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La fin des ECN, le vœu de Jean-Luc Dubois-Randé

Martin Rhodes  |  Publié le , mis à jour le

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Les étudiants de médecine manifestent, mardi 27 juin 2017, devant le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation.
Pour Jean-Luc Dubois-Randé, "le fiasco des ECN 2017 est appelé immanquablement à se reproduire". // © Aurore Abdoul-Maninroudine

Missionné par les ministères de l'Enseignement supérieur et de la Santé pour réformer le deuxième cycle des études de santé, Jean-Luc Dubois-Randé, président de la Conférence des doyens de médecine, propose tout bonnement de supprimer les ECN (épreuves classantes nationales). Il explique pourquoi à EducPros.

Jean-Luc Dubois-Randé, Président de la Conférence des doyens de médecine

L'ensemble des étudiants et des doyens s'entendent pour dire que les ECN ne sont pas équitables et qu'il faut donc s'en débarrasser une bonne fois pour toute. La proposition que je fais aujourd'hui s'appuie sur deux constats. Tout d'abord, le fiasco des ECN 2017 est appelé immanquablement à se reproduire. Pour rappel, le concours comprend des questions sur des situations pratiques [dossiers cliniques progressifs]. Or, il y aura toujours des étudiants pour plaider la rupture d'égalité et faire invalider le concours, au motif que tel ou tel cas ressemble beaucoup aux ECN blanches ou au sujet d'entraînement de telle ou telle université.

Ensuite, il faut bien voir que les futurs médecins ne sont pas épanouis dans leurs études. Ils ont le sentiment, et cela à juste titre, que les ECN décident seules de leur avenir professionnel. Ils se plaignent de la forte pression et du bachotage que ce concours occasionne en fin de parcours. Bien sûr, certains s'en tirent brillamment depuis le lycée. Mais tout le problème est justement là. Ce n'est pas parce qu'on est bon en bachotage que l'on fera un bon médecin.

Par ailleurs, les ECN ne départagent pas vraiment les candidats, puisque très peu de points séparent généralement les 5.000 ou 6.000 premiers. Tout se joue dans un mouchoir de poche, alors même que l'enjeu est énorme pour les étudiants en sixième année.

Si les ECN sont supprimées, par quel système souhaitez-vous les voir remplacées ?

Je plaide pour le contrôle continu, principalement. L'affectation doit notamment prendre en compte les notes obtenues tout au long des trois années d'externat. Pour une grande partie des étudiants, un profil professionnel se dégage très nettement de leurs résultats. Les ambitions professionnelles, le parcours et les initiatives étudiantes seraient les autres critères d'affectation. Il faut également valoriser les stages et les doubles-diplômes proposés par l'université. Une formation supplémentaire en sciences humaines et sociales est un plus pour devenir psychiatre, par exemple.

L'affectation doit notamment prendre en compte les notes obtenues tout au long des trois années d'externat.

Avec ce système, chaque étudiant obtiendrait, au fil de l'eau, une sorte de score, que les universités feraient remonter à une base nationale semblable à la plate-forme en vigueur, nommée Céline. Un jury souverain, sur le modèle des jurys passerelles, pourrait auditionner et départager les bons étudiants qui postuleraient à un même poste, et qui auraient obtenu le score de référence nationale.

Vous avez dévoilé ces propositions à l'occasion du Congrès de l'Ordre des médecins, qui s'est déroulé du 19 au 21 octobre 2017. Quand pourrait être mise en œuvre cette réforme ?

Pour être franc, rien ne garantit encore que les ministères de la Santé et de l'Enseignement supérieur vont adopter cette réforme. Mais disons que la réponse que j'avais faite au gouvernement suite à sa lettre de mission était déjà à charge contre les ECN... Cette proposition est donc en phase avec les inquiétudes que j'avais exprimées à ce moment-là.

Si le gouvernement annonçait la suppression des ECN en 2019, cette mesure concernerait les étudiants qui entreraient alors en troisième année [dernière année du premier cycle] et qui demanderaient une affectation en 2022.

Martin Rhodes  |  Publié le , mis à jour le

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