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À CentraleSupélec, ambiance électrique autour du nouveau cursus ingénieur

Laura Makary
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À CentraleSupélec, ambiance électrique autour du nouveau cursus ingénieur
Des personnels sont venus de Rennes et de Metz pour manifester sur le campus de Châtenay-Malabry. // ©  Laura Makary
C'est une semaine mouvementée à CentraleSupélec. Alors qu'un préavis de grève avait été déposé pour cette semaine, environ 200 personnels, enseignants et étudiants étaient mobilisés, ce jeudi 16 mars, sur le campus de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine), où se tenait le conseil d'administration. En cause : des questions sociales liées à la fusion, mais aussi la construction du cursus ingénieur de la nouvelle école fusionnée.

"Trois campus, un diplôme". Les slogans retentissent dans le bâtiment dédié à l'administration du campus de CentraleSupélec, à Châtenay-Malabry. À l'intérieur se tient le conseil d'administration du 16 mars 2017, comme l'indique un écriteau. À l'extérieur, des manifestants – enseignants, personnels et étudiants – avec pancartes, mégaphones et sirènes.

Depuis lundi 14 mars, l'ambiance est électrique à CentraleSupélec. Un préavis de grève a été déposé pour la semaine, reconductible. Avec pour point d'orgue une manifestation à Châtenay-Malabry, jeudi 16 mars, à l'occasion du conseil d'administration. 

200 manifestants devant l'école

Près de 200 personnes ont manifesté, dès 8 heures du matin dans la cour de l'école et devant le CA. Certains viennent des campus de Rennes et de Metz. "Je suis professeur à Supélec depuis 1983 et je n'ai jamais vu ça, je suis impressionné", commente Henri Delebecque. C'est aussi la première fois qu'il fait grève et manifeste. À côté de lui, un personnel acquiesce : "Nous aussi. Cela montre notre fatigue et l'accumulation de tensions au sein de l'établissement."

Si cette manifestation est aussi suivie, c'est qu'elle regroupe trois revendications différentes : un mécontentement contre une réduction du nombre de congés des personnels techniques et administratifs, une inquiétude face au déménagement du campus de Châtenay-Malabry sur le plateau de Saclay et enfin une hostilité à l'encontre du projet de nouveau cursus ingénieur. Les deux écoles (Centrale Paris et Supélec avec ses trois campus de Gif-sur-Yvette, Rennes et Metz) ont fusionné au 1er janvier 2015, mais conservent leurs cursus jusqu'à la rentrée 2018.

Au-delà de ces questions de cursus, nos personnels ont toujours la crainte que CentraleSupélec souhaite se séparer de Metz et Rennes, ce qui n'est pas du tout le cas.
(H. Biausser)

Création d'un cursus "ingénieur tech" très discuté

C'est la construction de cette nouvelle maquette pédagogique commune qui cristallise le plus de résistances, avec la création d'une seconde formation d'ingénieurs, dite "cursus tech ou expert", à côté du cycle ingénieur généraliste en préparation depuis la fusion. "L'annonce en décembre 2016 de la mise en place de ce cursus 'expert', avec un niveau de recrutement abaissé, déployé uniquement sur Rennes et Metz et baptisé initialement 'Supélec', témoignent d'un déficit avéré de volonté d'intégrer les Supélec au projet et de préserver la réputation de leur diplôme", estime notamment l'association des diplômés, Les Supélec, dans une lettre adressée au CA le 13 mars. 

Les manifestants jugent donc que la création de ces deux cursus, le généraliste pour le campus de Gif, le "tech" pour ceux de Rennes et de Metz, créerait une "école à deux vitesses", comme le souligne Hervé Frezza-Buet, délégué CGT et enseignant-chercheur au campus de Metz. "Le recrutement serait différent, le cursus généraliste recruterait les meilleurs étudiants, via les prépas les mieux cotées, tandis que l''expert' le ferait sur les prépas PT, en étant ouvert à l'apprentissage. Ce n'était pas du tout le projet initial, qui consistait à déployer un seul et même cursus sur trois campus", relève le syndicaliste.

