Classement européen des universités : U-Multirank sera opérationnel en Espagne à partir de 2014

De notre correspondant en Espagne, Armand Chauvel
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L’implantation d’U-Multirank en Espagne revient à la fondation CYD. Créée par 25 entreprises (dont la banque Santander) pour rapprocher les mondes de l’université et de l’entreprise, cette fondation appliquera la méthodologie allemande du CHE (Center for Higher Education). «C’est un projet très important, car nous n’avons pas à ce jour de classement par matières, seulement des classements bibliométriques», relève Marti Parellada, principal coordinateur de la CYD (Fundación Conocimiento y Desarrollo).

Deux universités de Barcelone, UB et Pompeu Fabra, et une de Madrid, Politecnica, sont sur le point de terminer une première expérience pilote avec la méthodologie CHE, mais le classement général ne sera pas opérationnel avant 2014.

Grâce à ses liens très forts avec le groupe Santander, lui-même présent dans Universia, le réseau mondial d’universités de langues espagnole et portugaise qui utilise pour l’heure le SCImago Journal & Country Rank , la CYD devrait servir de plate-forme entre U-Multirank et le monde des universités latino-américaines.

En Espagne, le projet U-multirank suscite intérêt et scepticisme. «Un projet très intéressant, mais qui risque de prendre des années», considère Isidro Aguillo, qui dirige depuis le début des années 2000 un autre projet de classement, Webometrics, au sein du labo de cybermétrie du CCHS (Centro de Ciencias Humanas y Sociales) du CSIC (Consejo Superior de Investigaciones Cientificas), l’équivalent du CNRS en Espagne.

Ce dernier considère comme trop réduit l’univers pris en compte par U-Multirank : «En fin de compte, il y aura au mieux trois ou quatre universités espagnoles, une polonaise et certains pays de l’Union européenne ne seront même pas représentés.»

Webometrics, l’autre classement des universités

Le système de classification Webometrics , qui existe depuis 2004, repose sur une toute autre méthodologie. «Nous sommes nés après Shanghai avec l’intention de nous démarquer des classements existants tout en poursuivant un objectif de nature politique», explique Isidro Aguillo. Basé à Madrid, Webometrics classifie 20.000 universités en fonction de leur présence et de leur impact sur la toile.

La présence est mesurée par le nombre de pages, d’articles et de documents mis en ligne, l’impact en fonction du nombre de liens renvoyant vers l’université (et non pas du nombre de mentions ou de visites, beaucoup moins révélateur).

«Nous savons depuis le milieu des années 1990 que cette méthode est fiable et Webometrics en est la preuve puisque, sur les 500 premières universités, notre ranking recoupe les autres classements à hauteur de 70%», assure Isidro Aguillo.

Dans les coulisses de Webometrics

Le site bilingue (espagnol-anglais) Webometrics reçoit 5 millions de visites par an en provenance de 200 pays, en tête desquels les États-Unis. Avec 6.000 universités en Asie, 4.000 en Europe, 4.000 en Amérique du Nord ou 600 en Afrique, le classement a le mérite de l’exhaustivité.

«Il y a en Inde 900 universités, or seules les deux ou trois premières sont normalement mentionnées», rappelle Isidro Aguillo. Moyennant deux publications par an, en janvier et juillet, la base de données est remise à jour en permanence ; le labo dispose même d’une liste noire de 500 universités «pirates» qui vendent de faux diplômes sur le Net.

Géré par des chercheurs, sans but lucratif, fonctionnant avec un budget annuel de 40.000 €, Webometrics obéit également à des fins sociales, économiques et culturelles. «Nous pensons qu’il est dans l’intérêt général qu’une bonne université mette en ligne toutes ses publications et que son site soit le plus transparent possible en termes d’organisation et de gouvernance», affirme Isidro Aguillo.

Théoriquement, Webometrics peut donc «pénaliser» une bonne université dont la politique de communication en ligne ne serait pas à hauteur des enjeux, mais ce cas de figure est rare. Et d’insister sur le bien moindre coût de la méthodologie Webometrics, qui s’applique notamment avec succès aux écoles de commerce (1.500), aux hôpitaux (17.000) ou aux centres de recherche (7.000).

Les autres classements des universités espagnoles

En Espagne, beaucoup de journaux procèdent à leurs propres classifications des universités nationales, le ranking le plus connu étant celui du quotidien El Mundo . Ce dernier, très consulté, est cependant critiqué par les recteurs pour l’imprécision de sa méthodologie.

L’université de Grenade (UGR) apporte par ailleurs sa collaboration à deux rankings, l’un international, 4ICU, et l’autre strictement espagnol, ISI . Lancé en 2010, ISI classe les universités espagnoles par champs scientifiques en s’appuyant sur 6 indicateurs bibliométriques répertoriés dans les bases de données Thomson-Reuters, Web of Science et Journal Citation Reports. Mais il s’agit plus d’un instrument de mesure de la production scientifique à usage du gouvernement et des administrations que d’un classement destiné à aider les étudiants dans leurs choix.

Enfin, le nouvel observatoire IUNE , qui intègre «Alianza 4U», une alliance regroupant deux universités madrilènes et deux barcelonaises (Carlos-III, Universidad Autonoma de Madrid, Universidad Autonoma de Barcelona et Universidad Pompeu Fabra), dispose également d’un classement de mesure de la production scientifique. À l’instar d’ISI, il est surtout tourné vers les administrateurs de la recherche et conçu comme un outil d’orientation stratégique pour les universités.

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