En ce momentSebastian Stride : "Les classements mondiaux ne sont fondamentaux que pour une minorité d'établissements"
On en parlePalmarès 2018 : les écoles d'ingénieurs en mouvement
Actu | International

Classement QS 2016-2017 : écoles et universités françaises à la peine

Étienne Gless  |  Publié le

2

Paris Sciences et Lettres-PSL entre directement à la 72ème place du classement Times Higher Education World University. L'an passé, l'ENS Paris -membre de PSL- figurait seule et en 66ème position.
Paris Sciences et Lettres-PSL entre directement à la 72ème place du classement Times Higher Education World University. L'an passé, l'ENS Paris -membre de PSL- figurait seule et en 66ème position. // © letudiant.fr

Seuls 17 établissements français figurent cette année parmi les 400 meilleurs du monde. Le classement international des universités QS 2016-2017, dévoilé le 5 septembre 2016, confirme la tendance à la baisse des performances des universités et écoles tricolores.

La treizième édition du QS World University Rankings (www.TopUniversities.com) confirme la suprématie américaine. Sans surprise, comme l'an passé et l'année précédente. La nouveauté ? Pour la première fois, les États-Unis occupent les trois premières places du classement, le MIT (Massachusetts Institute of Technology) occupe toujours la 1re place, l'université de Stanford arrive 2e devant l'université de Harvard (3e). Les prestigieuses universités anglaises de Cambridge et Oxford pointent à la 4e et à la 6e place cette année.

L'ENS perd du terrain

La première institution universitaire française à figurer dans le QS reste l'École normale supérieure de Paris. Mais l'école de la rue d'Ulm dégringole de 10 places au classement général et est classée 33e cette année, même si elle figure à la 6e place mondiale pour la qualité de sa recherche.

"Le fait de progresser du 7e au 6e rang mondial pour la performance de notre recherche est encourageant, relève Marc Mézard, directeur de l'ENS. Il est toutefois certain qu’il y a des éléments à travailler. La politique française des Comue constitue l’une des réponses : la priorité est de poursuivre la dynamique de regroupement dans l'université intégrée PSL."

Trois universités sortent, une née de fusion entre

Au total, la France, qui comptait l'an passé 20 établissements classés parmi les 400 premiers, n'en compte plus que 17 : en recul l'université Toulouse 3 Paul-Sabatier, l'université Aix-Marseille et l'Insa de Lyon, qui quittent le top 400. Même l'École polytechnique ParisTech perd 13 places et est désormais classée 53e.

À noter cependant l'entrée, pour la première fois dans le classement et à la 206e place, de l'université Grenoble-Alpes (UGA), née début 2016 de la fusion des trois anciennes universités grenobloises. Au total cinq universités françaises figurent quand même parmi les 400 meilleures du monde.

Une réputation académique globalement en baisse

Explications avancées par Ben Sowter, le directeur du département recherche de QS : "La baisse de performance des universités françaises est due à leur affaiblissement dans trois des six critères de QS." Ainsi 74 % des 39 universités françaises examinées connaissent une baisse de leur réputation académique et 72 % une baisse de leur performance en recherche. Enfin, 62 % connaissent une baisse de leur ratio professeurs/étudiants.

Autre facteur aggravant, les difficultés qu'affrontent les universitaires étrangers pour leur transfert dans une université française : "Cela impacte négativement le critère 'corps professoral international'", analyse le directeur de la recherche de QS. Thierry Mandon en convient bien volontiers : "La France doit poursuivre et amplifier ses efforts de simplification et de fluidité de ses règles pour faciliter des recrutements d’universitaires étrangers", commente le secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur. Il convient aussi que des progrès en communication restent à faire "pour faire mieux connaître les modernisations de notre organisation et les moyens nouveaux dont seront dotés nos établissements".

des investissements déterminants

Pour analyser ces baisses, Ben Sowter évoque aussi  "la coupe budgétaire de 122 millions d'euros du budget de la Mission interministérielle recherche et enseignement supérieur [Mires] survenue au printemps 2016". L'annulation de crédits portait sur les programmes enseignement supérieur et vie étudiante. Il avait fallu la mobilisation de sept prix Nobel et d'une médaille Fields en mai pour que ne soient pas aussi coupés 134 millions d'euros de crédits aux organismes de recherche.

"Les classements cette année démontrent que le niveau d'investissement est déterminant pour les progressions tout comme pour les régressions", estime Ben Sowter. L'annonce de l'augmentation du budget de l'enseignement supérieur et de la recherche de 850 millions d'euros en 2017 changera-t-elle la donne ?

17 établissements français CLASSÉS dans le TOP 400 du QS 2016-2017

Rang 2016 Rang 2015 Établissements Évolution sur un an
33 23 École normale supérieure (ENS), Paris. –10
53 40 École polytechnique –13
141 137 Université Pierre-et-Marie-Curie (UPMC) –4
164 156 CentraleSupélec –8
177 188 École normale supérieure de Lyon +11
206 Université Grenoble-Alpes (UGA)
220 223 Sciences po Paris +3
221 222 Université Paris-Sorbonne (Paris 4) +1
228 240 Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne +12
241 241 Université Paris-Sud =
260 241 Université de Strasbourg –19
262 261 Université Paris-Diderot Paris 7 –1
264 293 École normale supérieure de Cachan +29
268 314 École des Ponts ParisTech +46
327 376 Université de Montpellier +49
356 369 Université Paris-Dauphine +13
377 387 Université Paris-Descartes +10

Source : ©QS Quacquarelli Symonds 2004-2016 www.TopUniversities.com   All Rights Reserved

Méthodologie
Fondé sur les réponses de près de 75.000 universitaires et de plus de 37.000 employeurs, le QS World University Rankings est établi sur la base de 6 indicateurs : la réputation académique (qui compte pour 40 %), le volume de citations par université (20 %) la réputation auprès des employeurs (20 %), le ratio professeurs/étudiants (20 %), le ratio d'étudiants internationaux (5 %) et le ratio d'enseignants internationaux (5%).

Étienne Gless  |  Publié le

2

2 commentaires
afficher plus de résultats
Laissez un commentaire :