Une inquiétude omniprésente dans la cour : "Nous jouons l'avenir de notre école. Je suis persuadé que la stratégie des deux diplômes est néfaste pour le futur. Cela fait trente-cinq ans que je travaille à Supélec, c'est la première fois que je vois une telle exaspération", soupire Bernard Jouga, directeur de la recherche du campus de Rennes. D'autant que les incertitudes sont nombreuses au sein du personnel quant à la préparation suffisante du dossier d'habilitation qui devra être rendu à la Commission des titres d'ingénieurs en juin 2017.

La stratégie des deux diplômes est néfaste pour le futur.
(B. Jouga)

Des "maladresses", selon hervé biausser

C'est pourquoi les représentants des personnels au CA avaient demandé d'inscrire la question de la nouvelle maquette pédagogique à l'ordre du jour du CA du 16 mars.  "Le président du conseil a refusé de voter sur notre motion", préviennent des syndicalistes un peu plus d'une heure après le début de la réunion. Les manifestants montent alors en trombe dans la salle du CA, qui s'interrompt.  "Le conseil d'administration, comme prévu, se prononcera mi-juin sur le sujet du cursus ingénieur. Quant au dossier du cursus tech, il est pour le moment suspendu", explique de son côté Estelle Iacona, directrice générale adjointe de CentraleSupélec.

Interrogé par EducPros à l'issue du conseil d'administration, Hervé Biausser, directeur général de CentraleSupélec, met en avant des "problèmes de communication" et reconnaît "des maladresses" à cause du "calendrier serré". Il annonce que le cursus tech "ne sera pas terminé pour 2018 et ne figurera pas dans le dossier rendu à la CTI en juin". Seul contenu dans ce dossier : le cursus généraliste CentraleSupélec, qui débutera à la rentrée 2018. "Les études auront lieu sur les trois campus, avec une première année à Gif et les deux suivantes selon la spécialisation des étudiants. C'était déjà le cas à Supélec auparavant", soutient le directeur.

"Au-delà de ces questions de cursus, nos personnels ont toujours la crainte que CentraleSupélec souhaite se séparer de Metz et Rennes, ce qui n'est pas du tout le cas. Nous avons lancé plusieurs projets sur ces campus et nous continuerons de le faire", assure Hervé Biausser.

Quelques heures plus tard, une rencontre entre direction et personnels était organisée dans un amphi du campus. La discussion est loin d'être terminée.


Laura Makary | Publié le

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FRABOULET David.

Indépendamment de tout autre chose, mon fils étant actuellement en cours de scolarité à Centrale, je peux vous confirmer que les frais de scolarité ont littéralement explosés. Il est rentré voici bientôt deux ans (sept 2015) avec des frais annoncés, de mémoire, à environ 1800€ pour la première année, suivi de environ 600€ pour les années suivantes. Dès la rentrée de sa seconde année, sans avertissement ni explication préalable ces frais sont passés à 2500€/an pour l'ensemble de la scolarité, y compris durant l'années de césure qu'il prévoit l'an prochain pour une autre formation. On peut appeler cela un changement de règles en cours de jeu, pour ne pas dire une rupture de contrat (au moins moral). Au total, sa scolarité nous coutera donc 10k€ sur 3+1 an, là ou on s'était engagés pour 3k€. Ceux qui clament depuis plusieurs années que le système Prépa+grandes écoles est fait pour les riches font finir par avoir raison. Aucune réponse de la direction de l'école à nos demandes d'explications. Nous avons trois enfants, plutôt en réussite scolaire. Faites le compte. Je signale d'ailleurs au passage qu'un autre de nos fils est dans une école du concours Mines (ISAE Toulouse), et que l'évolution a été similaire. En outre, les PPP montés pour construire les nouvelles résidences étudiantes ont eu à Toulouse pour conséquence corollaire une explosion aussi des frais d'hébergement. Je crains qu'il en sera de même sur le campus de Saclay. S'il existe des systèmes de bourse pour les classes sociales les plus modestes, pour toute la frange des classes sociales intermédiaires, cela va devenir de plus en plus difficile. Ce n'était pas le cas par le passé ou du fait des internats de prépa et des facilités de logement en école d'ingénieur, ces études n'étaient pas plus chères qu'un cursus universitaire, voire meilleur marché. Il faut se rendre à l'évidence, notre système républicain de formation d'excellence est en train d'en prendre un prodigieux coup, malgré les discours de soi-disant égalitarisme... Je serai ravi d'avoir une réponse de la direction de l'Ecole Centrale, et serais également ravi si au moins, par stricte décence, les frais de scolarité pouvaient être annulés ou réduits au minimum durant les années de césure (ou il n'y a pas de scolarité à ma connaissance). Je dois dire que mon fils reste ravi de sa formation et de son encadrement éducatif, ce n'est pas le problème. Le problème c'est l'évolution globale du système éducatif. Je croyais que l'objectif était un décloisonnement des formations et des recrutements, une fluidité accrue entre filières. C'est comme cela qu'on compte s'y prendre ? par le portefeuille ?

