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Entretien | Gouvernance

Sophie Commereuc : "Sigma Clermont veut s'associer à l'Institut Mines-Télécom"

Céline Authemayou  |  Publié le

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L'ENSCCF (Ecole nationale de chimie de Clermont-Ferrand) © Joel Damase
L'ENSCCF et l'IFMA fusionnent au 1er janvier 2016 pour devenir Sigma Clermont. // © Joel Damase

Annoncée en septembre 2013, la fusion entre les écoles clermontoises IFMA et ENSCCF passe à la vitesse supérieure. Le nouvel établissement a désormais un nom : Sigma Clermont naîtra le 1er janvier 2016. Sophie Commereuc, directrice de l’ENSCCF et administratrice provisoire de l’IFMA revient sur cette naissance.

Sophie CommereucSigma Clermont verra juridiquement le jour le 1er janvier 2016. Au sein des deux écoles, la fusion a-t-elle déjà débuté ?

Annoncée en septembre 2013, la fusion a déjà débuté sur le terrain, en effet. Dès la rentrée 2015, nous sommes entrés dans le vif du sujet, puisqu'un certain nombre de services ont été mutualisés. C'est le cas des services des études, des relations internationales et des systèmes d'information, ou encore du bureau des stages. Les autres entités continuent de travailler ensemble, mais pour des raisons de temporalité – les services financiers travaillent en année civile–, l'intégralité de la fusion interviendra au 1er janvier 2016.

Nous nous étions fixé un rythme, que nous avons tenu. C'est la preuve que nous sommes adaptables et capables de nous mobiliser pour atteindre nos objectifs.

Après cette réorganisation, les agents des deux établissements conserveront-ils tous leur poste ?

Il est vrai que c'est un point qui a inquiété les personnels. Nous avons construit un nouvel organigramme, dans lequel toutes les ressources existantes sont nécessaires. Il faut bien avoir en tête que nos écoles sont loin d'être sur-dotées en personnel : la fusion ne nous permet certainement pas de faire des économies d'échelle et nous restons très contraints en termes de ressources humaines...

Dans quelques mois, "Sigma Clermont" deviendra officiellement le nom de cette nouvelle école. Exit, donc, "l'École des mines de Clermont-Ferrand"...

Nous avons toujours revendiqué le souhait d'être assimilés au groupement des Écoles des mines, car nous partageons les mêmes valeurs : proximité avec le monde socio-économique, soutien au développement économique du territoire, etc. Notre démarche a parfois été mal comprise : notre but n'était pas d'obtenir le nom mais plus un label. En mai dernier, nous avons présenté Sigma à l'Institut Mines Télécom, dont l'IFMA est déjà membre associé. Nous devons nous revoir dans les semaines qui viennent pour travailler ensemble à la place de la nouvelle école au sein de l'Institut. Nous militons en faveur d'une association la plus étroite possible avec l'IMT.

Revenons sur le nom : pourquoi votre choix s'est-il porté sur Sigma ?

Sigma, c'est la somme : la somme d'expertises, de compétences, de réseaux, d'élèves, etc. Mais il ne s'agit pas d'additionner deux entités. Pour nous, un plus un vaut beaucoup plus que deux !

Sigma, c'est la somme : la somme d'expertises, de compétences, de réseaux, d'élèves.

Puisqu'il est question de chiffres et d'addition, quid du budget de la future école ? Y aura-t-il, en l'occurrence, simple addition ?

Nous travaillons sur ce point... Il faut bien avoir en tête qu'une fusion est un processus coûteux, qui engendre des frais supplémentaires au démarrage. Efforts de communication, convergence des systèmes d'information... Nous sommes en phase de négociation avec le ministère pour que la masse salariale de l'ENSCCF, qui n'est pas aux RCE contrairement à l'IFMA, soit intégrée au budget de Sigma. Je ne suis pas inquiète, mais il est vrai que le budget est contraint.

Pouvez-vous espérer obtenir une dotation exceptionnelle ?

C'est un argument que je porte mais honnêtement, je n'y crois pas tellement. La situation financière est ce qu'elle est, c'est un fait et nous l'acceptons. Non, aujourd'hui, ce que j'ai le plus de mal à digérer, c'est la ponction sur le fonds de roulement opérée au sein de mon établissement l'an passé (l'ENSCFF a perdu 427.000 euros de sa dotation). Cet épisode a eu beaucoup de répercussion sur le moral des troupes...

Le rapprochement est promoteur de choses nouvelles, sans effacer ce qui existe.

Une fusion à Chimie Clermont, un projet similaire à Chimie Lille... Les écoles de chimie françaises sont-elles vouées à disparaître ?

La fin des écoles de chimie ? Certainement pas ! Cela tendrait à dire que Sigma ne sera pas une école de chimie. Or, elle conservera son diplôme d'ingénieurs chimie aux côtés de son diplôme de mécanique.

Aujourd'hui, force est de constater que ces écoles, de par leur histoire, sont restées des établissements de petite taille. La reconfiguration du paysage de l'enseignement supérieur français amène forcément à se poser des questions de rapprochement. C'est pour moi plutôt positif. À l'image de ce qui se fait à Sigma, le rapprochement est promoteur de choses nouvelles, sans effacer ce qui existe. On n'éteint pas les forces mais on répond à des besoins nouveaux. C'est dans cette démarche-là que les écoles se positionnent.

Sophie Commereuc, administratrice provisoire de l'IFMA
Directrice de l'ENSCCF depuis 2007, Sophie Commereuc est également depuis le mois de septembre 2015 administratrice provisoire de l'IFMA. Jean-Marc Lavest, directeur de l'école d'ingénieurs clermontoise depuis décembre 2014, ayant décidé de quitter ses fonctions pour rejoindre un poste à l'étranger. Ce dernier avait été nommé après plusieurs mois d'administration provisoire, suite au départ de Pascal Ray pour l'École des mines de Saint-Étienne, en juillet 2014.
Sophie Commereuc assure donc l'intérim jusqu'à ce que la nouvelle direction de Sigma Clermont soit installée. Un poste sur lequel la directrice se projette.

Céline Authemayou  |  Publié le

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