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À Nîmes, l'installation de HEI-ISA-ISEN menacée par des querelles locales

De notre correspondant à Nîmes, Guillaume Mollaret
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L'atrium de HEI, école d'ingénieurs de l'Université catholique de Lille
Basé à Lille, le groupe d'écoles d'ingénieurs HEI-ISA-ISEN projette d'ouvrir un campus à Nîmes, dans les locaux libérés par l'École des mines d'Alès. // ©HEI // ©  Sophie Blitman

Le groupe d'écoles d'ingénieurs HEI-ISA-ISEN devrait ouvrir des formations à Nîmes à la rentrée 2016, mais des intérêts financiers et politiques, indépendants du projet, menacent son implantation.

Elles sont nombreuses les collectivités locales à faire les yeux doux aux écoles pour qu’elles s’implantent sur leur territoire. À Nîmes, l’installation prévue à la rentrée 2016 du groupe d’écoles d’ingénieurs HEI-ISA-ISEN ne semble cependant pas aller de soi. Si, de son côté, l'école se dit "très heureuse de ce nouveau campus", les conditions de son accueil ne semblent pas tout à fait réglées.

Des éléments politiques et juridiques, étrangers au groupement nordiste, pourraient en effet contrarier cette installation prévue dans des locaux, propriété de la Chambre de commerce locale, aujourd’hui occupés par l’École des mines d’Alès – qui doit déménager en 2016.

Bataille d'élus locaux

Président de la communauté d’agglomération Nîmes Métropole, Yvan Lachaud (UDI) souhaite ardemment l’installation d’HEI-ISA-ISEN. Un établissement qu’il connaît bien puisqu’il est aussi directeur général de l’Institut d’Alzon, un important établissement privé partenaire de l’Isen Toulon sur certaines classes prépa.

Seulement voilà, l’ensemble des élus n’est pas convaincu du bien fondé de l’aide publique destinée à favoriser l’implantation d’HEI-ISA-ISEN. Amenée à se  prononcer, début juillet 2015, sur le rachat des locaux à la Chambre de commerce de Nîmes pour 5,3 millions d'euros, la communauté d'agglomération Nîmes Métropole n'a pas donné de blanc-seing à son président. Sur fond de guerre locale, Les Républicains et une partie de la gauche se sont abstenus (l'UDI, le FN, et une autre partie de la gauche votant pour). Résultat : la délibération est adoptée à l'unanimité... malgré près de 50% d'abstention !

Tout cela ne serait rien si le sénateur-maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier (Les Républicains), ne laissait planer la menace d’un droit de préemption pour empêcher le rachat des murs par l'agglomération.

CONFLIT COMMERCIAL

Autre difficulté : un conflit d’ordre commercial se profile entre la Chambre de commerce et l’École des mines d'Alès. Un conflit qui pourrait gréver la vente des murs à la communauté d’agglomération. Une convention de cession des murs à l'EMA pour l'euro symbolique au 1er janvier 2017 avait été signée entre les deux parties. Un accord, selon la CCI, rendu caduque par la décision de l'École des mines d'Alès, de quitter les lieux avant cette date. Le conseil d'administration de l'EMA ne l'entend pas de cette oreille et les avocats des deux parties tentent de trouver une solution amiable 

Didier Goguenheim, directeur de l’Isen Toulon en charge de l'installation HEI-ISA-ISEN à Nîmes, préfère ne pas s’appesantir sur ces turbulences et se concentrer sur son projet : "Nous créerons dans un premier temps un cycle assez généraliste de trois ans qui permettra une ouverture sur les différentes formations dispensées par le groupe." À terme, l'école envisage, pour les bac+5, d'ouvrir une formation tournée vers le secteur du numérique et de la santé. "Une ambition cohérente avec le tissu local", commente Didier Goguenheim. Nîmes abrite en effet une fac de médecine, un master en biotechnologies, ainsi qu'une fondation partenariale tournée vers la domotique. Reste aux élus locaux de s'entendre...


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