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Burgundy School of Business de plus en plus lyonnaise

Cécile Peltier
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BBS (Burgundy School of business) a transformé son ancienne médiathèque en un learning lab dernier cri.
BBS (Burgundy School of business) a transformé son ancienne médiathèque en un learning lab dernier cri. // ©  Cécile Peltier
Après plusieurs années de croissance "soutenue" et l'inauguration de locaux tout neufs à Dijon, qui devient la vitrine académique, Burgundy School of Business cherche des relais de croissance à Lyon. Et planche sur un campus à l'étranger.

La grue a disparu, les marteaux-piqueurs se sont tus. Après quatorze mois et 7,5 millions d'euros de travaux, les étudiants de BSB (Burgundy School of Business, ex ESC-Dijon) ont retrouvé, en septembre 2017, leur campus tout beau, tout neuf. Avec davantage de salles de classe et des espaces mieux adaptés aux nouvelles pédagogies, susceptibles d'améliorer leur "expérience étudiante". Et visiblement, ça marche : en ce jeudi 16 novembre 2017, le Learning lab (voir encadré), qui a remplacé l'ancienne médiathèque, ne désemplit pas.

Avec sa porte historique, ses six mètres de hauteur sous plafond et ses lustres design, cet espace mariant avec élégance les époques et les fonctions est une belle carte de visite pour la business school, qui rêve de devenir LA "référence mondiale" en matière du management du vin et des spiritueux.

Alors que nombre d'établissements se sont éloignés des centres-villes, l'école de 2.500 étudiants, qui a hérité de ses locaux au moment de son passage au statut d'EESC (établissement d'enseignement supérieur consulaire), fin 2016, a fait le choix d'y rester.

"Avant de mettre un bien en vente, les agents immobiliers nous passent un coup de fil. Ils savent que nous cherchons progressivement à racheter les bâtiments aux alentours", s'amuse le directeur général, Stephan Bourcieu, en désignant le TEG (The Entrepreneurial Garden), le nouvel incubateur installé de l'autre côté de la rue.

Dijon, le cœur du réacteur académique

Après cinq années d'une croissance soutenue, ce qui a compensé la disparition progressive des fonds publics – ils représentaient 30 % du budget en 2012, contre seulement 2,5 % en 2017 –, le campus dijonnais ne devrait pas voir ses effectifs étudiants augmenter.

En revanche, il doit devenir le cœur du réacteur en matière académique. "Ces dix dernières années, nous avons mis l'accent sur la recherche, l'objectif est maintenant de se concentrer sur des pôles d'expertise", énonce Stephan Bourcieu.

Sur le modèle de la School of Wine & Spirits Business, lancée en 2012, l'école va créer plusieurs "centres d'excellence académique", dans les secteurs de la finance, du management des arts et de la culture, de l'entreprenariat, ou encore de l'économie comportementale. Chacun de ces pôles sera construit autour d'une équipe de recherche, d'un programme d'excellence – comme le MBA Wine business, accrédité Amba, dans le cas du management du vin et des spiritueux – et un lieu emblématique.

Pour cela, l'école devra recruter des enseignants permanents, afin de faire passer son corps professoral de 65 à 90 personnes d'ici 2022. Stephan Bourcieu défend l'importance d'une "formation par la recherche" : "Face à la complexité du mode, nos élèves doivent être capables de problématiser, d'analyser et de formuler des hypothèses."

Labellisée équipe d'accueil par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, l'école espère, d'ici à deux ans, intégrer prochainement l'école doctorale de la Comue Bourgogne — Franche-Comté, dont elle est membre fondateur.

À Lyon, le campus s'étoffe

Le sixième pôle d'excellence en "digital business", sera, lui, situé à Lyon, où BSB a installé son Bachelor depuis 2012. "Nous allons monter une nouvelle école de A à Z, avec un corps professoral sur cette thématique. Le marché dijonnais est couvert, mais le bassin lyonnais recèle encore beaucoup d'opportunités", assure Stephan Bourcieu.

