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E-learning : Polytechnique, première école française sur Coursera

Sophie Blitman  |  Publié le

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Amphithéâtre à Polytechnique. © École polytechnique, J. Barande. Amphithéâtre à Polytechnique. © École polytechnique, J. Barande.

L'Ecole polytechnique se lance dans les MOOC : trois de ses cours emblématiques seront disponibles en ligne, à la rentrée 2013, sur la plate-forme américaine Coursera. Un premier pas, alors que le e-learning fait l'objet de réflexions au sein de ParisTech et de l'Idex Paris Saclay.

Depuis quelques mois, la vogue des MOOC (Massive Open Online Courses), ces cours en ligne ouverts à tous, a déferlé en France. Mais pour beaucoup d'établissements, la question se pose de savoir s'il faut investir dans ces nouvelles formes de e-learning, et comment.

Après Centrale Nantes et Télécom Bretagne qui ont lancé une première expérience à l'automne 2012, et Centrale Lille qui lance son propre MOOC le 18 mars 2013, l'Ecole polytechnique fait "le pari que les MOOC vont prendre de l'ampleur", comme le dit son directeur général adjoint à l'enseignement Frank Pacard, ce qui "pousse l'école à être présente dans ce mouvement". L'établissement a ainsi rejoint la plate-forme américaine Coursera, qui rassemble une soixantaine d'universités dans le monde, dont les prestigieuses Stanford, Princeton ou l'EPFL (Ecole polytechnique fédérale de Lausanne). 

Souci de visibilité

Trois cours emblématiques de l'X, dispensés en première année, vont être diffusés sur Coursera à la rentrée 2013 : une introduction à la théorie et au calcul des probabilités par Sylvie Méléard et Jean-René Chazottes pour les mathématiques appliquées, une initiation à la théorie des distributions par François Golse et Yvan Martel en mathématiques, et un cours d'informatique de conception et mise en œuvre d'algorithmes par Dominique Rossin et Benjamin Werner.

Ce partenariat vise tout d'abord à "accroître notre visibilité sur le plan international, explique Frank Pacard. De son côté, Coursera cherchait à promouvoir des cours francophones, alors qu'il existe déjà une importante offre anglophone". En outre, l'Ecole polytechnique va pouvoir bénéficier du savoir-faire de la plate-forme américaine, ce qui devrait lui éviter de se heurter à des problèmes techniques.

Autre avantage : entrer sur Coursera est gratuit. En revanche, précise Frank Pacard, "l’élaboration du matériel pédagogique (vidéos, cours écrit, exercices, simulations, ...) reste à notre charge". Ce qui, estime-t-il, devrait prendre autant de temps que la préparation classique d'un cours de première année.

Une première étape

Cependant, l'X ne compte pas s'arrêter là. "L'objectif, à terme, est de proposer notre propre plate-forme de cours en ligne, avance le directeur général adjoint à l'enseignement, soucieux de "ne pas dépendre uniquement de plate-formes d'autres pays" et surtout de "ne pas se contenter d'être suiveurs".

Dans cette perspective, si l'Ecole polytechnique a franchi le premier pas seule, elle entend ensuite mener des actions communes avec d'autres établissements afin, notamment, de permettre une mutualisation des moyens. "Nous souhaitions être pilote sur ce sujet, acquérir une expérience dont nous allons pouvoir faire profiter nos partenaires", explique Frank Pacard.

Nous ne voulons pas nous contenter d'être suiveurs (F.Pacard)


Depuis quelques mois, des réunions sur les MOOC ont lieu au sein de ParisTech. Egalement en contact avec Coursera, le PRES a mis en place un groupe de travail sur les méthodes pédagogiques qui pourront irriguer ces cours d'un nouveau genre. Mais c'est peut-être à l'échelle de l'Idex Paris Saclay que des initiatives verront le jour, le e-learning constituant l'un des axes forts du projet, porté précisément par l'X.

Reste ainsi à voir comment s'articuleront les différentes stratégies des écoles, de ParisTech et de la future université Paris Saclay. Car les MOOC n'échappent bien sûr pas aux enjeux de marque, au cœur de l'actuelle recomposition du paysage de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Sophie Blitman  |  Publié le

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