CIUEN 2010 : réfléchir sur les usages plus que sur les technologies

Fabienne Guimont
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CIUEN 2010 : réfléchir sur les usages plus que sur les technologies
Pour sa troisième édition, le CIUEN (colloque international pour l’université à l’ère du numérique) organisé cette année du 14 au 16 juin 2010 à Strasbourg veut mettre l’accent sur les besoins des usagers du numérique, enseignants, personnels et étudiants... et moins sur les technologies utilisées. Une rupture par rapport aux éditions précédentes de 2006 à 2008. L'influence des étudiants dans l'organisation du colloque ?

« Si on pense université du 3ème millénaire, il faut penser université numérique et si on pense université numérique, il faut  penser accompagnement et formation. Les technologies non accompagnées, ce sont des technologies non utilisées », résume Catherine Mongenet, présidente du comité d’organisation du colloque et vice-présidente de la politique numérique de l’université de Strasbourg. Un vaste chantier pour les universités avec, en filigrane, la reconnaissance des innovations pédagogiques des enseignants-chercheurs impliqués dans la mise en ligne de leurs cours, les enseignements à distance ou l’accompagnement sur les plateformes pédagogiques.

A l’université de Strasbourg par exemple, le chantier de l’équipement en Wifi et le développement de podcasts suite aux 600 000 euros de financement reçus à l'occasion du plan de relance ne sera achevé que cet été. Soit un an après l’annonce de Valérie Pécresse. L’enjeu sera ensuite d’en faire le meilleur usage pédagogique. « Les aspects matériaux ne sont plus primordiaux car les coûts des technologies ont beaucoup baissé et les étudiants sont équipés. Il faut en revanche former par rapport au droit d’auteur, par rapport au plagiat, par rapport au tri dans la masse d’informations… », détaille Bertrand Fortin, responsable du numérique à la Conférence des présidents d’université (CPU). 

S'adapter aux nouveaux profils d'étudiants

Les universités doivent également réfléchir aux nouveaux usages d’apprentissage dits hybrides (en présentiel et à distance) mieux adaptés aux profils des étudiants qui de plus en plus travaillent en parallèle à leurs études ou aux publics en reprise d’études (retraités…). « Si des étudiants travaillent le lundi et le mardi, ils rattraperont les cours sur la plateforme et viendront à l’université le reste de la semaine », imagine Catherine Mongenet dont l’université ouvrira une plateforme Moodle commune à toute l’université à la rentrée prochaine. Autant d’enjeux qui traverseront le colloque de Strasbourg où une soixantaine de communications sont attendues.

Un guide des bonnes pratiques numériques à l’international

Une étude de benchmarking international sur l’université numérique sera présentée au CIUEN 2010. Conduite par la CPU, la Caisse des dépôts en partenariat avec l’OCDE, elle ambitionne de donner aux universités un outil supplémentaire pour établir une stratégie numérique en se basant sur des bonnes pratiques d’universités étrangères. Les universités mises en avant sont l’University of South Australia (pour sa gouvernance numérique), The Higher Colleges of Technology aux Emirats arabes unis (pour ses infrastructures numériques et ses bâtiments intelligents), l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (pour ses services et son système d’information), la Frei Universität Berlin (pour son numérique au service de l’université étendue), la Seoul National University (pour le déploiement de services numériques aux étudiants), le MIT (pour ses ressources numériques et ses bibliothèques), l’université de Cambridge (pour ses apports du numérique à la recherche) et l’université de Laval (pour ses stratégies numériques au service de l’enseignement). De quoi faire pâlir d’envie bon nombre d’universités hexagonales en apprenant que 500 personnes sont en charge des nouvelles technologies à l’université de Cambridge pour 17000 étudiants !

A noter : la prochaine étude de la CPU et de la CDC portera sur les learning centers ou comment faire évoluer les universités avec leurs amphis et bibliothèques en espaces de travail collaboratif pour des étudiants élevés aux réseaux sociaux.


Fabienne Guimont | Publié le