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Erasmus pour tous, le nouveau rêve européen

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Erasmus
Moins de 5 % des jeunes européens bénéficient aujourd'hui du programme Erasmus. // © Fred MARVAUX/REA

Le débat sur les perspectives du prochain programme Erasmus, qui s'étendra de 2021 à 2027, a commencé. Mais derrière les grandes ambitions affichées d'un Erasmus pour tous, la question des financements reste entière.

L'année 2017 marque les 30 ans d'Erasmus. Aujourd'hui, le programme Erasmus +, qui court jusqu'en 2020, compte 33 pays participants et s'est élargi à des publics comme ceux des demandeurs d'emploi, des élèves – de la maternelle au lycée –, ou encore les apprentis. Et après ? La réflexion sur le programme 2021-2027 a déjà commencé. Une conférence internationale, organisée à Paris les 16 et 17 novembre par trois agences nationales, Erasmus, la française Erasmus + France, l'espagnole Sepie et l'estonienne Archimedes, a réuni plus de 250 professionnels de l'éducation et de la formation.

Malgré son succès, moins de 5 % des jeunes européens bénéficient aujourd'hui du programme Erasmus. "Il faut être neuf fois plus ambitieux que la formule actuelle", a recommandé en juin Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne. "Je souhaite que la moitié d'une classe d'âge soit en mobilité Erasmus d'ici 2024", a plaidé Emmanuel Macron lors de son discours à la Sorbonne le 26 septembre 2017. 

Atteindre cet objectif très ambitieux impliquerait que 400.000 jeunes français par an bénéficient d'une mobilité Erasmus d'ici à sept ans, contre moins de 75.000 actuellement. En 2017, 72.803 mobilités seulement ont été accordées pour 101.667 demandes. Plus de 290.000 jeunes Européens en ont profité en 2016.

Un programme plus inclusif

"L'enjeu du programme sera d'être plus inclusif et de profiter à tous : étudiants, mais aussi établissements, apprentis et les publics les plus défavorisés", préconise Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires. L'idée serait aussi d'élargir Erasmus aux migrants et aux personnes handicapées.

"À long terme, la perspective doit être celle d'un Erasmus pour tous. Il faut impérativement casser l'image de 'L'Auberge espagnole', c'est-à-dire d'un programme qui s'adresse aux élites qui font la fête tout en restant dans un certain entre-soi", plaide Pierre Moscovici. "C'est plus facile d'envoyer à l'étranger une personne qui en a les moyens que quelqu'un issu d'un milieu modeste", constate de son côté Pervenche Berès, députée européenne (Socialistes et démocrates).

Il faut impérativement casser l'image de "L'Auberge espagnole", c'est-à-dire d'un programme qui s'adresse aux élites qui font la fête tout en restant dans un certain entre-soi.
(P. Moscovici)

DES Capacités budgétaires Déjà insuffisantes

Même si son budget a augmenté de 40 % sur la période 2014-2020 pour atteindre 163,7 millions d'euros en 2017, Erasmus+ France n'a pas pu satisfaire tout le monde. "Il a manqué 49 millions d'euros cette année pour satisfaire toutes les demandes de mobilité", précise Laure Coudret-Laut, directrice de l'agence Erasmus+ France.

En ce qui concerne les partenariats avec les établissements, l'agence n'a pu financer que 216 projets sur les 298 présentés, essentiellement dans l'enseignement scolaire. "25 millions d'euros nous font défaut pour permettre aux entreprises, universités, écoles, lycées, associations ou centres de formation de mettre en œuvre un projet de partenariat avec un autre pays européen", pointe-t-elle encore.

Faire coïncider ambitions et financements

En 2018, le budget d'Erasmus + devrait augmenter, 14,8 milliards d'euros ayant été programmés au niveau européen pour 2014-2020. La Commission européenne propose d'accroître le nombre de mobilités accordées, ainsi que le montant des bourses d'études. Selon les pays, les étudiants en mobilité toucheront ainsi 30 à 70 € en moyenne de plus par mois l'an prochain. L'inquiétude porte sur les montants et la nature des financements du programme après 2020. Le 14 septembre, le Parlement européen s'en est inquiété et a adopté une résolution appelant à "des financements supplémentaires substantiels pour libérer tout le potentiel du programme"

Car derrière les grandes ambitions affichées, les États membre augmenteront-ils davantage leur contribution financière ? "Les capitales européennes affichent beaucoup d'enthousiasme, puis les ministres des Finances passent derrière !" relève Pervenche Berès, qui s'inquiète également des conséquences du Brexit : "À budget constant, avec le départ des Britanniques, l'Union européenne ne pourra pas augmenter le budget d'Erasmus."

Enfin, la nature même des financements du programme soulève des inquiétudes. "Déjà, pour la programmation actuelle [2014-2020], il a fallu se battre pour que les bourses Erasmus continuent à être des dons et subventions. Le risque, dans la prochaine programmation, que ces subventions soient transformées en dons et prêts est immense", alerte Pervenche Bérès. Les débats ne font que commencer.

72.803 mobilités pour la France en 2017

Le programme Erasmus + a accordé 72.803 mobilités depuis la France sur 101.667 demandes, réparties comme suit :

- Enseignement supérieur : 47.795
- Formation professionnelle : 22.091
- Enseignement scolaire : 2.454
- Éducation des adultes : 463.

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