François Bonneau : "Nous souhaitons attirer et retenir l’excellence en Centre-Val de Loire"

Propos recueillis par Dahvia Ouadia Publié le
François Bonneau : "Nous souhaitons attirer et retenir l’excellence en Centre-Val de Loire"
François Bonneau, président de la régoin Centre Val de Loire, répond aux questions d'EducPros. // ©  Photo fournie par le témoin
Les régions investissent de plus en plus l'enseignement supérieur et la recherche. Pour comprendre les dynamiques en cours, EducPros donne la parole aux présidents et présidentes de régions. Dans cet entretien, François Bonneau, président de la région Centre-Val de Loire, fait le point sur les projets pour développer l'offre de formations dans des villes moyennes.

Pour l'ensemble des régions de France, l'enseignement supérieur représente un enjeu d'attractivité, de dynamisme et de revenus économiques. La région Centre-Val de Loire comptabilise ainsi 67.000 étudiants pour 2,57 millions d'habitants. Dans un entretien pour EducPros, François Bonneau, président de la Région, analyse le développement de l'enseignement supérieur sur son territoire.

Quelle importance donnez-vous à l’enseignement supérieur dans vos politiques ? Quel est son poids dans votre budget ?

Le poids de l'enseignement supérieur dans le budget est proportionné à sa totalité. Si notre territoire se distingue dans un domaine, c’est bien sur le poids des collectivités dans les financements.

Les financements accordés par l’ensemble des collectivités entre 2018 et 2021 sont particulièrement remarquables. La région Centre-Val de Loire se positionne au 2e rang national avec une dépense de 17 euros par habitant par an en recherche, et de 446 euros par habitant par an en enseignement supérieur et vie étudiante.

Quels sont les caractéristiques, les enjeux et les problématiques propres à votre territoire dans le domaine de l’enseignement supérieur ?

Notre Région dispose de nombreux atouts au premier rang desquels les deux universités et l’INSA qui présentent de bonnes dynamiques. Une des caractéristiques de notre territoire est la grande importance des petits sites universitaires, dans la majorité des villes de taille moyenne. En Région Centre-Val de Loire, on peut accomplir toutes ses études ou les commencer près de chez soi.

En Région Centre-Val de Loire, on peut accomplir toutes ses études ou les commencer près de chez soi.

Nous avons deux problématiques : même si nos jeunes ont un taux de réussite dans la moyenne nationale, ils ont plus de mal qu’ailleurs à accéder aux études supérieures et à s’y maintenir.

Nous avons aussi une part importante de néo-bacheliers qui quittent la région. Sur ces sujets, nous agissons plus qu’ailleurs pour lutter contre l’échec et faire de Centre-Val de Loire un territoire pleinement accueillant.

Actuellement, quel est le projet le plus ambitieux que porte votre Région pour l’enseignement supérieur et la recherche ?

La période actuelle est importante pour la Région Centre-Val de Loire parce que nous sommes en passe de créer de nouveaux outils au bénéfice des étudiants et des chercheurs.

D’abord nous avons lancé un appel à projet inspiré de l’innovation sociale, en faveur des besoins quotidiens des étudiants : logement, santé, engagement, lutte contre les discriminations, etc. Il viendra financer des projets provenant de tous les bassins d’enseignement supérieur.

Ensuite, nous souhaitons attirer et retenir l’excellence en Centre-Val de Loire, par une politique de "package" au bénéfice des laboratoires qui souhaitent monter de nouveaux projets. L’esprit est de construire des aides autour du projet, avec les porteurs, et non pas d’appliquer au projet une grille de lecture propre.

Enfin, nous appelons à voir se développer dans tous les bassins des schémas locaux d’enseignement supérieurs de recherche et d’innovation qui viseront à mobiliser en local tous les acteurs.

Mettez-vous en place des dispositifs ou aides financières pour attirer et retenir les établissements du supérieur ? Lesquels ?

Notre premier poste de dépense en matière d’enseignement supérieur concerne l’immobilier. Jusqu’en 2027, nous allons investir 36 millions d'euros pour rénover et bâtir de nouveaux locaux pour accueillir plus d’étudiants, notamment en santé.

Notre premier poste de dépense en matière d’enseignement supérieur concerne l’immobilier.

Pour attirer de nouveaux établissements, les aides financières ne suffisent pas : il faut du foncier/immobilier, un écosystème d’acteurs, des entreprises engagées dans le projet, une image territoriale.

Les établissements de l’enseignement supérieur représentent-ils, pour votre Région, un outil d'aménagement du territoire ?

Ce que nous voulons, c’est que tous les bassins de vie disposent d’au moins une formation d’enseignement supérieur. L’idée est de maintenir les jeunes et les populations étudiantes partout parce qu’elles font vivre des petites et moyennes villes.

Nous construisons nos politiques de transport, de santé, de formation, etc. autour de l’idée de faire vivre les territoires en offrant des services aux étudiants où qu’ils se trouvent.

L’idée est de maintenir les jeunes et les populations étudiantes partout parce qu’elles font vivre des petites et moyennes villes.

Issoudun (36) est un bon exemple, avec un IUT dans une ville de 12.000 habitants. Il est très précieux pour cette ville, qui en est fière.

Quelles sont les retombées économiques des acteurs du supérieur et de la recherche pour les villes et les territoires ?

C’est difficile à quantifier, mais chaque territoire se bat pour abriter ou être connecté à une offre en matière d’enseignement supérieur et de recherche. Il y a des retombées économiques, mais aussi des retombées en matière d’attractivité, d’image et d’innovation.

Notre série : les enjeux de l'enseignement supérieur dans les territoires, vus par les présidents de Région

Pour comprendre les enjeux de chaque territoire, EducPros vous propose une série d'interview des présidents de Région.

À tous, nous avons posé les mêmes questions, pour pouvoir saisir les spécificités de leur Région, et permettre également de comparer les situations. L'entretien de Marie-Guite Dufay est le sixième de notre dossier

Vous pouvez également consulter les interviews :

Propos recueillis par Dahvia Ouadia | Publié le