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Une plateforme web pour valoriser les compétences des docteurs en entreprise

Sophie Blitman
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MyDocPro, une plateforme pour mettre en relation docteurs et entreprises
MyDocPro, une plateforme pour mettre en relation docteurs et entreprises // ©  ABG

Portée par l'ABG (Association Bernard Gregory), MyDocPro est une interface entre les docteurs et les entreprises qui permet de créer des profils professionnels à partir d'un référentiel de compétences commun.

Soucieuse de développer les ponts entre les docteurs et l'entreprise, l'ABG (Association Bernard Gregory) apporte, en ce début 2015, une nouvelle pierre à l'édifice : une plateforme informatique qui vise à "faire avancer la reconnaissance effective des compétences des docteurs, en dehors du monde académique", selon les mots de Vincent Mignotte, directeur de l'association qui porte le projet.

Baptisé MyDocPro, celui-ci a été mené en partenariat avec la CPU (Conférence des présidents d'université) et le Medef, de manière à faire émerger un vocabulaire commun et construire un référentiel de compétences qui puisse être partagé par les docteurs, les établissements d'enseignement supérieur et les entreprises. Au total, une trentaine de personnes ont participé, via des groupes de travail, à son élaboration.

Des profils créés par les docteurs ou par les entreprises

MyDocPro permet aux docteurs de se constituer un portfolio de compétences en piochant dans différents items. Ils peuvent ainsi se forger plusieurs profils afin de mettre en avant tel ou tel aspect de leur projet professionnel, puis choisir de les rendre publics, ou bien de les conserver pour un usage privé s'il s'agit surtout pour eux de préparer un entretien d'embauche, en fixant par écrit quelques anecdotes destinées à convaincre le recruteur. En effet, l'ABG incite les docteurs à réfléchir à des exemples concrets qui illustrent telle ou telle compétence.

De leur côté, les entreprises peuvent bien sûr visiter le site, mais aussi mettre en ligne des exemples de profils qui les intéressent, sans les relier à des offres d'emploi précises. "Nous avons déjà un espace dédié au recrutement, insiste Vincent Mignotte. L'idée ici est davantage que les entreprises se créent un vivier de compétences."

La plateforme doit aussi servir d'outil au sein de la communauté : les responsables académiques pourront diagnostiquer les compétences peu développées chez leurs doctorants et décider, en fonction de la politique de chaque établissement, de mettre en place des formations.

24 compétences regroupées en 4 catégories

Sur les 24 compétences répertoriées, seules quatre sont purement scientifiques. Et "s'adressent à tous, qu'on soit mathématicien ou anthropologue, insiste le directeur de l'ABG. Ce qui compte pour une entreprise, ce n'est pas la capacité à résoudre des équations ou à fouiller la terre, mais l'expertise en termes de méthode, de raisonnement ou d'investigation."

Les autres catégories concernent les qualités personnelles et relationnelles (créativité, négociation, engagement…), la gestion de l'activité et la création de valeur (conduite de projets, management des personnes, orientation client…), et enfin la stratégie et le leadership.

"Si les compétences des docteurs sont parfois peu reconnues, ceux-ci ne sont pas non plus capables de tout faire, comme on l'entend parfois, prévient Sophie Pellegrin, responsable coordination et développement des formations à l'ABG. Cocher une dizaine de compétences constitue déjà un profil bien fourni."

En outre, chaque compétence est décrite à trois stades de développement, qui correspondent à trois étapes de la carrière : jeune docteur, chef d'équipe, et directeur de structure. Une manière de "sortir du jeunisme", glisse Vincent Mignotte qui souhaite aussi que la plateforme serve d'outil de réorientation.


Sophie Blitman | Publié le

Vos commentaires (1)

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Julien Hering.

Intéressant mais trois ans pour une sortir une plate-forme aussi fermée sur elle-même je reste très septique. Mon expertise sur ce genre de plateforme me laisse penser que sans ajustements il n'y aura pas beaucoup d'activités ni du côté des docteurs ni du côté des employeurs/recruteurs... Je ne suis pas surpris du résultat car le processus a été très fermé du côté des trois partenaires (ABG, CPU, MEDEF). Il manque une vraie réflexion sur les usages actuels des outils internets et RH 2.0...

Eric Hazard.

Effectivement, le site est joli, tout ça. Mais il nécessite que les formateurs et les recruteurs prennent le temps de s'inscrire dessus et de renseigner les informations. Pourquoi le feraient-ils ? Pas par mauvaise volonté mais simplement parce qu'ils sont présents ailleurs et que ce site ne parait pas non plus très incitatif. Encore un projet "gadget", expédié sans réflexion réelle sur le projet, comme vous dites. Dire que le but est de donner une image d'innovation...

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