En ce momentEdTech : 12 start-up françaises à suivre
On en parleLe Cneser vote en faveur du projet de loi sur l'entrée à l'université
Actu | Innovation

Mooc : edX, un laboratoire pédagogique pour "happy few" français

Martin Rhodes  |  Publié le

0

Networking entre deux conférences edX
Près de 400 participants se sont réunis au forum annuel d'edX, du 14 au 16 novembre. L'occasion de partager leurs pratiques et leur vision de l'avenir des Mooc. // © Martin Rhodes

Dans la concurrence effrénée que se livrent les plates-formes de Mooc, edX fait partie des leaders. À l'occasion du edX Global Forum à Sorbonne Universités cette semaine, l'Institut Mines-Télécom et l'université Paris-Sorbonne expliquent l'attrait de la plate-forme, lancée en 2012 par Harvard et le MIT.

Après l'université de Boston en 2014 et celle de Georgetown en 2015, le forum annuel d'edX, dédié à l'avenir de l'éducation, s'est installé à Sorbonne Universités, du 14 au 16 novembre. Avec une question centrale pour la plate-forme de Mooc lancée en 2012 par Harvard et le MIT : demain, quelle sera la place de ces formations en ligne dans l'enseignement supérieur ?

"edX comptabilise aujourd'hui 1.200 cours en ligne, 1.000 universités et 10 millions d'utilisateurs", se félicite Anant Agarwal, le directeur général d'edX, avant d'ajouter : "70 % d'entre eux sont des professionnels diplômés ; 30 % des étudiants. "

Sorbonne Universités est l'une des rares Frenchies de la plate-forme, avec l'INSEAD et bientôt l'Institut Mines-Télécom. Quand Harvard propose une centaine de Mooc, le regroupement universitaire propose, parmi les cinq cours disponibles sur la plate-forme, une initiation à l'œuvre de l'écrivain Oscar Wilde et une introduction à la maladie d'Alzheimer et à sa prise en charge.

les français, "petits artisans d'edX"

 "Nous ne pouvons pas rivaliser avec les grandes universités américaines, qui produisent en masse. Nous sommes les petits artisans d'edX", ironise Benjamin Thierry, vice-président chargé des humanités numériques et des systèmes d'information à l'université Paris-Sorbonne, membre de la Comue.

Sorbonne Universités se distingue comme elle peut. Elle produit, au compte-gouttes et en langue française, des Mooc en lien avec les champs de recherche qui font sa renommée, comme les sciences humaines et sociales.

"edX offre la possibilité à Paris-Sorbonne de sortir du Quartier latin, lance Benjamin Thierry. L'un des objectifs est de nous faire connaître en région, en Europe et dans les pays francophones. L'autre enjeu se joue en interne. Les Mooc permettent de révéler et mettre au point des innovations pédagogiques utilisant le numérique. "Les cours en ligne nous permettent de tester des formats que l'on intégrera ensuite à nos cursus", précise-t-il.

edX offre la possibilité à Paris-Sorbonne de sortir du Quartier latin.

Pour le moment, deux pistes sont envisagées. Des Spoc (Small private online courses) – plus courts et destinés à un public plus restreint que les Mooc – pourraient voir le jour. Ils permettraient aux étudiants de combler leurs lacunes de manière autonome sur une matière ou sur un point précis. Paris-Sorbonne réfléchit également à des "parcours mixtes", mêlant cours en présentiel et cours en ligne.

Mines-Télécom en quête de visibilité

Membre fondateur de la plate-forme FUN (France université numérique), l'Institut Mines-Télécom, s'apprête, lui, à faire son entrée sur edX. Le Mooc "Digital Networks Essentials", en langue anglaise, verra le jour en janvier 2017. Par ailleurs, l'Institut propose une vingtaine de cours en ligne sur FUN et Coursera.

"edX est l'une des plus grandes plates-formes internationales. Elle va nous permettre de toucher une audience mondiale, tout en gagnant en visibilité", confie Ella Hamonic, chef de projet Mooc à l'Institut.

Pour l'Institut, l'autre enjeu important est "l'hybridité des formations". Il n'est pas question de remplacer les TP (travaux pratiques) ni même les échanges avec le professeur, mais bien de permettre aux enseignants qui le souhaitent de s'approprier les outils numériques.

"La cellule support existe depuis trois ans. Les professeurs que nous accompagnons expérimentent avec un enthousiasme croissant", constate Ella Hamonic. L'Institut dénombre 8.000 étudiants inscrits à au moins une de ses sessions Mooc.

"Je ne peux pas encore affirmer de manière certaine que les Mooc sont promis à un bel avenir, analyse Benjamin Thierry de l'université Paris-Sorbonne. Ils bouleversent notre pédagogie et nécessitent des moyens importants. Mais cela vaut le coût d'expérimenter."

Martin Rhodes  |  Publié le

0

0 commentaire
afficher plus de résultats
Laissez un commentaire :