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NovoEd, des Mooc nouvelle génération

De notre correspondante aux Etats-Unis, Jessica Gourdon  |  Publié le

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Depuis sa création en 2012, NovoEd a levé 5 millions de dollars et rassemblé 33.000 inscrits, dont 10.000 ont terminé leur projet.
Depuis sa création en 2012, NovoEd a levé 5 millions de dollars et rassemblé 33.000 inscrits, dont 10.000 ont terminé leur projet. // © Jessica Gourdon

Comment aider les étudiants à rester assidus jusqu'à la fin du Mooc ? Pour la start-up californienne NovoEd, la solution réside dans le Mooc collaboratif, où les étudiants travaillent sur des projets liés au cours, même s'ils ne se trouvent pas dans la même ville ou le même pays.

C'est un fait connu : l'un des problèmes majeurs des Mooc réside dans leur difficulté à retenir les élèves jusqu'à leur terme. Seulement 8% des inscrits sont arrivés à la fin d'un cours complet, selon la dernière étude Harvard/EdX.

À ce défi, la start-up NovoEd, qui emploie 30 personnes à San Francisco, entend apporter une réponse : le Mooc collaboratif. Un Mooc qui intègre le travail en équipe, et où les étudiants, même s'ils ne sont pas dans la même ville ou le même pays, travaillent en groupes sur des projets liés au cours.

Un Mooc en mode projet

Comme Coursera, l'idée de NovoEd a germé sur le campus de Stanford. En 2012, Farnaz Ronaghi, Matt Glickman et Amin Saberi ont imaginé un Mooc en entrepreneuriat intégrant des projets de groupe. 33.000 personnes s'y sont inscrites, et 10.000 ont terminé leur projet.

De quoi donner l'envie à ces trois chercheurs, convertis à la philosophie du "learning by doing" et de l'apprentissage entre pairs, de créer leur plateforme de Mooc collaboratifs. La start-up NovoEd est ainsi née, et a levé 5 millions de dollars pour développer ce projet.

NovoEd en est persuadé : le secret de la fidélisation des étudiants, c'est leur collaboration sur des projets communs. Mais pas seulement. La plateforme utilise aussi d'autres techniques éprouvées pour favoriser l'engagement et l'apprentissage.

En termes d'abandons, nos résultats sont à peu près cinq fois meilleurs que ceux des Mooc classiques.
(A. Murphy)


Elle intègre des forums de discussions, des chats, permet aux élèves de créer du contenu (éléments de cours, tests...) eux-mêmes, dispose de diverses fonctions d'autoévaluation entre étudiants (non anonymes, insiste NovoEd), et de mentoring d'équipes par des professeurs ou des coachs.

Avec ces outils, Chuck Eesley, professeur à Stanford, affirme que 45% de ses élèves finissent son Mooc en "technologie et entrepreneuriat" diffusé sur NovoEd. "Globalement, en termes d'abandons, nos résultats sont à peu près cinq fois meilleurs que ceux des Mooc classiques", estime Alison Murphy, qui s'occupe du développement commercial de NovoEd.

Alison Murphy, en charge du développement commercial, et Farnaz Ronaghi, qui a imaginé NovoEd avec Matt Glickman et Amin Saberi.

Une technologie à vendre

Actuellement, NovoEd ne produit pas de cours : elle vend sa technologie, c'est-à-dire sa plateforme, à des universités, des entreprises ou des institutions diverses, qui l'utilisent pour diffuser leurs cours en ligne collaboratifs. Les débuts sont prometteurs : en deux ans, déjà 450 cours ont été créés sur NovoEd.

On y trouve ainsi un Mooc en histoire gratuit proposé par Princeton, où les élèves devront interpréter divers documents historiques. On peut aussi suivre des cours d'écriture (Iowa University), de business plan, de modélisation financière pour les ONG... Certains de ces cours sont gratuits, d'autres payants (entre 100 et 300 dollars en moyenne).

À partir du moment où les universités font payer leurs Mooc, il faut qu'elles puissent offrir autre chose que ce qui se fait actuellement.
(A. Murphy)

Pour utiliser la plateforme, les institutions ont le choix de payer un forfait à NovoEd, ou peuvent décider de partager les revenus issus du cours. Parmi les clients de NovoEd figurent aussi bien l'Université de Virginie, University College of London, des entreprises comme Unilever.... La plateforme met à la disposition de ses clients une équipe d'"intructional designers", qui les aident à concevoir et introduire des aspects collaboratifs dans leurs cours.

Pour Alison Murphy, NovoEd incarne la "nouvelle génération" de Mooc. Des Mooc plus impliquants, plus soucieux de leurs étudiants, offrant des services supplémentaires... Et payants. "À partir du moment où les universités décident de faire payer leurs Mooc, il faut qu'elles puissent offrir autre chose que ce qui se fait actuellement", pointe Alison Murphy.

Une plateforme appelée à être utilisée en interne

Au-delà des Mooc (gratuits ou payants) ouverts à tous, la plupart des clients de NovoEd (70%) utilisent la plateforme en interne, pour la formation continue des salariés ou pour des cours réservés à leurs étudiants. Dans ce cas, ces institutions paient un abonnement de 50 dollars par personne et par an pour utiliser la plateforme.

"L'idée, c'est que nos partenaires puissent, par exemple, utiliser NovoEd dans le cadre d'une pédagogie de classe inversée", explique Alison Murphy. Ou pour faire du "team building" avant une formation, poursuit-elle. "Georgia Tech a proposé aux participants d'une formation d'utiliser NovoEd en prétravail, avant leur séminaire. Les gens ont travaillé ensemble en ligne, et lorsqu'ils se sont rejoints pour la première fois, ils se connaissaient déjà." De quoi prendre une longueur d'avance.

Learning Expedition EducPros
NovoEd a fait partie des visites de la Learning Expedition EducPros dans la Silicon Valley début novembre 2015. La délégation s'est également rendue à Stanford, Berkeley, Autodesk, Techshop, Coursera...

Véritable plongée au cœur de l'innovation et de l'écosystème de la côte Ouest, ce voyage d'études a été l'occasion pour les participants de nouer de nouveaux partenariats et de faire émerger de nombreux projets.

De notre correspondante aux Etats-Unis, Jessica Gourdon  |  Publié le

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