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Brexit : les universités britanniques sous le choc

Céline Authemayou
Publié le
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Le Brexit change la donne pour l'enseignement supérieur et la recherche britannique.
Le Brexit change la donne pour les chercheurs britanniques : près d'un quart du financement de la recherche de Cambridge provient de l'UE ; contre un cinquième pour Oxford. // ©  Eric TSCHAEN/REA
Validée par une majorité de Britanniques, la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne va avoir, au cours des prochaines années, des répercussions importantes sur le monde de la recherche, financé de façon massive par les fonds communautaires.

Vendredi 24 juin, la communauté scientifique britannique accuse le coup. Appelés à se prononcer sur une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, les Britanniques ont finalement tranché, en faveur du Brexit, le 23 juin 2016. Cet épilogue met fin à plusieurs semaines de débats passionnés, ayant agité tous les secteurs des économies britannique et européenne, et notamment le monde de la recherche, très mobilisé.

Dès le 10 mars 2016, 150 scientifiques britanniques, dont l'astrophysicien Stephen Hawking, prenaient clairement position contre le Brexit, dans une lettre ouverte publiée dans le Times.

"Si le Royaume-Uni venait à quitter l'Union européenne, ce serait un désastre", prévenaient alors les membres de la Royal Society. L'éventualité d'une perte de liberté de circulation des scientifiques entre le Royaume-Uni et l'Europe serait une catastrophe pour la science et pour les universités du pays."

Selon Campus France, en 2011, 46,8 % des doctorants inscrits au Royaume-Uni étaient étrangers.

Le Royaume-Uni, capteur de fonds européens

Au-delà de la mobilité des scientifiques, le Brexit validé le 23 juin soulève énormément d'inquiétudes quant au financement même de la recherche, qui est subventionnée de façon significative par les fonds européens.

Dans le cadre du programme Horizon 2020, programme de financement de la recherche et de l'innovation pour la période 2014-2020, le Royaume-Uni a déjà recueilli 2,2 milliards d'euros, soit 15 % du total des subventions allouées. Seule l'Allemagne fait mieux, avec 16,3 % du budget.

Selon le site d'informations britannique dédié à l'enseignement supérieur, Times Higher Education, près d'un quart du financement de la recherche de l'université de Cambridge provient de l'Union européenne ; contre un cinquième pour Oxford.

"La science nourrit notre prospérité"

Premier producteur mondial de publications, selon Campus France, le Royaume-Uni pourrait perdre cette place au cours des prochaines années. C'est, en tout cas, la crainte formulée par les scientifiques, lors de leurs prises de position ces dernières semaines.

Début juin, 13 prix Nobel lançaient un nouvel appel dans le Daily Telegraph. "La science nourrit notre prospérité, notre système de santé, notre capacité d'innovation et notre croissance économique, notaient alors les chercheurs. L'UE permet un tel environnement et les scientifiques savent combien il est précieux..."

Les présidents d'universités français, "solidaires" envers leurs collègues britanniques...
La CPU (conférence des présidents d'université) a exprimé, dans un communiqué publié le 24 juin 2016 sa solidarité envers les universités britanniques. "Les universités ont vocation à échanger, travailler au niveau de l’Espace européen de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, estime la conférence. C’est au sein de cet espace que les universités pourront renforcer la science, l’innovation et la pédagogie. C’est cette vision commune et partagée qu’il nous faut poursuivre et aussi réinventer." 

... Najat Vallaud-Belkacem appelle à un "sursaut collectif"

De son côté, la ministre de l’Education nationale, en visite à l’école européenne de Strasbourg, appelle à un nouvel élan européen. Pour Najat Vallaud-Belkacem, le Brexit est l’occasion « de s’engager collectivement dans un sursaut. (...) Ce combat passera par la jeunesse, par l'éducation, par l'engagement d'une nouvelle génération de responsables politiques, par la construction d'une nouvelle conception de la citoyenneté », souligne-t-elle.


Céline Authemayou | Publié le

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Kc.

Pas mal ces 17 milliards d'économie par an. Sauf qu'ils ont perdu 350 milliards de dollard dans les 8h qui ont suivi l'annonce du vote - plus que leur contribution totale sur les 15 dernières années.

Raphael.

Oui, enfin, ils vont avoir plein d'autres choses à financer dans le même temps, de plus les jeux politiques vont entrer dans la danse (qui dit que le gouvernement au pouvoir voudra soutenir la recherche à la même hauteur que le faisait l'UE?), de plus il me semblait que leur participation était plus aux alentours de 12,9 milliards d'euros.

Michel ANTOINE.

le Royaume Uni va économiser sa contribution à l'UE (17 milliards d'euros) : largement de quoi financer ses universités