D'ici à 2022, les effectifs lyonnais de l'école devraient passer de 200 à 700 étudiants grâce au développement du programme Bachelor et au déploiement du programme grande école, essentiellement sous forme de contrats de professionnalisation. "La richesse et la densité du territoire lyonnais permettent d'effectuer son alternance en restant sur place", précise Stephan Bourcieu.

Le marché dijonnais est couvert, mais le bassin lyonnais recèle encore beaucoup d'opportunités.
(S. Bourcieu)

Pour l'instant, ils sont logés dans les locaux du quotidien régional "Le Progrès", dans le quartier Confluences. Demain, BSB ne s'interdit rien : "Louer, acheter, nous ne sommes pas fixés, la seule idée que nous ayons abandonnée, c'est de construire dans Lyon", prévient le directeur de BSB.

Visiblement, l'EM Lyon ne prend pas trop mal la chose. "En 2012, le directeur de l'époque, Philippe Courtier et la chambre [de commerce et d'industrie de Lyon] nous avaient donné leur bénédiction. Bernard Belletante, que j'ai prévenu à son arrivée à la tête de l'EM Lyon, m'a répondu : 'Vas-y, vous prendrez ceux dont on n'a pas voulu'. Et c'est vrai, c'est comme ça que cela se passe et c'est très bien ainsi !" rapporte Stephan Bourcieu. 

Une implantation en propre à l'étranger à l'étude

Avec 3.500 élèves et 35 millions d'euros de budget en 2022 (contre 22 millions d'euros aujourd'hui), BSB restera "une petite école". Petite mais ambitieuse. Après l'abandon de son alliance avec Oxford Brooks, l'école réfléchit en parallèle à une implantation en propre à l'international sous forme de joint-venture, qui lui permette de répondre à la demande croissance de mobilité de ses étudiants, pas toujours au point en anglais. "Quand on est accrédité, on doit augmenter la qualité de nos partenaires académiques, qui exigent un bon niveau de nos étudiants. Ce campus leur permettrait de se perfectionner avant de partir en échange."

Plusieurs scénarios sont à l'étude, dont la Californie et Hong Kong, qui présentent le double intérêt d'être anglophones et des zones de production et de diffusion du vin. De quoi développer une activité d'executive éducation dans le domaine... et ainsi asseoir son expertise.


Cécile Peltier | Publié le

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Thomas.

@ François: je vous remercie pour votre réponse qui me surprend par sa véhémence et sa grossièreté (traiter les étudiants d’incultes ou de ‘trous du cul’), ce qui ne rabaisse que vous et ne fait pas avancer votre arguments. Et pour quelqu’un qui prône le doute, vous semblez singulièrement sûr de vous… Avec 20 ans d’expérience dans une multinationale, il m’arrive également de recruter des JD, et ce qui fait la différence, c’est l’exigence d’une formation, et des individus envers eux-mêmes. J’en rencontre aussi bien venant de prépa que de l’université – cette dernière n’a pas le monopole de l’intelligence. Pour le reste : si effectivement la recherche est une bonne chose, c’est l’excès de la chose qui me semble inquiétant pour nos ESC. D’ailleurs un article de la FNEGE publié il y a peu faisait le même constat. J’y vois deux écueils : comment les ESC peuvent-elles parler d’accompagnement de leurs étudiants, alors que les profs ont des impératifs de recherche à remplir (ce qui réduit le temps avec les étudiants) ? Et finalement, est-il bien logique pour les ESC de singer l’Université (gratuite), en demandant aux étudiants et à leurs familles de financer une course aux accréditations et à la recherche, alors que la force des ESC repose sur les liens avec l ’entreprise (à travers les réseaux de diplômés) ? Pour finir : êtes-vous dijonnais, cher François? Si oui, je vous invite bien volontiers à discuter de ce passionnant sujet devant un verre. Là, vous pourrez me traiter ‘de trou du cul’ en face à face. CQFD.

françois.

