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Erasmus+ : des budgets en hausse et sécurisés jusqu'en 2020

Étienne Gless
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Erasmus
D'ici à 2025, la Commission européenne souhaite doubler le nombre de jeunes bénéficiant d'une mobilité. // ©  Fred MARVAUX/REA
Pour les étudiants comme les membres du personnel et les établissements de formation, c'est le moment de candidater à une mobilité Erasmus, un partenariat ou un appel à projets. Les budgets de l'agence Erasmus-France connaissent une augmentation significative en 2018 et le mouvement continuera jusqu'en 2020.

C'est le moment de postuler ! Même si les enveloppes financières sont contraintes et que toutes les demandes ne pourront être satisfaites, les budgets d'Erasmus+ progressent presque à la même vitesse que les demandes de financements. "C'est dans les trois dernières années du programme que le budget augmente le plus !" confie en souriant Sébastien Thierry directeur adjoint de l'agence Erasmus+ France, lors d'un bilan d'étape, mardi 27 mars 2018.

Après trois années de faible augmentation entre 2014 et 2016, les enveloppes ont été fortement revues à la hausse depuis 2017 et le seront jusqu'en 2020. Ainsi, l'agence qui gère les fonds Erasmus+ décentralisés à la France par l'Union européenne a été dotée d'un budget de 1,2 milliard d'euros pour 2014–2020. L'an dernier son budget de 124,7 millions d'euros avait crû de 18 % sur un an. En 2018, c'est encore le cas : l'enveloppe d'intervention avoisine les 200 millions d'euros cette année .

Près de 80.000 mobilités accordées en 2017

Étudiants, apprentis, lycéens professionnels, ou encore enseignants et formateurs… Tous publics confondus, l'an passé, 79.888 mobilités ont été accordées pour 121.021 demandées, soit près des trois quarts des demandes satisfaites. Ce sont celles des apprentis, des élèves de lycées professionnels et des stagiaires de la formation professionnelle qui progressent le plus : 20.338 mobilités (souvent de courte durée) ont été accordées en 2017. 43.745 mobilités en Europe ont concerné des étudiants.

"Il y avait une forte demande l'an passé", constate Laure Coudret-Laut, directrice d'Erasmus+ France. Le programme permet aussi de financer les enseignants, les accompagnateurs et les formateurs, ce qui est un facteur clé pour promouvoir, de retour en France, la mobilité auprès des jeunes et des familles." La directrice salue aussi l'essor des mobilités dans l’enseignement scolaire pour les membres du personnel et les enseignants du public ou du privé, y compris dans le domaine agricole.

Secteur Public concerné Mobilités demandées en 2017 Mobilités accordées en 2017
Formation professionnelle Lycéens professionnels, apprentis, stagiaires de la formation professionnelle 31.970 20.338
Enseignants formateurs 9.626 5.353
Enseignement supérieur (mobilité en Europe) Étudiants (études et stages) 58.824 43.745
Enseignants, personnels 6.245 4.026
Enseignement supérieur (mobilité hors Europe) Étudiants (études et stages) 5.665 1.766
Enseignants, personnels 4.581 1.671
Enseignement scolaire Enseignants, personnels 3.411 2.526
Éducation des adultes Formateurs 699 463
Total 121.021 79.888

Source : rapport d'activités 2017 agence Erasmus+France.

Pour les projets de partenariats d'échange de pratiques, l'enveloppe budgétaire a progressé de 20 % sur un an, pour atteindre 39 millions d'euros. Mais la demande financière des universités, écoles, lycées ou centres de formation d'apprentis s'est élevée à 76,9 millions d'euros. Résultat, 82 projets de partenariats de qualité n'ont pas pu être financés.

Toucher un jeune sur trois : mission impossible ?

"La Commission européenne fera ses propositions le 2 mai 2018. A minima, elle veut préserver le budget du programme Erasmus et celui de la recherche Horizon 2020", indique Isabelle Jégouzo, cheffe de la représentation en France de la Commission européenne. Mais cette dernière souhaite aller plus loin. Malgré son essor, Erasmus+ ne bénéficie qu'à 4 % d'une classe d'âge.

La Commission a mis les États membres devant leurs responsabilités : d'ici à 2025, elle souhaite doubler le nombre de jeunes bénéficiant d'une mobilité et toucher les apprenants issus de milieux défavorisés. Coût estimé : 30 milliards d’euros sur sept ans pour le prochain programme financier (2021–2027), contre 16,4 milliards d'euros de budget pour le programme actuel (2014–2020).

Mais une hypothèse de travail encore plus ambitieuse, est envisagée : 90 milliards d'euros afin de toucher un jeune sur trois en Europe. Un rêve ? Après tout, Erasmus+ est populaire auprès du grand public : les Européens y voient la troisième réalisation la plus positive de l'Union (avec la politique agricole commune et l'euro) et les Français placent même le célèbre programme en tête des "success stories" de l'UE, selon un sondage BVA paru en 2017 pour les 30 ans du programme.

Stat'Erasmus+ : des datas en libre accès

Fin mars 2018, l'agence Erasmus+ France lancera le site Internet Stat'Erasmus+, qui agrégera les données du programme Erasmus+ pour la France. Premières données accessibles, celles concernant les mobilités (enseignement supérieur, enseignement scolaire, formation professionnelle, éducation des adultes). Celles concernant les partenariats seront rendues publiques dans un second temps.
"Cela permettra d'illustrer la dynamique des territoires et de rendre visible la distribution des subventions européennes", fait remarquer Sébastien Thierry, directeur adjoint de l'agence. Il sera ainsi désormais possible de visualiser la répartition des financements par région, par ville et même par établissement de formation.


Étienne Gless | Publié le

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