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Entretien | International

Hal Weitzman (Chicago Booth School) : "Notre objectif est d'influencer les leaders actuels et futurs"

Propos recueillis par Céline Authemayou  |  Publié le

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Le 24 septembre 2012, la Chicago Booth School nommait un directeur exécutif du capital intellectuel. Hal Weitzman, ancien journaliste au Financial Times, revient sur sa nouvelle fonction, qui consiste à promouvoir les recherches de l’établissement auprès des "décideurs influents".

Hal WeitzmanIl est difficile d'imaginer que votre établissement, qui jouit d'une excellente réputation, ait des difficultés à faire connaître ses travaux. Quelle est la situation actuelle ?

Certes, la recherche produite par le corps professoral de la Chicago Booth est internationalement reconnue et citée. De nombreux professeurs ont écrit des livres, contribuant à populariser leurs travaux. Pendant très longtemps, l'établissement a disposé d'une équipe marketing et d'un pôle relations avec les médias. Mais l'école n'a jamais eu un département entier dédié au recensement des recherches et à leur diffusion à un public non universitaire.

Cette mission est donc au cœur de vos nouvelles fonctions ?

C'est exact. Mon rôle consiste à réfléchir à la meilleure manière de présenter nos recherches à un public de décideurs influents : chefs d'entreprise, responsables politiques, commentateurs... Notre objectif est d'influencer les leaders actuels et futurs. Pour cela, il faut concentrer les efforts sur le contenu éditorial : production de magazines, blogs, vidéos, conférences... Ces ­initiatives doivent être adaptées aux différents publics. Wall Street sera, par exemple, intéressé par nos recherches sur les placements quand le Congrès américain préférera nos travaux ­dédiés aux questions de réglementation.

Combien de personnes travaillent dans votre équipe ?

Nous sommes trois, et deux personnes supplémentaires vont nous rejoindre. Les profils sont variés : une ancienne chroniqueuse de Forbes, un auteur, un développeur de vidéos... Nous ferons également appel à des spécialistes extérieurs pour écrire sur des sujets particuliers. Et si tout se passe bien, nous pourrons peut-être ­recruter d'autres personnes.

Le terme de "capital intellectuel" est emprunté au monde du travail. Certaines sociétés, à l'image de la firme suédoise Skandia, disposent d'un responsable du capital intellectuel. Les établissements sont-ils en train de devenir des entreprises ?

Non, et je pense qu'il y a une confusion quant à l'utilisation de cette expression. Lorsque Skandia ou une entreprise parle de "capital intellectuel", le terme englobe le capital humain et son capital structurel (la propriété intellectuelle de l'organisation). Pour la Chicago Booth School, le capital intellectuel comprend la recherche, l'analyse et les commentaires produits par notre corps professoral. C'est une définition très précise. Nous disposons de capital humain et structurel dans nos départements, à travers les personnels non académiques notamment, mais ce n'est pas la préoccupation de mon service.

Aujourd'hui, la communication se fonde énormément sur le "storytelling". Est-ce un vecteur que vous utiliserez ?

Absolument. Durant ma carrière de journaliste au Financial Times, j'ai pris un immense plaisir à écrire des articles qui racontaient de véritables histoires. Les histoires peuvent aider le lecteur à s'approprier des faits qu'il jugerait trop "secs" et ainsi attirer un nouveau public. La vidéo pourra nous aider à cela. Et contrairement au journalisme, où vous devez sortir pour trouver des histoires à raconter, nous avons au sein même de l'école des dizaines de grandes histoires. Tout ce que nous avons à faire est de trouver la meilleure manière de les transmettre !

Six prix Nobel
Créée en 1898, la Chicago Booth School compte six prix Nobel, et ses programmes sont régulièrement classés en tête des palmarès.
L'école porte le nom de l'un de ses anciens étudiants, David Booth (promotion 1971), qui a fait don de 300 millions de dollars à l'établissement.
À noter que, concernant le budget consacré à la valorisation du capital intellectuel de son école, la Chicago Booth School n'en dévoile pas le montant.

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Propos recueillis par Céline Authemayou  |  Publié le

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