Audencia investit dans les EdTech

Cécile Peltier
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Audencia BS financera, à hauteur de 300.000 euros par an, des start-up spécialisées dans les technologies de l'éducation.
Audencia BS financera, à hauteur de 300.000 euros par an, des start-up spécialisées dans les technologies de l'éducation. // ©  Frédéric Sénard / Audencia
Audencia business school met l'innovation au centre de son nouveau plan stratégique #Audencia2020, dévoilé le 20 janvier 2016. L'école de commerce nantaise consacrera chaque année 300.000 euros au financement de start-up liées aux technologies de l'éducation. Et incubera au sein d'"Audencia New School" des programmes pédagogiques innovants. 

Pour se renouveler, toutes les idées sont bonnes à prendre. Fidèle à la technique de coconstruction adoptée pour l'élaboration de son nouveau plan stratégique 2016-2020, #Audencia2020 (28.000 personnes consultées et 1.000 contributions recueillies), Audencia a décidé de miser sur l'innovation ouverte.

À la manière d'autres grandes écoles, d'ingénieurs notamment, l'école de management se dote d'un fonds d'amorçage de start-up :"Audencia EdTech". Il sera, comme son nom l'identique, spécialisé dans les technologies de l'éducation. Et permettra de financer des projets du monde entier, sélectionnés après un appel à projets. Budget annuel de l'initiative : 300.000 euros.

Une somme qui pourrait sembler modeste au regard des levées de fonds pratiquées par certaines jeunes pousses, mais "assez considérable" pour une école nantaise. "300.000 euros par an, c'est l'équivalent de trois professeurs ou de 30 étudiants", commente Christophe Germain, qui occupe la direction générale du groupe depuis le départ de Frank Vidal.

Un modèle juridique et financier à trouver

Un comité de sélection, piloté par l'Institut pour l'innovation, le design et l'entrepreneuriat d'Audencia, sélectionnera un ou plusieurs projets porteurs dans lesquels investir chaque année. "Nous ne nous sommes pas fixés d'objectif chiffré, tout dépendra de la qualité des dossiers", souligne Christophe Germain. Le premier round sera lancé "d'ici juin." 

Reste encore à déterminer exactement sous quelle forme l'école pourra investir dans le capital de ces jeunes entreprises. "Très courante aux États-Unis, la pratique l'est moins en France. Nous allons devoir trouver un modèle juridique et financier pour cette prise de participation", poursuit le directeur.

En fonction des projets, l'école pourra associer à la démarche des entreprises partenaires, présentes dans ses chaires ou dans sa fondation. Les start-up retenues auront également accès, si elles le souhaitent, à des bureaux, une série d'événements et un réseau d'experts, de mentors et d'investisseurs...

Un laboratoire d'innovation pédagogique

Un terrain d'expérimentation privilégié pour l'école nantaise, qui veut aussi revoir ses pratiques pédagogiques. Dans la même logique d'expérimentation ouverte, elle mise sur la création d'"Audencia New School", un incubateur de pratiques innovantes, alimenté par un appel à projets, qui n'a pas encore été budgété. "Nous nous sommes dit que nous n'étions pas les mieux placés pour faire naître ces innovations, car trop imprégnés du classicisme de notre environnement", commente Christophe Germain. 

L'école de management passera chaque année par un appel à projets international, afin de détecter des "projets ou des programmes pédagogiques disruptifs", susceptibles d'être maturés par le laboratoire d'innovations pédagogiques, puis, en cas de succès, intégrés à ses programmes existants. Comme pour les Edtech, il s'agit aussi de capitaliser sur des projets émanant de ses propres équipes, comme le "Gmat digital", imaginé par l'un de ses professeurs et aujourd'hui développé par Google.

Hors de la business school

Les projets retenus seront déployés et testés auprès d'étudiants volontaires au sein "d'une classe physique ou virtuelle", en dehors des cours classiques. Après une phase de test, les "bonnes pratiques" tirées du laboratoire ont vocation à infuser l'ensemble des programmes de l'école.

En attendant, afin de ne pas déroger aux règles imposées par les sacro-saintes accréditations internationales, l'école a pris soin de circonscrire ces expérimentations à sa "New School", une structure indépendante de la business school. Expérimenter, certes, mais avec prudence...

Plan 2020 : cap sur l'international
Concurrence oblige, Audencia affiche, comme ses consœurs, dans son nouveau plan stratégique 2016-2020 des ambitions non plus "internationales", mais "globales". Objectif d'ici à cinq ans : atteindre 4.700 étudiants contre 3.100 en 2016, dont 40% d'étrangers au lieu de 25% aujourd'hui.

L'un des moyens d'y parvenir passe par la création de nouveaux campus à l'étranger. Implantée depuis deux ans en Chine, la business school nantaise va investir dans le cadre de l'Alliance (Centrale-Audencia-Ensa Nantes) dans deux nouveaux sites, en collaboration avec des institutions locales. 

Un premier projet devrait voir le jour d'ici la fin de l'année en Afrique subsaharienne et un second en Amérique du Sud,"au Brésil, au Chili ou en Colombie", avance Christophe Germain. Chaque campus devrait accueillir "200 à 300 étudiants" (essentiellement locaux) d'ici à cinq ans sur des programmes de formation initiale et continue.

Cécile Peltier | Publié le