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Université de Perpignan : les enseignants ont un semestre pour innover

Sophie Blitman  |  Publié le

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Signataires du contrat enseignant pédagogie innovante 2014-2015 à l'université de Perpignan // © Service communication UPVD
Signataires du contrat enseignant pédagogie innovante 2014-2015 à l'université de Perpignan // © Service communication UPVD

L'université de Perpignan a mis en place, depuis la rentrée 2014, un nouveau dispositif qui permet chaque année à une dizaine d'enseignants-chercheurs de bénéficier d'une décharge de cours pour s'investir dans un projet pédagogique innovant.

Améliorer l'étude des langues en associant cours classique avec un enseignant et séances en laboratoire de langues, faire construire un cours magistral d'informatique par des étudiants, s'appuyer sur la recherche pour rendre l'enseignement de la physique plus participatif… Tels sont quelques-uns des projets pédagogiques sur lesquels planchent, depuis la rentrée 2014, une dizaine d'enseignants de l'université de Perpignan. Un investissement pour lequel ils bénéficient d'une décharge d'un semestre de cours, dans le cadre d'un nouveau dispositif baptisé Cepi, pour contrat enseignant pédagogie innovante.

"Nous nous sommes aperçus que certains enseignants s'impliquent énormément pour améliorer les apprentissages et s'adapter à leurs étudiants mais qu'ils le faisaient de manière isolée, sans forcément communiquer avec leur équipe, ni surtout être reconnus", explique Pascale Amiot, vice-présidente Cevu (conseil des études et de la vie universitaire). D'où la volonté de valoriser ces initiatives, un peu à la manière du CRCT (congés pour recherches ou conversions thématiques).

50.000 € par an jusqu'en 2020

Concrètement, les enseignants-chercheurs dont les projets ont été sélectionnés bénéficient d'un allégement de service de 96 heures, ce qui ne les empêche pas, éventuellement, de conserver des responsabilités administratives. L'université dit en effet avoir eu le souci de "ne pas dépouiller les UFR. Le dispositif apporte un peu plus de souplesse qu'un congé sabbatique pur et dur", souligne Pascale Amiot. Pendant ce temps, les cours sont assurés par des vacataires ou des permanents dans le cadre de compléments de service. Les Cepistes quant à eux doivent préparer au moins 30 heures de cours correspondant aux objectifs de leur projet, si possible pour la rentrée 2015.

50.000 € ont été dégagés pour couvrir les heures de remplacement. "Il s'agit d'un vrai choix budgétaire et stratégique pour améliorer les enseignements et en créer de nouveaux, fait valoir la vice-présidente. Plutôt que de multiplier le tutorat ou les dispositifs de soutien, nous avons fait le pari que c'est en réfléchissant à la pédagogie qu'on va améliorer la réussite des étudiants." Et d'affirmer la volonté d'inscrire ce projet dans la durée : "Ce n'est pas un coup d'épée dans l'eau : le dispositif sera renouvelé jusqu'en 2020, nous avons prévu cela dans le budget."

Nous avons fait le pari que c'est en réfléchissant à la pédagogie qu'on va améliorer la réussite des étudiants.
(P. Amiot)

échanger, valoriser, diffuser

Pour assurer la continuité du dispositif, les bénéficiaires d'une année sont incités à être les encadrants de la suivante, tandis que les actions mises en place seront présentées à l'ensemble de la communauté. Une façon de valoriser l'implication des enseignants mais aussi de diffuser ces bonnes pratiques et d'inciter d'autres enseignants à se lancer.

En outre, le Cepi s'intègre dans un programme plus large qui comprend des cycles de conférences sur la thématique de la pédagogie universitaire. Si les Cepistes peuvent échanger avec les intervenants sur leur projet particulier, les conférences sont ouvertes à tous. "On sent un réel désir et même un besoin de parler de pédagogie, observe Pascale Amiot. Nombre d'enseignants-chercheurs ont le sentiment que c'est surtout la recherche qui est évaluée pour leur carrière, alors que certains sont aussi de véritables pédagogues dans l'âme."

L'UPVD se dit prête à partager son expérience avec d'autres établissements. À bon entendeur…

Sophie Blitman  |  Publié le

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