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Quand le repérage des étudiants décrocheurs devient une science

Jessica Gourdon  |  Publié le

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USAGE UNIQUE
L'université du Texas et dix autres universités publiques américaines ont développé des outils prédictifs du décrochage. // © ILANA PANICH-LINSMAN/The New York Times-REDUX-REA

REPÉRÉ DANS LA PRESSE AMÉRICAINE. Pour lutter contre le décrochage de leurs étudiants, 11 universités publiques américaines ont décidé de mettre en commun certaines de leurs données éducatives. L'objectif : identifier les élèves fragiles pour adapter l'accompagnement qui leur est proposé.

Les données peuvent-elles aider à prédire le décrochage des étudiants ? Les 11 universités publiques américaines rassemblées dans le consortium UIA (University Innovation Alliance) en sont convaincues. Ces établissements ont décidé de mettre en commun certaines de leurs statistiques, données et observations, afin de développer des outils prédictifs du décrochage.

"Généralement, les universités interviennent lorsqu'il est déjà bien trop tard", remarque Bridget Burns, directrice du consortium. L'objectif de l'initiative est donc de pouvoir intervenir en amont, et de limiter ainsi le nombre d'étudiants qui arrêtent leurs études en cours de route, détaille le "New York Times".

Toute une série de signaux d'alerte

Au-delà d'une première identification des populations les plus fragiles – les étudiants boursiers, et ceux dont les parents n'ont pas fait d'études, – ces universités, comme celle du Texas, ont développé un système d'alertes à partir de données diverses. Mauvaise note à un examen, rendez-vous manqué avec un professeur, non-respect d'une échéance... L'un des indicateurs les plus significatifs pour prédire le succès ou l'échec d'un étudiant en cours d'année serait la première note obtenue dans sa majeure, selon la directrice de l'UIA.

Lorsque plusieurs signaux passent au rouge, les établissements peuvent proposer un accompagnement personnalisé : cours de soutien, aide financière, rendez-vous avec un conseiller, création d'un groupe de travail, etc. Depuis la création de cette alliance, la proportion d'étudiants qui ont obtenu leur diplôme a augmenté de 10 % au sein des universités membres, et même de 25 % parmi les boursiers.

Adapter et simplifier la communication

Outre l'analyse de toutes ces données éducatives, les universités du consortium échangent également sur les initiatives à mettre en place, à destination de ces élèves à risques, pour qui les difficultés commencent bien souvent avant même leur rentrée universitaire. Plusieurs établissements se sont par exemple aperçu que certains étudiants avaient du mal à comprendre les instructions et les informations qui leur étaient délivrées, notamment pour tout ce qui concerne les possibilités d'aides financières. Des systèmes de communication et des messages adaptés à ces destinataires ont ainsi été mis en place.

Mais la démarche va plus loin : elle vise aussi à impliquer les étudiants. Ainsi, à Austin, l'université du Texas a mis en place un réseau qui rassemble ces jeunes, afin qu'ils puissent travailler ensemble, s'entre-aider dans leurs recherches de stages ou le  choix de leurscours. Une façon de créer un sentiment d'appartenance à l'université, pour des élèves dont les parents n'ont pas toujours fait d'études supérieures.

Aller plus loin
- L'article du New York Times (en anglais)

Jessica Gourdon  |  Publié le

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