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Formation des managers : et si les diplômés d’écoles de commerce prêtaient serment ?

Jessica Gourdon
Publié le
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Formation des managers : et si les diplômés d’écoles de commerce prêtaient serment ?
En réaction à la crise économique, un ouvrage publié par trois think-tanks propose des solutions pour adapter la formation des managers au nouveau contexte.

Et si les jeunes diplômés d’écoles de commerce prêtaient serment, à l’image des avocats ou des médecins ? Cette proposition figure dans l’étude intitulée « repenser la formation des managers », réalisée par la Fnege , l’Institut de l’entreprise et le Cercle de l’entreprise , publiée le 22 juin 2010. L’ouvrage de ces trois think-tanks se veut une réponse aux accusations formulées contre les écoles de commerce, qui formeraient des managers sans moralité, et seraient en partie responsables de la crise.

Ainsi, le serment, tel qu’il a été mis en place en 2009 à la Harvard Business School, permettrait aux jeunes diplômés de s’engager à respecter certaines normes éthiques, et leur fournirait une sorte de « code » professionnel. « Le serment libère le manager de la servilité aveugle à son entreprise en l’exhortant à prendre pour norme suprême le bien de la société toute entière, en subordonnant les intérêts particuliers aux intérêts généraux, et en créant un réseau de managers assermentés libérés des potentiels comportements à courte vue de leurs employeurs », explique l’ouvrage. Cet acte permettrait ainsi de « relier excellence professionnelle et vertu morale ».

« Les managers considèrent que ce qui est légal est moral »

« Aujourd’hui, les managers considèrent que ce qui est légal est moral. Ils ne vont pas au-delà, et ne se posent pas la question de savoir si leur action est équitable pour toutes les parties, ou si leur famille serait fière de savoir ce qu’il font », constate Michel Bon, président de la Fnege . Un avis partagé par Bertrand Collomb, président d'honneur de l’Institut de l’Entreprise : « La crise a révélé certains problèmes dans le comportement des managers, dans leur façon trop excessive d’appliquer certaines théories économiques ou financières en leur prêtant une confiance aveugle. Depuis, les business schools n’ont pas eu la distance critique sur elles-mêmes qu’on aurait pu espérer ». Jean-Pierre Helfer, président du Cercle de l’entreprise et directeur d’Audencia, donne ainsi l’exemple : « Si responsabilité il y a, alors, nous [les écoles] sommes coupables d’une certaine arrogance à l’égard des notions de temps, de risque, et à l’égard de valeurs comme le sens du collectif. La situation mérite de changer la manière dont nous fonctionnons ».  

Outre le serment, l'ouvrage détaille d’autres propositions, plus classiques : renforcer la transversalité des enseignements, promouvoir davantage la culture générale, développer beaucoup plus l’esprit critique des étudiants, leur faire réaliser des travaux de recherche… De même, les « soft skills » (compétences relationnelles, communication) devraient prendre encore plus de place dans les cursus. Enfin, les auteurs suggèrent d’introduire des cours de déontologie professionnelle obligatoires dans chaque spécialité, et de diffuser la réflexion éthique dans tous les cours. Beau programme.


Jessica Gourdon | Publié le

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