Newsletter

Classes prépas : des fermetures annoncées à Aix et Poitiers

Isabelle Dautresme
Publié le
Envoyer cet article à un ami
Les concours d'entrée devront-ils subir un lifting pour s'adapter à la réforme du baccalauréat ?
Les concours d'entrée devront-ils subir un lifting pour s'adapter à la réforme du baccalauréat ? // ©  Jessica Gourdon

Plusieurs classes préparatoires devraient fermer à la rentrée 2015 dans les académies d’Aix-Marseille et de Poitiers. En cause : le nombre important de places vacantes. Les professeurs des lycées concernés s’émeuvent de la décision des recteurs.

Les enseignants des CPGE (classes préparatoires aux grandes écoles) des académies d'Aix-Marseille et de Poitiers sont mécontents. Et ils le font savoir. Professeurs et lycéens, ils étaient près de 200 à manifester mardi 2 décembre 2014 devant le rectorat de Poitiers. Celui-ci envisage, en effet, de fermer trois classes : deux en filière scientifique (PCSI) et une en littéraire (hypokhâgne). À Aix-en-Provence, c'est une classe de PCSI qui devrait disparaître à la rentrée prochaine, et deux établissements pourraient également être touchés à Avignon.

Des classes en sous-effectif

La raison ? Un taux de remplissage insuffisant. "Certaines filières sont si peu attractives que seul un élève sur deux les avait placées en premier vœu sur APB", argumente Jacques Moret, recteur de Poitiers. Ainsi, près de 40 % des places des classes prépas scientifiques (PCSI) du lycée Camille-Guérin de Poitiers seraient restées vacantes à la rentrée 2014.

Quant à la filière lettres de cet établissement, c'est sa finalité même qui est remise en question. "Plus de 75 % des étudiants de cette classe sont réorientés vers l'université à la fin des deux ans et aucun élève n'a été admissible dans une grande école en 2014", affirme Jacques Moret, qui prévoit d'ouvrir de nouvelles classes prépas, en particulier à destination des bacheliers technologiques et professionnels à la rentrée 2016.

L'UPS (Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques) y voit surtout un moyen pour le ministère de faire des économies. "Or, en fermant des CPGE, on appauvrit l'offre de formation dans certaines régions, ce qui introduit un facteur d'inégalité dans l'accès à l'enseignement supérieur", s'indigne Sylvie Bonnet, la présidente de cette association. "Les classes préparatoires fonctionnent pourtant comme un ascenseur social pour de nombreux élèves provenant de milieux modestes."

Du côté d'Aix-Marseille, où une classe de PCSI devrait fermer à la rentrée 2015, le rectorat communiquera sur les raisons de sa décision début janvier, avant l'ouverture d'Admission-postbac, le 20 janvier 2015.

Les fermetures de classes préparatoires aux grandes écoles pourraient s'accélérer les prochaines années. Aujourd'hui, moins de 38,5 % des étudiants qui intègrent une grande école sont passés par la case prépa.


Isabelle Dautresme | Publié le

Vos commentaires (1)

Nouveau commentaire
Annuler
* Informations obligatoires
RIEFFEL Christian.

Bonjour, à la rentrée 2014, il y avait 82 étudiants inscrits dans les deux PCSI du lycée Camille Guérin de Poitiers (sur 96 places), soit 85% de la capacité maximale théorique; et le nombre de premiers vœux sur les dossiers de candidature à la PCSI étaient de 61. En ce qui concerne la filière lettres, le terme «grande école» recouvre le seule École Normale Supérieure, sans tenir compte des écoles formant la BEL.