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Comptes et décomptes des 66.000 postes supprimés à l'heure de la rentrée 2011 au lycée

Virginie Bertereau avec Natalie Fernandez  |  Publié le , mis à jour le

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Nicolas Sarkozy l’a promis : « la réforme du lycée se fera à moyens constants ». Jusqu’ici, la promesse a été tenue. Mais il n’empêche que les 66.000 suppressions de postes dans l’Éducation nationale recensées depuis 2007, en majorité des enseignants, impactent sa mise en œuvre.
Pour l’appliquer, à chaque lycée de faire son choix sur ce qui lui semble important de garder ou de supprimer. « Aujourd’hui, on regarde au plus près. Peut-être le fallait-il… Mais tout devient compliqué, jusqu’à la construction des emplois du temps. La marge que nous avions permettait des parcours plus individualisés. Cours artistiques, culturels, options… : le lycée offrait des palettes plus vastes. Cela faisait sa richesse. Aujourd’hui, les établissements sont mis en compétition », déclare Martine Duval, proviseur du lycée Charles-de-Gaulle à Rosny-sous-Bois.

500.000 élèves en moins

L’argument de la baisse du nombre d’élèves a souvent été avancé par le ministère pour justifier une bonne partie de ces coupes franches. « Nous avons 35.000 postes d'enseignants de plus qu'il y a 15 ans alors que nous avons 500.000 élèves de moins. Nous restons l'un des pays de l'OCDE qui investit le plus dans l'éducation », affirmait encore Luc Chatel, le ministre de l’Éducation nationale en juin 2011.

« La baisse démographique explique des suppressions de postes pour tel ou tel endroit. Mais on ne peut pas utiliser cet argument de façon globale au niveau national », nuance Claude Lelièvre , historien de l’éducation. D’autant plus qu’aujourd’hui, le nombre d’élèves au collège et au lycée est en hausse : la DEPP (Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance) a relevé +0,4 % des élèves du second degré à la rentrée 2010 par rapport à 2009 (+0,5 % en collège, +1,6 % en lycée professionnel et –0,4 % en lycée général et technologique). La DEPP prévoyait une hausse plus forte en 2011, avec l’arrivée des enfants du baby-boom de l’an 2000.

Des ajustements par petites touches

Sur le terrain, qui pâtit le plus de ces suppressions de postes ? Comment sont-elles absorbées ? Jusqu’ici, on a supprimé des postes de professeurs « en trop » (les « surnombres ») et de stagiaires avec la réforme de la formation des maîtres. La coupe a été relativement indolore. Pour 2011-2012, il faut chercher ailleurs. Certaines académies , certains établissements , certaines disciplines sont plus touchés que d’autres. Les classes sont parfois un peu plus chargées, les petits groupes un peu moins petits. Les professeurs doivent parfois jongler entre plusieurs établissements et/ou accepter de 2 à 3 heures supplémentaires par semaine en moyenne. « Dans beaucoup d’établissements, les tensions sont fortes avec les enseignants, et entre les enseignants. On est à l’heure près, voire à la demi-heure près, témoigne Patrick Fournié, proviseur du lycée Poincaré à Nancy et secrétaire national du syndicat Indépendance et direction. C’est dommage : la réforme du lycée amorcée depuis la rentrée 2010 n’est pas si mal, mais elle est mise en place dans un contexte de réduction de moyens qui ne facilite pas la tâche ».

Un effort insupportable… 30 ans de suite

Du côté du ministère, on nuance. « Sur la question des suppressions de postes, on raisonne toujours à une échelle macro. Il faut rapporter les milliers de suppressions de postes au nombre d’établissements. Cela revient à moins d’un professeur par établissement, indique-t-on au ministère de l’Éducation nationale. Ce serait un problème si cela se produisait 30 années de suite. Là, ce n’est pas insupportable ».

* Source : Repères et références statistiques 2008 et 2010, ministère de l’Éducation nationale.


Éducation nationale : la grève de rentrée

Les fédérations syndicales de l'Education nationale Ferc-CGT, FSU, Sgen-CFDT et Unsa Education ont appelé à une journée de grève le 27 septembre 2011 pour dénoncer les suppressions de postes qui "mettent l'école publique à genoux". Les syndicats dénoncent "les 16.000 nouvelles suppressions de postes effectives" prévues à la rentrée 2011 "alors même que plus de 60.000 élèves supplémentaires sont attendus". Les fédérations de parents d'élèves et d'autres organisations du monde de l'éducation pourraient s'associer à l'appel.



Virginie Bertereau avec Natalie Fernandez  |  Publié le , mis à jour le

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