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Expo universelle de Shanghai : l'enseignement supérieur français en quête de visibilité

Sylvie Lecherbonnier
Publié le
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Vue de Shanghaï
Vue de Shanghaï
Cent millions de visiteurs, essentiellement chinois, sont attendus du 1er mai au 31 octobre 2010 à l'Exposition universelle de Shanghai. Si les écoles et universités françaises participant à l'Exposition espèrent capter un petit peu ce vaste public, elles viennent surtout pour rencontrer leurs homologues chinois et les entreprises. En jeu : l'attractivité de la recherche et de l'enseignement supérieur français et l'approfondissement des coopérations franco-chinoises.

Le consulat général de France à Shanghai a vu grand. Pendant les six mois de l'Exposition universelle de Shanghai qui a pour thème « Meilleure ville, meilleure vie », il organise les rendez-vous franco-chinois de la science et de la pensée au sein du pavillon France. Un cycle de conférences et de colloques pour mettre en avant la science française.

Thierry Mathou, consul général de France à Shanghai, voit dans ces manifestations « une vitrine scientifique de la France à Shanghai et un pont entre les chercheurs et les universitaires chinois invités pour l'occasion à confronter et à échanger la richesse de leurs savoirs ». Il s'en explique ainsi : « Pays de culture, la France est également une grande nation scientifique qui entretient des relations étroites avec la Chine dans les domaines de la science et de la technologie, comme l'illustre la diversité de nos programmes de coopération, notamment à Shanghai. L'Exposition universelle offre l'occasion unique de valoriser ces programmes. »

Le rendez-vous des scientifiques

Si peu d'établissements d'enseignement supérieur français participeront en tant qu'institutions à ces événements, prix Nobel, académiciens et scientifiques de renom vont se presser au pavillon France pour exposer leurs savoirs. Albert Fert, prix Nobel de physique en 2007, ou Jean-Marie Lehn, prix Nobel de chimie en 1987, feront le déplacement, ainsi que Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuel de l'Académie française, l'architecte Paul Andreu ou l'historien Pierre Rosanvallon. Toutes les disciplines seront représentées. Les pavillons régionaux (Alsace, Île-de-France, Rhône-Alpes) ne seront pas en reste. La région Rhône-Alpes a décidé, par exemple, de ponctuer les six mois d'Exposition universelle de semaines thématiques sur les grands enjeux socio-économiques.

Une occasion également pour les autorités françaises, en partenariat avec l'Académie des sciences, de présenter le 21 mai 2010 un « Portail communautaire franco-chinois pour la science et l'université ». Baptisé « Aurore », ce site a pour objectif de fédérer l'ensemble des informations sur les coopérations scientifiques franco-chinoises. Les initiateurs du projet sont partis du constat que « l'absence d'une cartographie claire du système de l'enseignement supérieur et de la recherche rend difficile, pour les chercheurs français et chinois, l'identification des partenaires adéquats et la mise en place de coopérations ». Qui sont les spécialistes dans tel ou tel domaine ? De quel laboratoire ou université dépendent-ils ? Pour quel type de bourses un jeune chercheur peut-il se porter candidat ? Telles sont les questions auxquelles le site devrait répondre.

Opération séduction pour les écoles et universités françaises

Du côté des établissements eux-mêmes, l'université Paris-Dauphine, l'INSA de Lyon, l'université de Lyon ou encore l'École normale supérieure ou l'École d'architecture de Paris-Malaquais, notamment, organisent des événements. Chacun s'appuie sur des relations déjà anciennes avec des universités chinoises. C'est le cas de Paris-Dauphine qui prépare deux jours de conférences les 28 et 29 octobre 2010 au pavillon France sur la finance d'une part et les nouveaux modèles de management dans les NTIC et le luxe d'autre part avec l'université de Jiaotong. « Ces deux jours de colloque sont rendus possibles par notre partenariat déjà significatif avec Jiaotong, précise Arnaud Raynouard, vice-président chargé des relations internationales de Paris-Dauphine. Mais notre présence conjointe à l'Exposition universelle renforcera indiscutablement nos relations. Nous montrerons dans une manifestation officielle, très importante pour la Chine, nos liens étroits avec l'une des plus prestigieuses universités du pays. »