jbs.

Faites juste un petit calcul : si vous comparez le salaire moyen d'un Centralien à celui de la moyenne jeunes ingénieurs diplômés, il suffira qu'un diplômé de Centrale accepte pendant un an de s'en tenir au train de vie d'un ingénieur diplômé "moyen" pour rembourser le surcoût des droits de scolarité. Et n'oubliez pas que les boursiers sont exonérés...

Frida.

Hé Béh, le centralisme parisien a de l'avenir ...

Post-it.

"Les études auront lieu sur les trois campus, avec une première année à Gif et les deux suivantes selon la spécialisation des étudiants. C'était déjà le cas à Supélec auparavant", soutient le directeur. Ce qui est bien sur FAUX, les étudiants en première année à CentraleSupelec (cursus Supelec) peuvent actuellement étudier sur les trois campus. Même si les étudiants peuvent changer de campus en troisième année pour suivre une majeur de spécialisation qui leur plait, pensez vous que les élèves qui auront passé deux ans à Gif sur Yvette seront soudainement attiré par les campus "de province" qui proposeront moins de vie associative (~2700 élèves à Gif sur Yvette pour ~300 en province) alors que la majorité des majeurs seront disponible a Gif sur Yvette? "Au-delà de ces questions de cursus, nos personnels ont toujours la crainte que CentraleSupélec souhaite se séparer de Metz et Rennes, ce qui n'est pas du tout le cas. Nous avons lancé plusieurs projets sur ces campus et nous continuerons de le faire" Le projet de "Création d'un cursus "ingénieur tech" très discuté" est la solution trouvée pour empêcher ces campus de sombrer à cause du manque d'attractivité auprès des étudiants... Plutôt que travailler sur un cursus "généraliste" que l'on peut déployer sur les trois campus dans son intégralité... Le plus agaçant n'est pas que les campus de province deviennent les extensions spécialisées de CentraleSupelec Gif sur Yvette mais bien que la communication soit inexistante avec l'organisme décisionnel... "Le nouveau CURSUS UNIQUE n’en conduira pas moins à des profils plutôt Centrale ou Supélec sans qu’ils soient pour autant séparés. Il faut que nos partenaires retrouvent les diplômes auxquels ils sont habitués avec les mêmes qualités qu’auparavant. Nous ne voulons surtout pas gommer les forces des diplômés de chaque école." http://orientation.blog.lemonde.fr/2016/05/19/fusion-paris-saclay-international-herve-biausser-fait-le-point-sur-centralesupelec/ Le fait que l'ont ai pas encore officiellement étés mis au courant de la hausse des frais de scolarité. http://www.lemonde.fr/campus/article/2017/03/02/centralesupelec-ecole-d-ingenieurs-publique-porte-ses-frais-d-inscription-a-3-500-euros-par-an_5088382_4401467.html

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