Farid Ouabdesselam (PRES Université de Grenoble) : «Le renouvellement des présidents d'université permet de remettre sur les rails le projet d’Université de Grenoble »

Propos recueillis par Fabienne Guimont
Publié le
Envoyer cet article à un ami
Les six établissements du PRES Université de Grenoble – soit les trois universités de Grenoble, l’université de Savoie, l’INP et l’IEP - veulent créer une Université de Grenoble-Alpes. Les présidents nouvellement élus de ces établissements l’ont affirmé, le 2 juillet 2012, lors d’une conférence de presse. Retour sur ce projet avec l’administrateur provisoire du PRES Université de Grenoble, Farid Ouabdesselam .


Quel a été le déclencheur pour que vous parliez maintenant d’une Université de Grenoble commune ?

L’échec à l’IDEX a été vécu douloureusement par l’ensemble des acteurs. Les communautés scientifiques n’ont pas compris que les directions des établissements n’aient pas réussi à s’entendre sur une  gouvernance commune. Les nouvelles élections [tous les établissements ont élu un nouvel exécutif sauf à Grenoble 3 où Lise Dumasy a été réélue - voir encadré] qui viennent d’avoir lieu ont permis de remettre sur les rails ce projet d’Université de Grenoble resté en gestation.
De très larges consultations des personnels des établissements seront lancés fin septembre 2012. Cette Université sera peut-être une fusion, peut-être une fédération d’établissements… mais il y aura de très forts rapprochements par rapport aux formations, aux ressources humaines, aux systèmes d’information, ou aux services du patrimoine notamment.


Quelles sont les principales raisons qui vous poussent à créer une université commune ?


"Cette université permettra d’être pluridisciplinaire en facilitant les combinaisons de parcours"

Tous les établissements, autant ceux de sciences humaines et sociales que ceux de technologie, sont aujourd’hui convaincus que la visibilité internationale est essentielle. Celle-ci se construit sur la visibilité scientifique des établissements et sur une coopération importante avec les organismes de recherche, notamment en mettant en avant une signature unique des publications scientifiques. Nous délivrons déjà les doctorats au nom de l’Université de Grenoble et non plus au nom des établissements.
Cette université permettra aussi d’être pluridisciplinaire en facilitant les combinaisons de parcours. On prépare mieux les jeunes à l’insertion professionnelle avec des formations pluridisciplinaires. Il faut s’inspirer des principes des doubles-diplômes existants. Les étudiants garderont le droit, les sciences de l’ingénieur ou les mathématiques comme base de formation en ajoutant une seconde composante : cela permet d’acquérir une plus grande ouverture d’esprit, de suivre des stages…


Vous êtes toujours administrateur provisoire du PRES. Quand les élections d’un président auront lieu ?

Les établissements du PRES recherchent un candidat, extérieur à Grenoble, universitaire. Ce doit être un excellent animateur, qui sache entendre et réaliser de bonnes synthèses et posséder de très bonnes qualités de direction. Nous avons déjà des noms mais ils ne sont pas disponibles tout de suite et les présidents viennent juste de prendre leur fonction…


Votre conseil régional met la pression sur les établissements pour créer une Université Rhône-Alpes. Comment vous positionnez-vous par rapport à cette demande ?

L’Université Rhône-Alpes ne peut être un seul établissement de 200 000 étudiants ! La Région n’a pas envie de construire un mastodonte. Elle demande en revanche de ne plus avoir à traiter avec 30 établissements différents mais avec deux entités, autour de Lyon et de Grenoble.

Les nouveaux présidents des universités Grenoble - Alpes

- Patrick Lévy , président de l'université Joseph-Fourier Grenoble 1
- Sébastien Bernard , président de l'université Pierre-Mendès-France Grenoble 2
- Denis Varaschin , président de l'université de Savoie
- Brigitte Plateau //font>, administratrice générale de Grenoble INP
- Jean-Charles Froment , directeur de l'IEP de Grenoble

Lise Dumasy , présidente de Grenoble 3, est la seule responsable universitaire grenobloise à avoir été réélue.



Propos recueillis par Fabienne Guimont | Publié le