Olivier Chiche-Portiche, directeur de la coordination géographique de Campus France. // © Campus France

Alors que le nombre d’étudiants en mobilité à travers le monde va doubler dans les dix ans qui viennent, la France tente d’attirer des étudiants venus de nouveaux pays, comme l’Iran. Explications d’Olivier Chiche-Portiche, directeur de la coordination géographique de Campus France, en marge de la réunion plénière du forum Campus France, le 10 décembre 2015.

Avec 300.000 étudiants étrangers, la France est le troisième pays d'accueil des étudiants en mobilité, selon l'Unesco. Comment conserver cette position ?

Aujourd'hui, on compte environ 4 millions d'étudiants en mobilité dans le monde. En 2025, ce nombre va doubler, pour atteindre 8 millions. Il faudrait être capable d'accueillir 600.000 étudiants, mais tout n'est pas qu'une question d'arithmétique. Est-on prêt pour les accueillir, en matière d'hébergements, de bibliothèques ou de recherche ? Les universités le souhaitent-elles ?

Plus qu'une question de chiffres, l'important est de rester dans le peloton de tête. Cela exige un redoublement d'efforts en termes de marketing et de promotion. De nouveaux pays rentrent dans la course comme la Chine, la Malaisie ou le Maroc. Ces derniers ont un positionnement d'attractivité régionale et prospectent sur les nouveaux bassins de recrutement : l'Indonésie, l'Arabie Saoudite, le Nigeria...

Quels sont les territoires à explorer pour attirer de nouveaux étudiants ?

Nous suivons le mouvement politique. Le président iranien était à Paris en novembre, et il a été convenu de relancer la coopération. Au printemps 2016, une délégation d'une vingtaine de directeurs et présidents d'établissements et de grandes écoles se rendra à Téhéran et Ispahan pour poser les bases d'une mobilité.

La France était auparavant le cinquième pays d'accueil des étudiants iraniens, nous sommes à la 11e place aujourd'hui. Les Américains et les Allemands sont déjà passés, il faut vraiment donner un coup d'accélérateur si on veut retrouver notre rang.

La France apparaît souvent comme une alternative aux gouvernements qui veulent limiter l'hégémonie anglo-saxonne. C'est le cas du Pakistan, pays où les conditions d'obtentions de visas ne sont vraiment pas simples. Mais des programmes de bourses où tout est pris en charge ont été développés depuis deux ans. Alors qu'on n'accueillait plus aucun étudiant pakistanais, ils étaient 100 en 2015 et nous en attendons 200 en 2016.

La France apparaît souvent comme une alternative aux gouvernements qui veulent limiter l'hégémonie anglo-saxonne.

Y a-t-il des évolutions à prévoir, notamment avec la montée en puissance d'Internet ?

On parle beaucoup de salons virtuels. Ils sont présentés comme le Graal puisqu'ils coûteraient beaucoup moins chers, les établissements n'ayant pas besoin de se déplacer. On s'est intéressé à la question en 2015, en Pologne et à Hong Kong, en travaillant avec les consulats sur place.

Il faut beaucoup de temps, d'énergie et aussi des budgets conséquents pour communiquer avant, auprès des étudiants ciblés. Pour qu'un étudiant clique, nous devons déployer de grands moyens ! Pour l'instant, nous avons des résultats mitigés. La démonstration n'est pas encore faite que cela marche aussi bien que du présentiel.

Sandrine Mercier  |  Publié le

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