Avec qui pourraient gouverner les nouveaux ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur ?

Franck Dorge, Maëlle Flot, Sylvie Lecherbonnier, Isabelle Maradan et Mathieu Ou
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Vincent Peillon et Geneviève Fioraso viennent respectivement d’être nommés ministre de l’Éducation nationale et ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. George Pau-Langevin obtient un ministère délégué à la réussite éducative. L’éducation, la jeunesse, la connaissance font partie des priorités affichées par le président de la République François Hollande dès son entrée en fonction, et les nouveaux ministres vont devoir aller vite pour mettre leur marque sur la rentrée 2012, déjà préparée par l’ancien gouvernement. De qui vont s’entourer les nouveaux ministres pour mener à bien leur politique ? Quels vont être les conseillers qui comptent ? Y aura-t-il un renouvellement des générations ? Revue de détail des personnalités en vue.

Pour nommer leurs collaborateurs, les ministres vont d’abord faire face à un casse-tête générationnel. Le PS (Parti socialiste) n’a pas gouverné depuis dix ans. De ce fait, beaucoup de ceux qui sont passés par un cabinet, un rectorat ou une direction d’administration centrale sont aujourd’hui âgés de plus de 55 ans. Selon plusieurs experts, une nouvelle génération devra émerger.

Reste que certains profils expérimentés seront incontournables. Beaucoup ont fait partie de l’équipe de Vincent Peillon pendant la campagne présidentielle de 2012. D’autres participaient au groupe Marc Bloch, think tank de gauche, social-démocrate, travaillant sur l’enseignement supérieur et la recherche. Pour le moment, chacun s’en tient à une stricte discrétion.

Les incontournables

Issu de la fameuse promotion «Voltaire» à l’ENA, dont fait partie François Hollande, Pierre-Yves Duwoye , 61 ans, conseiller-maître à la Cour des comptes, ancien secrétaire général des ministères de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche de 2007 à 2011, fait incontestablement partie de ces personnalités incontournables.

Autre nom très cité pour une direction de cabinet, d’administration centrale ou un poste de conseiller spécial : Jean-Paul Delahaye. Inspecteur général de l’Éducation nationale, professeur associé à l’université Paris-Descartes, ce proche de Vincent Peillon a été conseiller du ministre de l’Éducation nationale Jack Lang et doyen du groupe Établissements et vie scolaire de 2002 à 2006. Pour la petite histoire, il a passé sa thèse sous la direction de Claude Lelièvre, qui n’hésite pas à vanter ses qualités de «bon connaisseur» et de «bon négociateur».

Nicole Belloubet, 56 ans, vice-présidente enseignement supérieur et recherche de la région Midi-Pyrénées, fait partie des femmes avec qui il faudra compter. Ce professeur de droit public, ancienne rectrice de l’académie de Limoges (1997-2000) puis de Toulouse (2000-2005), avait démissionné en 2005 étant en divergence avec la feuille de route du ministre de l’Éducation nationale de l’époque, François Fillon.


Pour l’enseignement supérieur, Lionel Collet , 57 ans, président de Lyon 1 de 2006-2011 et également président de la Conférence des présidents d’université (CPU) de 2008 à 2010, semble également incontournable.

On en parle aussi

Jean-Yves Mérindol , 56 ans, directeur de l’ENS Cachan, ancien président de l’université de Strasbourg 1-Louis-Pasteur (1997-2002), a été conseiller chargé des questions d’enseignement supérieur et de la recherche au cabinet du maire de Paris, Bertrand Delanoë.

Yannick Trigance, conseiller régional de Seine-Saint-Denis, spécialiste de l’éducation au sein du conseil régional d’Île-de-France.

Inspecteur des Finances, normalien, agrégé de sciences économiques et sociales et docteur en science politique, Alexandre Siné, trentenaire, pourrait incarner la génération montante.  strong>Bruno Julliard, secrétaire "éducation" du parti socialiste et ancien président de l'UNEF également.

Jean-Yves Daniel, inspecteur général, normalien, agrégé de sciences physiques, docteur en astrophysique, professeur à l’université de Marne-la-Vallée.

span style="FONT-WEIGHT: bold">Simone Bonnafous a présidé l'UPEC (université Paris-Est-Créteil-Val-de-Marne, ex-Paris 12) entre janvier 2006 et mars 2012. Ce professeur en sciences de l’information et de la communication a été vice-présidente de la CPU de décembre 2008 à décembre 2010.

Yves Lévy, professeur de médecine (PUPH) à l’université Paris-Est-Créteil, responsable de la recherche vaccinale contre le VIH à l’Agence nationale de recherche sur le Sida (ANRS) a fait partie de l’entourage de Vincent Peillon au cours de la campagne présidentielle.

strong>Vincent Berger, 45 ans, physicien, président de l’université Paris-Diderot. Ce normalien (ENS ULM) qui a commencé sa carrière à Thalès a fait partie de l’équipe de Martine Aubry lors des primaires. Il a été en charge avec strong>Isabelle This-Saint-Jean de la thématique « Recherche et Université ».

Bernard Boucault , 63 ans, directeur de l’ENA, directeur de cabinet de Daniel Vaillant, ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Jospin, chef de cabinet en 1984 de Jacques Delors dont François Hollande revendique l’héritage, pourrait occuper une fonction clé à Matignon ou à l’Élysée en prévision des législatives.

Des conseillers de l'ombre ?

Agrégé de philosophie, professeur honoraire d’histoire de l’éducation à la faculté des sciences humaines et sociale-Sorbonne (Paris V) et spécialiste de l’histoire des politiques scolaires, Claude Lelièvre , 71 ans, pourra faire – officiellement ou officieusement – partie des conseillers. Il pourra participer à des travaux sur la définition du socle commun, le livret de compétences, l’évaluation, voire la création de nouvelles instances dans le cadre de la future loi d’orientation.

Également consulté lors de l’élaboration du programme éducation de François Hollande, Christian Forestier , 68 ans, administrateur national du CNAM, ancien recteur, directeur d’administration centrale (DESCO et DGES), directeur de cabinet au ministère de l’Éducation nationale, mais également président du Haut Conseil à l’éducation, ne devrait pas rejoindre le cabinet de Vincent Peillon.

span style="FONT-WEIGHT: bold">Jean-Paul de Gaudemar, 65 ans, vient de quitter le rectorat d’Aix-Marseille, atteint par la limite d’âge. Ce directeur de l'Enseignement scolaire de 2000 à 2004 a pris de plus en plus de place dans l’équipe de campagne de François Hollande après avoir quitté le rectorat d’Aix-Marseille.

A moins que l’une ou l'autre de ces personnalités ne soit appelée à l’Élysée ou à Matignon pour conseiller le président de la République ou le Premier ministre...


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