A Thomas: Les ESC d'autant ne sont plus, pour cela il y a les BTS (...et Bachelors). 1/ Le Standard académique (que l'on soit pour ou contre) est le système anglo-saxon qui ignore les "grandes écoles" à la française et fonctionne sur le modèle universitaire. A titre d'exemple, HARVARD n'est pas une business school mais une Université dont une des composantes est la business school parmi d'autres départements que sont l'Archéologie ou les études médiévales. Dans ce cadre, l'excellence académique est le Graal de toute institut d'enseignement supérieur. 2/ D'autre part, les étudiants des business school américaines ou britanniques ont des cursus variés à l'origine avant que d'intégrer celles-ci (ceux qu'ils font souvent d'ailleurs après quelques années d'expérience) : Droit, Sociologie, Etudes de l'Art etc... . Ils se sont donc confrontés à la recherche et au doute et accessoirement à la relativité des enseignements. Notre modèle est basé sur un BAC + 5 d'étudiants ayant - pour l'immense majorité - un cursus essentiellement en micro-économie. Il n'est donc pas illogique - pour leur capacité à comprendre leur environnement - que ces étudiants très auto-centrés dans l'enseignement "commercial" tel qu'il est dispensé en France soient confrontés à la recherche et au doute qu'elle implique. Je ne crois pas - c'est mon avis personnel - que les "business school" doivent former des techniciens mais des managers dont la culture générale et notamment la faculté à "apprendre à apprendre" est le meilleur viatique tout au long du parcours professionnel. Se confronter à la recherche, à l'interrogation suscitées par des chercheurs-enseignants est dans ce sens un pré-requis indispensable. Pour être plus direct: La crasse inculture de nos étudiants d'école de commerce ( y compris parmi les meilleures d'entre elles) n'est plus d'actualité dans un monde changeant en perpétuel renouvellement: La confrontation avec la recherche peut y remédier. Me concernant, après avoir enseigné dans des "parisiennes" et aujourd'hui ayant à embaucher de jeunes (et moins jeunes) diplômés, je privilégie la capacité à se remettre en cause et à pauser un regard sur leur environnement, pas des "trous du cul" me récitant le bréviaire apostolique (et cathodique) de BFM TV..... CQFD

Thomas.

@ François: puisque vous semblez bien renseigné, pourriez-vous nous expliquer ce que l'intégration dans l'école doctorale de la COMUE apportera concrètement aux étudiants de l'ESC? En tant que recruteur, je constate que les ESC (grandes ou petites) se focalisent depuis 15 ans sur les accréditations et la recherche académique, alors que les relations avec les entreprises passent au second plan (alors que ceci est la raison d'être des ESC).

François.

J'ajouterai - pour les grincheux de tous poils - que plus que l'objectif d'une accréditation AMBA - somme toute sans grand intérêt académique mais surtout cantonnée à la communication franco-française sur la "triple couronne"- c'est l'obtention de l'intégration dans l'école doctorale de la COMUE qui constituera un franchissement d'étape important pour cette école .... CQFD

Thomas.

@ François: puisque vous semblez bien renseigné, pourriez-vous nous expliquer ce que l'intégration dans l'école doctorale de la COMUE apportera concrèrement aux étudiants de l'ESC? En tant que professionnel d'entreprise, je suis assez inquiet du fait que les ESC (grandes ou petites) se focalisent plus sur la recherche et les accréditations depuis maintenant 15 ans, alors que les relations avec les entreprises semblent bien oubliées (alors que c'est la raison d'être des ESC, au départ).

François.

Je suis personnellement impressionné par l'évolution constante de BSB depuis une dizaine d'années. Force est de reconnaître la ténacité de ses dirigeants et la cohérence de leur stratégie de différenciation par le "haut". Pour une école au bord du gouffre il y a quelques années en arrière, que de chemin parcouru si on la compare à ses homologues d'alors: Clermont, Brest, Amiens, Pau, La Rochelle, ISC etc... Chapeau bas M. BOURCIEU !

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