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Le groupe Inseec U bâtit des ponts entre ses écoles

Cécile Peltier  |  Publié le

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Sur un marché hyper concurrentiel, l'EBS (groupe Inseec) veut clarifier son positionnement : international et tourné vers la créativité et l'entrepreneuriat.
Le campus Eiffel Ouest, situé dans le 15e arrondissement de Paris, accueillera le siège de l'Inseec U. // © EBS

Le désormais ex-groupe Inseec a dévoilé, mardi 28 novembre 2017, sa nouvelle identité et sa nouvelle stratégie. Née du rachat par le groupe Inseec des écoles Lauréate, l'institution entend multiplier les synergies entre ses écoles pour créer un ensemble "pérenne".

Adieu le groupe Inseec-Eiffel, bonjour "Inseec U". C'est le nouveau nom du mastodonte né en avril 2016 de la fusion des écoles des groupes Laureate (EBS, ESCE, ECE, IFG et CEPC...) et Inseec : "U pour 'l'union' qui fait notre force, mais aussi pour 'unique', symbolisé par notre engagement dans l'innovation et la RSE [responsabilité sociétale et environnementale] et enfin pour 'universel', une valeur incarnée par nos dimensions pluridisciplinaire, internationale et la diversité de nos étudiants", a décrypté la présidente du groupe, Catherine Lespine, mardi 28 novembre 2017, lors de la présentation des nouvelles identités et de la stratégie du groupe privé.

une structuration en quatre pôles

Avec ses 220 millions d'euros de budget et ses 23.500 étudiants, Inseec U figure, aux côtés de Ionis Group et de Galileo, parmi les leaders français de l'enseignement supérieur privé. Ces derniers mois, le groupe a fait l'objet d'un important travail de structuration. Désormais, il abrite quatre grands pôles : communication (4.000 étudiants), management (15.000 étudiants), ingénierie (3.700 étudiants) et sciences politiques (800 étudiants).

L'institution s'est également penchée sur le repositionnement de certaines de ses marques. C'est le cas du pôle management, qui concentre plus de 60 % des effectifs. Autour du "navire amiral" Inseec Business School, l'EBS, pilotée depuis la rentrée 2017 par Lamia Rouai, veut devenir la "business school de la nouvelle économie". L'ESCE, dirigée de nouveau par Jean Audouard, réaffirme quant à elle sa dimension internationale à travers la création de deux filières,"affaires internationales" et "sciences politiques", en partenariat avec HEIP, l'école des "Hautes études internationales et politiques" du groupe.

Programmes communs et mutualisation

Avec cette nouvelle stratégie, l'ambition de Catherine Lespine est claire : ne pas faire d'Inseec U un "conglomérat d'écoles", mais, au contraire, développer des synergies entre établissements. Ainsi, depuis un an, pas moins de 20 passerelles ont vu le jour. Au menu : des doubles, voire des triples diplômes (ECE-EBS, Sup de Pub et HEIP, entre autres), des semestres partagés, des programmes communs à l'étranger, des track online (géopolitique), des learning expeditions autour de thématiques spécifiques...  Et cela devrait continuer, l'objectif étant, à terme, de proposer à chaque étudiant un parcours transverse.

Ce croisement des disciplines s'est accompagné d'une mutualisation des moyens. C'est le cas notamment à l'international : grâce à la mise en commun des partenaires, le groupe peut revendiquer un portefeuille de 350 institutions. De plus, les campus étrangers de l'Inseec (Londres, San Francisco et Shanghai) sont désormais ouverts à l'ensemble des écoles du groupe.


Ce projet a été construit pour que les écoles du groupe restent ensemble de manière presque définitive.
(C. Lespine)


En matière d'entrepreneuriat, le programme StartUp factory permet à des étudiants des filières entrepreneuriat de l'ECE et de l'Inseec BS de séjourner successivement sur les campus de Genève, puis de San Francisco – ouvert en 2016, où ils ont notamment accès à TechShop, un immense fablab, ainsi qu'aux conférences et aux ateliers de l'incubateur de Berkeley, dans lequel Inseec U a investi un million d'euros.

La cohérence de groupe passe aussi par le partage des outils numériques, via une plate-forme pédagogique commune et la production d'une batterie de cours en ligne. Prochain défi, et non des moindres : fédérer les 120.000 anciens des écoles du groupe.

40 MILLIONS DE TRAVAUX 

Pour accompagner la mise en œuvre de cette structuration, le groupe s'est lancé dans un coûteux plan de réorganisation immobilière. À Paris, le but est de réunir l'ensemble des formations présentes dans la capitale autour deux clusters : Eiffel Ouest d'un côté, sur le site de l'ancien campus Laureate dans le 15e arrondissement, qui accueillera désormais le siège du groupe et Eiffel Est de l'autre, autour des sites Quai de Seine et Claude-Vellefaux (19e arrondissement). Ce dernier sera étendu, grâce à la location des anciens bâtiments de la préfecture de Police de Paris, mitoyens. Grâce à "une convention amicale" avec le descendant de Gustave Eiffel, l'Inseec U pourra continuer d'utiliser le patronyme du célèbre architecte, séduisant aux yeux de la clientèle étrangère...

Des projets sont également prévus sur les autres sites du groupe : déménagement du campus de Monaco début 2019 dans un nouveau bâtiment, extension du campus des Acacias à Genève et installation dans un espace de 12.000 m2 à Lyon.

Coût total de ces investissements immobiliers ? 40 millions d'euros. Des investissements en grande partie supportés par le groupe, qualifié par sa patronne de "rentable", sans excès.

VERS UNE REVENTE PROCHAINE ?

Cette stratégie doit permettre de créer un ensemble d'écoles pérenne, quand viendra l'heure de la revente pour ses actionnaires (Apax Partners, BPI France et Inseec Association) : "Ce projet a été construit pour que les écoles du groupe restent ensemble de manière presque définitive. Il n'y aura pas de vente par appartements", assure Catherine Lespine. Démentant par la même occasion les rumeurs d'une nouvelle session du groupe.

Cécile Peltier  |  Publié le

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