Même son de cloche du côté de l'université de Lyon. Les établissements membres de ce PRES (pôle de recherche et d'enseignement supérieur) participent à un grand nombre de semaines thématiques du pavillon Rhône-Alpes. Le pôle lui-même est chargé de mettre en place la semaine « Ville postcarbone » du 16 au 22 août 2010. Michel Lussault, président de l'université de Lyon, veut faire « le pari de Shanghai » : « Nous souhaitons montrer nos compétences et notre expérience sur tout ce qui touche à l'innovation et en particulier sur les questions de développement urbain durable. Nous en attendons une visibilité accrue et un tremplin pour nos coopérations avec la Chine. »

Un point d'orgue : le premier Forum franco-chinois de l'enseignement supérieur

Si les initiatives sont disséminées tout au long des six mois de l'exposition, un rendez-vous devrait fédérer écoles et universités françaises à Shanghai : le premier Forum franco-chinois de l'enseignement supérieur, organisé le 22 octobre 2010 par Campus France et le CEAIE (China Education Association for International Exchange). Une manifestation qui se déroulera juste avant le China Education Expo de Shanghai des 23 et 24 octobre.

« Cette journée se veut stratégique, selon Campus France. Le matin, les ministères français et chinois de l'enseignement supérieur viendront présenter les réformes en cours dans chacun des deux pays et l'enjeu de la mobilité étudiante. L'après-midi, des ateliers thématiques réuniront les participants autour des enjeux de mobilité, de coopération, d'insertion professionnelle et d'innovation. » Et d'ajouter : « La France est passée en un an de la 5e à la 9e place dans le classement des pays qui accueillent le plus d'étudiants chinois. Nous devons rester vigilants sur notre position. »

Pour préparer l'événement, Campus France a organisé une réunion d'information début avril à Paris qui a battu des records d'affluence. Quelque 140 écoles ou universités étaient représentées. La preuve que la Chine attire toujours autant le supérieur français...

En savoir plus

Les étudiants chinois représentent un « marché » attractif pour les écoles et universités des autres pays comme une bannière à faire valoir pour le pays du Soleil-Levant en plein essor économique. Voici quelques articles qui éclairent ces deux facettes.

– Deux billets de Brigitte Fournier, directrice de l'agence Noir sur Blanc, qui a ouvert un bureau à Pékin : « Quand les meilleures universités chinoises décident de s'imposer sur la scène internationale » , « Harvard Shanghai Center : Cap sur la Chine et ses étudiants » .
« Étudiants chinois : comment sont-ils sélectionnés ? »
« L'UTSEUS ou comment les universités de technologie françaises s'implantent en Chine » .
« Étudier en Chine : un pays en plein essor » .

Une sélection des rendez-vous du pavillon France

– 18 mai : la Journée France-Chine sur l'éducation à la science, où seront présentées les initiatives de « La main à la pâte » et de son homologue chinois.
– 19 mai : « Les alumni chinois formés en France, pivots du développement urbain durable », une journée pilotée par le consulat de France à Shanghai.
– 21 mai : présentation du Portail communautaire franco-chinois pour la science et l'université.
– 21 septembre : les Rencontres de la francophonie, préparées par l'Organisation internationale de la francophonie, l'Alliance française et l'université de Fudan.
– 22 octobre : première édition du Forum franco-chinois de l'enseignement supérieur, organisée par Campus France et le CEAIE.
– Du 25 mai au 8 octobre : six fenêtres sur la pensée française, cycle de conférences en sciences humaines et sociales.
– Du 26 mai au 30 octobre : les Conférences de l'Institut de France.
L'intégralité des manifestations est disponible sur le site du consulat général de France à Shanghai.


Sylvie Lecherbonnier | Publié le

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