En ce momentSebastian Stride : "Les classements mondiaux ne sont fondamentaux que pour une minorité d'établissements"
On en parlePalmarès 2018 : les écoles d'ingénieurs en mouvement
Actu | Gouvernance

Hésam Université sort de la compétition des Idex

Camille Stromboni  |  Publié le

1

Laurent Carraro, directeur général d’Arts et Métiers ParisTech et membre de la commission permanente de la Cdefi
Laurent Carraro ne sera pas candidat à la présidence d'Hesam Université en janvier 2016. // © S.Meyer

Secoué par le départ de cinq établissements il y a un an, le pôle Hésam Université poursuit sa route. Si le regroupement d'établissements parisiens ne participe pas à la saison 2 des Idex, il conserve toute sa raison d'être, assure son président, Laurent Carraro.

Quelle est la situation d’Hésam Université – qui réunit notamment Paris 1, le Cnam et les Arts et métiers ParisTech – après cette année mouvementée, avec le départ de cinq établissements et le nouvel échec à la saison 2 des Idex (Initiatives d’excellence) ?

Les statuts d’Hésam s’appliquent depuis le 1er septembre 2015. Nous lançons désormais le processus d’élection des conseils, qui doit aboutir à celle du président de la Comue (Communauté d’universités et établissements), le 7 janvier 2016. L’objectif étant d’aller le plus vite possible, afin de pouvoir se concentrer sur l’essentiel : le projet commun. Et, comme je l’avais indiqué en prenant cette casquette, il s’agissait d’une mission transitoire, je ne suis donc pas candidat.

Préparez-vous une nouvelle candidature pour la deuxième vague de sélection des Idex et Isite ?

Non. Nous ne candidaterons pas à l’Idex. Ce serait beaucoup d’énergie et de temps perdus, pour un résultat connu d’avance. Nous avons rencontré cet été le ministère de l’Enseignement supérieur et les règles du jeu ne vont pas changer. Ce qui signifie, étant donné la manière dont nous concevons la gouvernance de notre pôle, que nous n’avons aucune chance, qu’il s’agisse de prétendre aux appels à projets Idex ou Isite.

Nous n’avons pas l’intention de raconter des choses auxquelles nous ne croyons pas, en dénaturant notre projet avec des promesses que l’on ne tiendra pas.

Il est très clair désormais qu’il faille explicitement envisager de fusionner des missions essentielles, comme les ressources humaines. Notre conviction est que cela n’a pas d’intérêt pour nos établissements, si différents.

Nous n’avons pas non plus l’intention de raconter des choses auxquelles nous ne croyons pas, en dénaturant notre projet avec des promesses que l’on ne tiendra pas. Nos équipes ne nous suivraient pas, de toute façon. C’est donc, sans amertume ni animosité, que nous avons fait notre deuil sur ce sujet, pour nous concentrer sur les actions communes, moins financées certes, mais plus profitables à moyen terme.

Que reste-t-il de l'ambition portée par le pôle Hésam ?

De nombreuses actions communes ! Nous allons développer des outils mutualisés. Par exemple en adhérant ensemble à "Fun Mooc". Nous enrichissons l’axe "Industrie et Territoires", qui était au cœur de notre Idex "Confluences". Nous allons nous positionner ensemble sur l'appel "Industrie du futur", lancé par le ministre de l'Économie, Emmanuel Macron. 

Cette problématique concerne en effet plusieurs de nos établissements, au-delà des Arts et Métiers ParisTech [dont Laurent Carraro est directeur]. Le Centre Michel Serres continue bien sûr à déployer son activité. Nous réfléchissons à sa déclinaison sur  les territoires, avec un premier pilote à Bordeaux. 

Certains remettent en question la survie de votre pôle, après ces difficultés. Pensez-vous que ces projets de mutualisation nécessitent une Comue ?

Il faut laisser bruisser le milieu universitaire parisien, qui aime jouer avec le mécano institutionnel. Bien sûr, de nombreuses autres configurations pourraient se défendre, on peut refaire l’histoire mille fois et imaginer de nouveaux scénarios. Mais il faut arrêter avec l’institutionnel : quand est-ce que l'on enseigne et que l’on cherche ? Il existe désormais une proximité entre nos établissements, inscrite dans la durée, ce n’est pas le moment de repartir à zéro ailleurs. Nous devons faire fructifier cette expérience commune.

Quant au format "Comue", la question dépasse Hésam. Cet objet est construit comme un intermédiaire entre le regroupement et l’université fusionnée. Je pense cependant que cela ne peut s’appliquer partout. Pour Hésam, la fusion est tout sauf pertinente.

Nous allions les sciences entre elles, au service de la société, avec les sciences humaines et sociales au cœur. C’est l’ADN d’Hésam


Nous sommes tout de même en avance en défendant ce modèle d’une structure légère qui porte la stratégie et des entités autonomes. Maintenant, je suis fonctionnaire, j’applique la loi, et j’essaie de dépasser le plus rapidement ce volet institutionnel pour m’occuper du fond.

Il n’y a qu’une seule question qui mérite d’être posée : la configuration actuelle a-t-elle toujours du sens ? J’en suis convaincu. Nous allions les sciences entre elles, au service de la société, avec les sciences humaines et sociales au cœur. C’est l’ADN d’Hésam et c’est une plus-value fondamentale pour demain.

Qui veut être président d’Hésam ?
Le pôle universitaire Hésam a lancé un appel à candidatures, le 22 septembre 2015, pour sa présidence. Les candidatures doivent être déposées d'ici le 30 octobre 2015.

La Comue (communauté d'université et établissements) parisienne réunit 12 établissements :
- l’université Paris 1
- le Cnam
- Arts et Métiers ParisTech
- l'ENA
- l'École du Louvre
- l'Ined
- l'ENSCI
- l'Ensa Paris La Villette
- l'ESCP Europe
- l'INP
- l'INHA
- le CNRS

En septembre 2014, l'EHESS, l'EPHE, l'EFEO, la FMSH puis l'école des Chartes ont quitté le regroupement. La plupart d'entre eux ont rejoint PSL (Paris Sciences et Lettres).

Camille Stromboni  |  Publié le

1

1 commentaire
afficher plus de résultats
Laissez un commentaire :