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Enquête | International, Innovation

Israël en première ligne sur les formations à la cybersécurité

Nathalie Hamou  |  Publié le

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Le campus de l'université Ben Gourion du Néguev située à Beer Sheva.
Situé à Beer Sheva, le campus de l'université Ben Gourion occupe une place stratégique dans le domaine de la cybersécurité. // © Université Ben Gourion du Néguev

OFF TO START-UP NATION (3/4). Cible privilégiée des hackers, Israël a fait de la cyberdéfense un axe stratégique et érigé du même coup les formations à la cybersécurité en priorité nationale. Enquête en amont de la Learning Expedition EducPros dans la Start-up Nation, du 22 au 27 mai 2016.

Fin janvier 2016, le parc des expositions de Tel-Aviv a accueilli, pour la troisième année consécutive, CyberTech, le deuxième plus grand salon international de la cybernétique, derrière la conférence américaine RSA.

Sur les stands de la manifestation, des entreprises aux ambitions mondiales, et des étudiants rompus à la cryptographie ou à la sécurité des réseaux. La raison ? Poussé par sa situation géopolitique, l'État hébreu – l'un des pays à avoir connu le plus grand nombre de cyberattaques – s'est forgé un leadership dans la cybersécurité. Le pays compte près de 250 sociétés spécialisées dans le secteur. De quoi inciter les établissements de l'enseignement supérieur israélien à investir dans ce domaine.

L'université Ben Gourion, une longueur d'avance

Sponsor académique de CyberTech, l'université Ben Gourion (BGU), située à Beer Sheva, dans le Néguev, fait figure de pionnier. L'institution a ainsi profité de l'événement pour annoncer le lancement d'un programme d'été pour les étudiants étrangers dans le domaine du "data mining" (exploration de données) et de l'intelligence économique.

Rivka Carmi, présidente de l'université Ben Gourion du Néguev

"Le monde se tourne de plus en plus vers Israël en matière de cybersécurité, et BGU est devenu un acteur majeur tant sur le plan international que national dans ce domaine", a déclaré la présidente de l'institution, Rivka Carmi.

"Chaque année, nous sélectionnons 40 étudiants pour notre master, le premier du pays à avoir vu le jour dans le domaine de la cybersécurité, explique Bracha Shapira, qui dirige le département ingénierie et systèmes d'information de BGU. Une partie des candidats ont entamé une carrière dans l'armée ou l'industrie, d'autres ont décroché une licence dans le cadre d'un programme d'excellence. Nous comptons par ailleurs une quinzaine de doctorants dans le cyber ou dans l'analyse de données au service du cyber."

Le campus de BGU occupe une position stratégique, depuis que le gouvernement israélien a décidé de faire de Beer Sheva la capitale de la cybersécurité.

L’université de Tel-Aviv propose pour sa part une licence dans le domaine de la cybersécurité. Sans oublier les cursus mis en place par les écoles d’ingénieurs à l’instar du Sami Shamoon College of Ingineering de Beer Sheva.

Mais le campus de BGU occupe une position stratégique, depuis que le gouvernement israélien a décidé voilà environ cinq ans de faire de Beer Sheva la capitale de la cybersécurité. Non seulement BGU jouxte depuis peu le CyberSpark un tout nouveau parc industriel dédié à la cybersécurité, et composé des poids lourds du secteur tels qu'EMC, Lockheed Martin, Paypal, ainsi qu'une myriade de start-up. 

BGU a misé très tôt sur la "sécurité informatique", en nouant dès 2004 un partenariat avec Deutsche Telekom. Le géant européen des télécommunications a en effet ouvert son premier centre de R&D hors d'Allemagne sur le campus israélien, avant d'installer son laboratoire de recherche dans l'enceinte du parc CyberSpark voisin. Une structure dédiée aux technologies du futur qui fait plancher quelque 60 étudiants, des universitaires et les experts de Deutsche Telekom.

Tsahal, l'école des hackers

Mais l'université des portes du désert devrait aussi devenir la voisine dans les prochaines années d'un nouveau complexe censé accueillir les principales unités technologiques de l'armée israélienne, dont celles spécialisées dans la cybersécurité. Un vivier de talents informatiques qui constitue une aubaine pour la plupart des établissements d'enseignement supérieur du pays. Dans un pays où le service militaire obligatoire (d'une durée de trois ans pour les hommes et de deux ans pour les femmes) intègre désormais une filière cyberdéfense, Tsahal est devenue l'école des hackers...

Faisant valoir que l'espace virtuel peut être une zone de combat comme l'air, la terre ou la mer, le gouvernement israélien a en effet créé des unités cybernétiques au sein de son armée, dont les recrues sont capables de désamorcer les virus les plus dangereux en temps réel. Un parcours qui génère une ligne de CV décisive tant dans le monde de la recherche que dans celui des entreprises…

Des formation à la cybersécurité dès le lycée
La mobilisation des jeunes Israéliens autour de la cybersécurité intervient de plus en plus tôt. Témoin le lancement voilà trois ans d'un programme de formation à la cyberdéfense destiné à des lycéens âgés de 16 à 18 ans triés sur le volet. Un cursus mis en place de la seconde à la terminale – à raison de huit heures hebdomadaires.

Testé initialement sur des lycéens originaires de villes de développement situées en périphérie (comme Saint-Jean-d'Acre ou Beer Sheva), ce programme vise à entraîner les adolescents à de futurs rôles dans la guerre cybernétique menée par la communauté militaire et des renseignements.

Learning Expedition Start-Up Nation, du 22 au 27 mai 2016
Après New York, Boston et San Francisco, EducPros emmène, en partenariat avec Prime, l'Agence régionale de développement Paris Île-de-France, la Cdefi, la CPU et la CGE, une délégation de professionnels de l'enseignement supérieur à la découverte de l'écosystème d'Israël, la Start-up Nation.

Au programme : visites du Technion, de l'Institut Weizmann, de l'université hébraïque de Jérusalem, de l'incubateur MindCet, du Jerusalem Venture Partners, mais aussi des échanges avec des patrons de start-up innovantes et le French Tech Hub.

Ce voyage d'étude est l'occasion pour les participants de nouer de nouveaux partenariats et de faire émerger de nombreux projets.

Programme complet et inscriptions de la #LexSN.

Nathalie Hamou  |  Publié le

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